extraits de conscience 1

Le mécanisme imperturbable de la Nature,
cette entité sexuelle hermaphrodite et homophage.
Avide d’elle-même. La terre se veut elle-même,
elle se mange, se tue, se digère elle-même,
pour pouvoir continuer à évoluer.

Même si l’on admet une volonté dans la matière dite vivante,
il n’empêche qu’elle reste matière.
Cette volonté est forcée de s’emparer de la matière,
de l’assimiler, pour reconstituer la sienne propre,
qu’elle consume à chaque instant.

Issu de la matière, l’être vivant est obligé de la détruire, de la transformer,
pour, à son tour, mourir et se dissoudre.
Un peu comme si le vivant était une révolte de la matière
visant à s’autodétruire, mais devant inexorablement retourner à la passivité.

Comment alors ne pas pardonner
la volonté de pouvoir d’un être vivant dit conscient ?
La vie est pouvoir, puissance de destruction, avant même que de construction.
Dès sa naissance, l’oeuf fécondé va puiser de la matière
autour de lui pour se construire, puis naîtra, pour continuer et s’accomplir.

De l’objet la présence ombre notre conscience égocentrique,
faisant naître l’idée de jalousie, d’avidité, de volonté de pouvoir,
enfin bref : jouir ou se protéger de la douleur, est-ce vraiment différent ?
Sommes toujours en pleine jouissance continuelle,
mais sans pouvoir l’admettre, ou même nous en rendre compte
à cause de l’éducation que nous avons reçu.

Il y a quelque chose caché devant.
Devant la beauté, devant la forme.

Du serpent au félin, un pas : la griffe.

Chaque instant vécu laisse un goût de rêve,
et c’est déjà avec amertume que l’on se le repasse sur la langue du cerveau.

Le souvenir est le sang de l’âme.

La Vie est une lésion irrémédiable
dans le continuum spatio-temporel de l’Identité.

Il est amusant de penser
que la peur soit une partie de nous-même,
et non quelque chose d’extérieur, que nous absorberions.
On pourrait proposer
que la peur soit une mémoire passive, endormie,
qui pourrait être réveillée par une information traitée comme agressive.

La peur comme inconscient,
au moins individuel,
pouvant prendre le dessus sur l’organisme
et le sujet entier,
à tout moment.
Et qui, même si elle n’est pas sollicitée,
gouverne toujours AU MOINS L’ESPRIT,
comme une éminence grise.

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