conscience 1

du 01/02/1993 au 29/03/1993
01/02/93 :
Vouloir être quoi ?
Un cachet d’aspirine
Qu’on pourra distribuer
A des paumés absurdes
Englués dans leur Vie ?

Pour ne plus avoir peur
Pour ne plus avoir honte
De ces compteurs de cul
De ces cutters de cons
Le sang coûte trop cher

L’envie est en vie
Et vice versatile
L’envieux étant vieux
Que lui reste-t-il ?
A haïr ses désirs
On se frustre de soi
A l’abri de l’alter
ADRENALINE

Le 02/02/93 :
Dans la nature.

Le coeur nucléaire solaire éclaire un champ.
Tandis que les oiseaux chantent l’information terrestre
je laisse voguer mon esprit; peut-être à leur rencontre
en tout cas en quête d’un contact éventuel.

L’herbe sous mes pieds m’apparaît comme une toison pubienne.
Je la caresse, elle est légèrement humide et une émotion commence à irradier en moi…
Nous sommes en Février et l’ère cyclique de reproduction va bientôt se réenclencher.
Le mécanisme imperturbable de la Nature,
cette entité sexuelle hermaphrodite et homophage.
Avide d’elle-même. La terre se veut elle-même,
elle se mange, se tue, se digère elle-même,
pour pouvoir continuer à évoluer.

Même si l’on admet une volonté dans la matière dite vivante,
il n’empêche qu’elle reste matière.
Cette volonté est forcée de s’emparer de la matière,
de l’assimiler, pour reconstituer la sienne propre,
qu’elle consume à chaque instant.

Un grain de sable ne varie pas pendant des milliers d’années,
alors qu’une baleine ne peut garder sa cohésion
-rester vivante- qu’une trentaine d’années, un éléphant cinquante ans,
un homme disons…120 ans…

Issu de la matière, l’être vivant est obligé de la détruire, de la transformer,
pour, à son tour, mourir et se dissoudre.
Un peu comme si le vivant était une révolte de la matière
visant à s’autodétruire, mais devant inexorablement retourner à la passivité.

Comment alors ne pas pardonner
la volonté de pouvoir d’un être vivant dit conscient ?
La vie est pouvoir, puissance de destruction, avant même que de construction.
Dès sa naissance, l’oeuf fécondé va puiser de la matière
autour de lui pour se construire, puis naîtra, pour continuer et s’accomplir.

03/02/93 :
Seul dans ce salon, je fume.
Il est 02h23 et je pense à celui qui n’est pas encore né
et qui me lira peut-être dans 50 ans, dans 100 ou plus, pourquoi pas.
Ce sera peut-être un de mes fils…Un descendant…grimpé plus haut que moi,
je l’espère.

J’adore réfléchir.
C’est ce qui me donne la force
de me dresser chaque matin. De naître à nouveau.

D’un appel au passé
Il ne m’est rien resté.
Envahi d’offenses offertes
J’expulse ma cicatrice
Première mère esquissée
Au sombre doigt choisi
Pointé sur l’essentiel.
Tactile angoisse ensuée
Le combat est éternel.

Pousse, ma fille, voilà venir
Le souffle en gouffre
Recrachant ton appel.

05/02/93 :
Zhuang Zi : « Ceux qui parlent sont incapables de discerner autre chose qu’eux-mêmes ».

06/02/93 :
Réveil 6h00 12 kilomètres parcourus à pieds.

J’AIMERAIS QUE VOUS FASSIEZ DE CETTE PHRASE VOTRE DEVISE :
« ON N’EST JAMAIS TROP PREVOYA
(gag de Pierre ETAIX il me semble)

Je t’écoute je te sais. Savoir sens

Dimanche 7 Février 1993 :
Alex est là, avec son écharpe; sa griffure à la main.

10/02/93 :
Le plaisir semble être ce qu’il y a de plus intéressant, et agréable par définition.
Le plaisir charnel et le plaisir spirituel.
Si le plaisir spirituel, la méditation, la contemplation, la prière
m’ont fait du bien, et m’ont même satisfait, ils ne m’ont pas gardé.
L’esprit n’a pas su, ou pu, me retenir.
Aussi puis-je réellement dire qu’il ne m’a pas satisfait.

En revanche, le plaisir charnel :
celui de l’ivresse, qu’elle soit sexuelle, éthylique ou psychotrope,
si l’on peut dire qu’il m’a fait du mal
(notamment à …l’esprit, ce qui peut paraître paradoxal)
m’a en tout cas retenu. J’y suis retourné.
Donc, lui, semblerait plus me satisfaire.

Oh certes, on peut arguer que « la chair est faible »
et autre fadaise de névrosé trop mal dans son corps pour pouvoir accepter ce dernier. Mais déjà, la pseudo-séparation
entre corps et esprit me paraît de plus en plus fallacieuse.

C’est la main qui débouche la bouteille, allume le cône ou plante l’aiguille…

12/02/93 :
22 kilomètres parcourus à pieds aujourd’hui.

16/02/93 :
La vie est souffle attiré par l’avidité du feu.
Oh, que les hommes ont voulu, que le sang a pu.
Quand un feu s’éteint, c’est un peu du monde qui s’évapore,
et un peu de ciel qui retourne à son origine.
En rêve infini la Vie se projette dans le coeur multiple du vivant,
relié par la respiration créée par son dépit heureux…??

17/02/93 : 0h00
Une fusée dans –
Je m’interroge. Mais je ne suis pas le seul.
Tiens Arno C. je pense à toi
et décide de te laisser ce cahier pendant que je serai en Afrique.
C’est peut-être un testament.
Tu es un de ceux qui me connaissent le mieux.
Peut-être n’auras-tu pas la curiosité pour lire jusqu’ici (dommage, mais ça m’étonnerait) .

Peut-on dire que l’excès, le trop, existe dans la Pensée ?
Nous sommes tellement construits.
Tu vois la façon dont je forme les « t » et les « p » ?
Je les dois à mon frère et à ma mère.

Ondes en ondée partout manifestez.
Emissions temporaires, pour l’occupation d’un espace-volume,
ou fragments du rien; sont-ce là les fondations de l’Empire Créé ?
Nous voici sujets témoins de la Cour des Miracles.
Là un mendiant, là un possesseur.
De l’objet la présence ombre notre conscience égocentrique,
faisant naître l’idée de jalousie, d’avidité, de volonté de pouvoir,
enfin bref : jouir ou se protéger de la douleur, est-ce vraiment différent ?
Sommes toujours en pleine jouissance continuelle,
mais sans pouvoir l’admettre, ou même nous en rendre compte
à cause de l’éducation que nous avons reçu.

Il y a quelque chose caché devant.
Devant la beauté, devant la forme.
Devant la Beauté de l’hippocampe ou de la chauve-souris.
Frère de souffle aimeras-tu l’araignée ?
Un jour j’ai rencontré une mante (religieuse ou non)
qui tomba amoureuse de moi.
C’est avec un grand plaisir qu’elle m’aurait tué…
Je l’ai rendue à son jardin.
Du serpent au félin, un pas : la griffe.

18/02/93 : 2h45
Questions à Arnaud C :
-Souvenir d’enfance ?
Assez mauvais. Dans le Verdon, coincé sur un rebord de falaise, sauvé par mon père et mon frère.
-Humilié ?
Par des garçons au C.E.S.
-Qu’est-ce que t’attend ?
La vague.
-Quel sens ne voudrais-tu pas qu’on te supprime ?
La vue.
-Goût ?
Une viande en sauce.
-Ouïe ?
Les Beatles, Lou Reed.
-Vue ?
Une femme (une toile de Schiele ou Cézanne)
Vu et entendu ma mère chanter.
-Toucher ?
Une femme.
-Un endroit précis ?
Le cou; peut-être l’aine, hanche, les lèvres ! pour faire des caresses.
-Sentir ?
Odeur, parfum léger d’une femme, et odeur de nourriture.
-Qu’est-ce que ça te fait quand tu manges un plat en sauce ?
Une extase peut-être.
-Est-ce différent des Beatles; d’une femme ?
Différent dans l’utilité. Quand tu manges, tu joins l’utile à l’agréable. Il y a un vrai plaisir. Manger est le sens le plus lié au plaisir sexuel. Le sexe et la nourriture sont les deux seules fonctions-plaisir vitales.
-Plaisir ?
Un ou « des » plaisirs.
-Est-ce qu’on cérébralise le plaisir ?
On fantasme. Plaisir. Assouvissement.

23/02/93 : 4h00
6ans…J’ai rien fait de ma vie pour l’instant.
Trop réfléchi, trop pensé, trop fait semblant d’agir.
Mes souvenirs…quelle différence avec mes rêves ?
Des images cérébrales, des émotions dorsales, des frissons…
Chaque instant vécu laisse un goût de rêve,
et c’est déjà avec amertume que l’on se le repasse sur la langue du cerveau.
Je fais du rêve, je vis du rêve.
Qu’est-ce qui tient le plus chaud à un vieux ?
Les murs de brique, ou ses souvenirs volutés ?
Une chatte appelle dans la nuit;
je lui réponds en tirant sur mon joint…
Le souvenir est le sang de l’âme.

25/02/93 :
Chers vous
Les noeuds de paroles qui nous ont unis sont dénoués.
Chaque corde poursuit son chemin selon sa tension.
Que nos routes soient douces…

26/02/93 : Centre George Pompidou.
Note de Nietzsche avant la fin de sa carrière : « Les Perses ont les premiers pensé l’histoire comme un tout, comme une succession de développements, dont chacun est présidé par un prophète, pour une durée de 1 000 ans. »

Le dernier de Février 93 : à 1h20.
La pensée est réglée sur le souffle, comme la marée sur la Lune…
L’esprit comme l’océan a un flux et un reflux.
L’âme de la Terre serait-elle la Lune ?
Intéressant.
La Terre, avec la Lune serait (le schéma de) l’homme.
Le Soleil : Dieu , of course, puisqu’il nous FAUT ? des images.
Et les planètes ?…Pourquoi pas des « étages » de l’esprit ?
Ou des stades différents d’évolution de celui-ci.
Ou des niveaux d’évolution de la vie de l’homme, jusqu’à Pluton, froide comme la mort…
Les périodes où toutes les planètes sont alignées par rapport au soleil doivent signifier et provoquer des phénomènes psychiques et moteurs chez l’homme.
On en viendrait facilement à penser à l’astrologie…

Il y a autre chose que la pensée : la conscience.
Ce qui ne parle pas, n’entend pas, ne sent pas
mais « possède » les deux verbes-concept-fondement : avoir et être.
Car la conscience (être conscient) c’est : avoir l’être.
(Notons bien ce « avoir » en premier)
Posséder la conscience d’exister : savoir que l’on est là.
(D’où : la possession implique le savoir, soit avant elle, soit par elle).
Avoir = savoir ?

Ainsi l’homme, être conscient, possède un savoir : l’existence, ou la Vie…?
Il possède une certitude : la Vie.
Qui pourrait, d’après notre…connaissance, la nier ?
Même si l’homme nie la Vie, il possède la conscience.

L’homme possède le souffle, comme tout vivant.
Or la pensée est étrange :
si vous vous concentrez sur elle le soir dans votre lit,
et qu’en même temps vous vous concentrez sur votre souffle,
inspiration – expiration.
Un coup, l’air rentre,
un coup il sort
Les pensées entrent avec le souffle
et certaines ressortent avec lui;
nous en gardons certaines, nous en recrachons d’autres,
parfois déformées, subjectivées par la parole, souffle « imprimé ».

Mais peut-être vous rendez-vous compte
que votre conscience ne semble pas soumise à cette loi?
Cette conscience peut« voir » les idées qui défilent dans le cerveau,
portées par le sang (pour les rationalistes)
et choisir celles qui l’intéressent, qui correspondent un peu à elle.
Les idées seraient des : images-symboles de l’âme.

L’air que nous respirons nous apporte de l’hydrogène sous diverses formes,
mais également des idées
(peut-être d’ailleurs celles-ci ne sont-elles que de simples formules chimiques
qui réagiraient avec la cellule du cerveau stable, ou positif ou négatif)
Une question de polarité.
Le cerveau serait chargé électriquement
et s’auto-alimenterait par une réaction chimique,
ou peut-être même (proto)nucléaire.
Avec peut-être un soleil central au centre du cerveau,
dont la combustion durerait le temps de la Vie,
et dans l’espace du corps, les « galaxies des cellules du fluide universel » (sang) apporteraient les planètes, et autres soleils (respectivement : globules rouges et blancs) pour le trou noir (le coeur ?), ou l’immense soleil de…la création…
arrêtons-nous là.

Tout se répèterait à une multitude de dimensions homocentriques.
(Ce n’est pas nouveau).
Quoi qu’il en soit, je voulais vous parler des phénomènes de la pensée,
du souffle et de la conscience,
et je n’ai pas réussi,
me laissant emporter par des divagations ludiques.
A plus tard.

06/03/93 : 1h15
Une femme…
pour que mon souffle ne se perde pas en vain.
Pour que mes mains soient pleines.
Pour que mes testicules servent.
Que mon appel aboutisse.
Pour m’aimer ailleurs.
Pour offrir sans désir,
pour faire du bien,
pour être bon,
pour me donner sans dispersion.
Une femme
pour oeuvrer,
pour retrouver ce que j’ai perdu à la naissance
(Eve, pas ma mère),
pour ne plus me coucher seul,
pour témoin de mon éveil,
pour alimenter mon feu.
Pour apprendre.
Une femme pour ultime cadeau.
Pour perdre mon coeur,
pour qu’il se batte ailleurs.
Pour un second corps,
pour être deux,
pour l’harmonie,
la plénitude, la complétude. Pour l’équilibre.
Une femme,
pour elle;
pour m’oublier, dans le pareil.
Une femme pour recommencer.
Une femme POUR car je suis SANG !

Plus tard dans la campagne. Marchant :
Générosité/Courage/Tolérance/Patience/Endurance/Prudence/Tempérance/Persévérance/Honnêteté/Respect/Sobriété/Indépendance/Rigueur/
Bon, on va s’arrêter là pour l’instant…Voilà LES qualités qui font LA valeur d’UN HOMME.
En ordre alphabétique :
Courage-Endurance-Générosité-Honnêteté-Indépendance-Patience-Persévérance-Prudence-Respect-Rigueur-Sobriété-Tempérance-Tolérance-

Les deux ordres sont intéressants…

La Vie est une lésion irrémédiable
dans le continuum spatio-dimensionnel de l’Identité.

08/03/93 : Métro Guy Mocquet
Titre-chapitre vu par dessus une épaule :
« De la médiocrité du crime naît la médiocrité de l’enquête ».

L’homme est un virus.

09/03/93 :
Le principe de fécondation…
Le mâle est souvent plus gros que la femelle,
mais le spermatozoïde est plus petit que l’ovule.

Qu’est-ce que la gravitation ?
Une force, nous dit-on. Universelle de surcroît. Mais toujours vers le bas.
Or selon l’endroit d’où l’on se place, ce « bas » varie.
Ou bien l’univers a-t-il un haut et un bas ?

La chienne se met à courir dans le jardin.
Le vivant, au moins dans sa jeunesse, a une propension à se déplacer dans l’espace.
Le jeu…La chienne veut jouer.
Qu’est-ce qu’elle recherche, ou quelle est l’utilité du jeu ?
Le jeu revient bien souvent à mettre sa possession en péril
(même si c’est un péril illusoire, ludique).
En sport, par exemple, l’individu, ou le groupe, va se mettre en compétition, ou un objet qu’il possède.
Il va soumettre « l’autre » à la tentation de s’emparer de son bien,
tout en luttant de toutes ses forces, pour le retenir,
en suivant des règles préétablies.
En fait, où l’individu prend-il plus conscience de son existence et de son identité que dans le jeu ?
L’affrontement serait-il nécessaire pour la Réalisation ?
L’Un n’existerait que par le multiple. D’où le néant par la création…

Quelle est la part du néant en moi ?
Si j’admet des pensées, viennent-elles du néant ?
Comment cela se peut-il ?
Etrange aussi que l’on prenne connaissance
en décomposant physiquement ou mentalement,
l’objet de connaissance.
Quelle plus évidente façon de….manger.

Les mots :
comprendre, assimiler, peuvent se rattacher au vocabulaire de manger;
absorber.
Faire un avec l’objet.
Peut-être le réintégrer.
Ne peut-on prendre conscience des choses sans l’usage de notre corps ?
Ou le corps est-il conscience et rien au-delà ?
A ce moment, si l’on admet, disons : une âme, elle est enfermée dans ce corps.
Mais si ce corps est conscience,
chaque particule le composant étant quasi-semblable à celle d’une chaise,
qu’est-ce qui les différencie ?
Disons : le mouvement.

Le pouvoir que nous semblons avoir sur nos cellules
(beaucoup inconscient, car on ne construit pas son corps consciemment, par exemple)
on pourrait peut-être l’employer pour faire faire à nos cellules ce que l’on veut.
Elles se transforment en bois :
je me soude à la chaise et décide de la déplacer de 2 mêtres.
Ou alors d’un coté les cellules….
Bon faut que je bouge!

Plus 2 choses sont séparées, plus la force qui les relie est puissante,
mais diffuse par « décomposition ».
Mais la puissance est dans le « minima ».
L’espace distend, dissout le point et en teste la puissance de cohésion,
comme on étire une boule de gomme.

10/03/93 : 3h25
Bientôt l’Afrique.
Bientôt ma Mère.
L’arbre de mon nombril va retrouver le placenta de la savane.
Jusqu’au mont j’irai, mont de Vénus ?
Que me réserves-tu terre de l’aube primaire ?
Je t’aime déjà.
Sauvage, tu recevras un de tes fils « évolués »,
venu de l’autre bout des âges.
Je suis si artificiel; me dépouilleras-tu ?
Ah, être nu dans la savane…
Le soleil me drapera et je pourrai oublier d’oublier.
Revenir pour retrouver.
Quelques cellules en moi reconnaîtront peut-être les lieux.

Putain j’ai mon PASSE / PORT.

– Ma bite crache, ma bouche crache, mon cul crache. Je crache ! Et ça me déplaît peu »
– Ah ?! Et qu’est-ce que t’en pense ? »
– Justement ! Je dé-pense… »

11/03/93 :
Au début nous étions dans l’état de sommeil pour ainsi dire.
Puis S vint et attira l’attention sur l’arbre qui est la colonne vertébrale.
Il fit manger du fruit (ce qui est aux extrémités de l’arbre, donc : toucher et cerveau)
et l’homme prit conscience de lui-même en se réveillant.
Mais tout est en fait inversé…
c’est là qu’est l’illusion, le mensonge, le vol.
Car l’intention de la Volonté Décidante de Mouvement-Emprise était HAINE.
Haine face à l’innocence entraîne : meurtre.
Le monde était lancé…

« Les dieux adulèrent Enlil et transmirent la houe aux TETES NOIRES.» (serait le nom donné aux humains dans les plus vieux mythes)

Ils répètent très souvent les phrases importantes 2 FOIS !!!…
(Héraclite : « Ce qui est bon doit être dit 2 fois. »

Le poème d’Atrahasîs est la plus vieille génèse des hommes.

12/03/93 :
Au commencement : le désir.
Puis le corps : 2 feuilles; le sang : tabac.
Pour gouverner le tout, mettons-y l’idée :
le cannabis.
Et pour animer le tout : le feu.
Action !
Principe moteur, de cette part d’univers en tout cas, le feu.
Principe régulateur : l’air ou l’eau.
L’air entretient le feu, pouvant même aller jusqu’à l’éteindre.

Meilleur que toi ? Meurtrir la chair pour en sortir ?
2 optiques sur le monde. Une passive, une « pseudo »active.
Celui qui, ne que lui-même.
Les gens qui ne fument pas sont gênés par la fume.
Elle peut les faire douter.
Puisqu’un autre humain le fait…
Mais ils se sentent attaqués dans leur intimité.
Ils sentent la drogue.
Elle pénètre en eux et peut les modifier.

Seul le souffle nous relie, rattache.
Par le souffle nous entendons les paroles de l’autre.
Nous le sentons.
Nous sommes en contact avec lui au plus intime.
Par le souffle, parle-souffle.

Illusion de moi-même.
Ne pas partir dans les autres.
Pouvoir.
T’avais pas vu arriver les 2.
Ne pas se prendre la tête.
L’oeil de la baleine écoute le monde.

La pensée fait une pyramide de connexion-contact
qui ramène toute la matière préexistante
en un point d’information concentrée la résumant,
et positivement ou négativement « tendancieuse » ou électrisée,
fertile et apte à entrer en contact avec toute « forme » universelle.
La matière ou l’histoire de l’homme peuvent avoir des développements identiques.
Si nous en venons à penser de façon géométrique
et à employer des formes très pures et signifiantes,
bien que simples et dépouillées, comme les triangles ou le rond,
nous obtenons un langage pouvant s’adapter à toute personne « contractuelle ».
En revanche, une pensée de type carré sera plus compacte, abrupte.
Un discours à la Le Pen est un carré.
Le discours poétique s’apparenterait au cercle, à la courbe.
Le discours religieux pourrait s’apparenter au triangle.
Mais une voie intéressante serait celle du point.
Juste avant ou après le rien.
A partir de quand le point diffère-t-il du rien ?

La pensée est amenée à envisager l’univers
en fonction des 2 «principes » de Temps et d’Espace.
La notion d’espace a son fondement, est dépendante, définie par celle de temps

Il y a à peu près quinze milliards d’année que le « point » s’est explosé,
devenant quelque chose d’immense,
bien que rempli quasiment de rien.
Tant de temps, et une telle dépense d’énergie…
A partir d’un tout petit point.
Si on admet cette hypothèse.
Or, des « petits points » nous en avons partout autour de nous.
Nous en sommes constitués.
Chaque cellule en nous et même chaque atome peut créer de l’énergie,
créer un nouveau big-bang
à chaque seconde à la limite,
mais elle aura besoin de…nourriture…

En dix milliards d’années,
le dixième de la masse du Soleil, son coeur, se transforme en Hélium.

15/03/93 : 1h25
Je ne sais pas encore bien ce sur quoi mon esprit s’est arrêté,
mais, tel l’aveugle pressentant le silence du gouffre,
je devine l’imminence d’une probable découverte,
ou redécouverte d’importance.
En fait, le lien entre espace et temps;
bien que je ne crois pas, ou me méfie, de ce dernier.
On trouve en effet qu’une distance est équivalente à un temps.
Nous nous emprisonnons soit dans l’instant soit dans le lieu;
mais les dimensions de ce lieu sont…du temps !
Soit « l’entité » qui est également temps :
c’est probablement par l’énergie que ce point se crée volume-espace omnidimensionnel.

Et nous voilà avec nos aspirations à satisfaire.
Proche d’épanchement d’élément…Non !
Si petit, si petit, tout est si petit…
Le grand est ce qui n’est pas,
mais par le pouvoir d’évocation du grand, le petit s’emplit de pouvoir,
de puissance qui peut lui permettre à son tour d’acquérir l’EMPRISE.
Dans le point se trouve l’univers,
le néant, en tant que « rien », n’existe peut-être pas.
Il n’a pas sa place…

Car, si le point, qui est déjà plus que le vide,
peut représenter le tout et posséder une telle énergie,
imaginons quels foisonnements emplissent le pseudo-néant.
L’AMOUR !
Si quelque chose apparaît de quelque part,
ce quelque part est plus grand;
c’est presque une évidence, sinon sûr.
Imaginons alors
à quel point le TOUT peut être immense.

Nous avons du néant en nous.
C’est ce néant qui nous construit,
nous pousse en étant incarné dans le monde.
C’est ce néant qui respire, mange, bois,
se sert de la pensée,
de la Parole d’abord, puis de la pensée.

La pensée se constitue avec la parole, les mots.
Mais il y a ce néant
d’où est issue la Parole.
Ce néant qui se déverse en dehors de lui-même
DANS l’univers physique,
par le flux de l’émotion.
Tout transparaît par l’émotion.

La drogue tue l’émotion.

L’émotion sort à la suite
et court après le désir.
Sans objectif, pas d’émotion.

distance Terre-Soleil : 149 598 000 km
vitesse lumière : 299 793 km/s

La paranoïaque-critique pourrait être un des moteurs de l’univers…

rotation Lune : +/- 27 jours
rotation Soleil : +/- 25 jours
menstruation Femme : 25-27-28 jours
phases de la Lune : tous les 27 jours
période des marées : 27 jours
vitesse de rotation de la Terre autour du Soleil : 29,79 km/s
durée du jour : 23,9344 heures
Etonnant comme, malgré que les échelles ne soit pas les mêmes, toutes ces valeurs-constantes, tournent autour de 25-27…

La Terre est la planète du système solaire qui est la plus dense en moyenne : 5,52.
L’inclinaison de son orbite sur le plan de l’équateur est : 23,44 °.
Or : inclinaison de la Terre : 23,44 °.
Donc : inclinaison du « principe inverse » à celui qui « anime » la Terre : 66,6 °. 666…
5,52 = racine cubique de 169 = racine cubique de 13²…

L’Univers est Infini.
Univers soumis à une force de rappel.

14/03/93 :
– « Elles vous auront tous ! »
– « Qui ? »
– « Les mouches ».

15/03/93 :
Parole aux voyans
A vous dont le regard faisait pâlir la lumière.
Etres de nulle part,
le fil de votre esprit était lié à la trame de l’infini.
Par-delà les sens, toujours plus loin,
là-bas en direction du souffle,
se trouve..l’autre.
De cet autre,
vous vous êtes drapés,
rendus inaccessibles
aux ensevelis de la matière.

Ô bruts d’hier,
vous voici étendards informels
d’une raison dont vous avez dompté le véhicule :
la lumière.

Dans le chaos moite des ondes verbales,
votre essence a perlée
au contact du feu principiel.
La clarté aveugle ceux qui viennent des ténèbres.
A l’amour répond la peur.

Toute action crée son propre reflet.
Quand on enlève une pierre d’un mur, on a :
d’un côté la pierre, et de l’autre :
le mur « avec » un trou.

La conscience est sens,
plus que l’inverse;
la conscience est la Gravité.

17/03/93 : 1h30
Affaire d’échange,
de chaud à froid.
Nous avalons le froid du monde,
que nous réchauffons
de notre haleine de vie.

Prise au piège
dans cette alternance,
la matière,
emplie du potentiel manifestatoire,
entre et sort de nous,
et la « fréquence d’émotion » que nous sommes
l’imprimera de son « appel négationnel »,
faisant surgir le SENS…
Antérieur au sens, au-delà toujours…

Cette vérité qui nous échappe
à chaque souffle
(dont nous essayons de nous délecter)
ancrée en nous au moment de notre naissance.
N-ESSENCE : négation de l’essence.

L’homme a préféré l’erreur,
car que reste-t-il à celui qui sait ?

LIbertE IdentitE : Idée
Iiiii…Défense, Détour, Décompte(Dieu) Element Electron
A : premier son ?
L’information première,
dans notre expérience du monde (dès la naissance) est :
sensation, douleur, surprise, peur.
Qui entraînent : affirmation de l’identité,
de Soi.

Pourquoi le souvenir est-il humide ?
(Alors que certains ne veulent qu’une matière SECHE.)
L’eau est le compromis entre lumière et ténèbre.
Et pourtant elle est si…fertile.
Si belle, si douce.
Le mal ne serait pas si mauvais;
doit-on le remercier de nous avoir fait découvrir la douleur ?

Au milieu, direct,
tout le mouvement en l’instant,
d’un immobilisme ubiique, omniprésent.

Mais nous n’existons que par l’autre.
Toujours l’autre pour moi.
Pardonnez-moi je suis dehors.
0 = 1.

Hey Jésus…Ca fait « longtemps » !
Que font tes frères, qu’a fait ton père ?
Pourquoi les gens ne sont-ils pas tous aussi « conscients » les uns que les autres ?

Nous sommes vraiment des espèces de pantins;
qu’on le veuille ou non.
Même notre liberté se tisse d’un seul fil.
Pourquoi ne pas avoir fait un homme et un monde « bons » ?

Au commencement la mort ne nous était pas comptée;
au commencement la mort nous était contée.

On ne donne pas le choix à un inconscient.
On ne punit pas l’ignorant.
Voilà ma critique du christianisme
et de la plupart des religions de l’Ouest .

EAST TO WASTE…

Pauvres poissons :
faits pour être mangés…
Nous aussi d’une certaine mesure.

Daar es Salaam : 5467 Francs. Pour un an. Départ Charles de Gaulle.

18/03/93 : 1h30
Fous !
Ils ont tous finis fous,
déclarés anormaux
par les normaux.
Déclarés mauvaises gens
par les bonnes gens.
Trahis par leur parole…
Apprenons la diplomatie, la discrétion; la prudence.
Ou l’asile sera notre ante-cercueil.

Les hommes sont tous les mêmes.
Ils veulent s’occuper, manger, avoir un foyer.
Et tous tendent à cela;
alors : comment, pourquoi,
à quel moment la guerre s’introduit-elle,
en graine immondément fertile
dans le champs des aspirations simples et naturelles des hommes ?

On voit toujours la glace fondre au contact du feu.
Pourtant un jour le feu est éteint
et la glace triomphe.

Les hommes sont trop KONS !

L’enfant s’approcha du vieux
et lui prit la main :
– Qu’est-ce que tu fais ?
– Je me souviens. Et toi ?
-J’oublie.
Ils se quittent.

Fasciste je ferai ton bonheur…

MA (MAA) : grand, immense (en Hindous); mais aussi racine indo-européenne et même quasi-universelle de MERE.
BARATA : Inde.

Fosse
au détroit des confluences densifères,
la voilà la porte.
L’huis cosmique s’ébranle sur ses gonds vibratoires,
dans une révolution expansionniste.
Alors
l’ouragan du souffle tsunamise les soleils de la Grande Diaspora omnistellaire.
Quel plus grand vacarme que l’Univers Nihil ?
Connexions subreptices
aux convulsions achaotiques, tendancielles,
poussez-repoussez.
Soufflez-crachez-appliqués et zélés :
pernicieux aphélie !

11h25 : dans le train.
Il sortit de la nuit pour se mettre à jour.
Il sortit du jour pour se mettre à nuire…
Il sortit de l’ennui pour se mettre à jouir.
Il se mit en joue pour sortir l’amour,
et sortit de l’amour pour se mettre une balle.

Les personnes « sensitives » voient dans l’obscurité une faible lumière se dégageant des pôles des aimants.

Nord-Sud : Sommeil agité
Est-Ouest : Bon sommeil

En vieux latin, rêve : vagus (errant). ex-vagus qui dérive en esvo, esver : errer, délirer.
Dès 1130 : esver : rêver. Desver : perdre le sens.
En Indou [ ! Hindi…] : le rêve se dit Svapna (apna : le souffle…). On retrouve la racine SV.
Sv = sommeil, rêve ?

Langage : hémisphère gauche.

Recordman américain d’éveil (sous contrôle scientifique) est un garçon de 17 ans.
Il est resté éveillé pendant 11 jours. (il lui a fallu 2-3 nuits pour récupérer, dont la 1ère où il dormit seulement 14 heures).

On rêve +/- 100 minutes par nuits au cours de 4 à 5 cycles.
Soit : 25 jours par an ; soit : 3,5 ans à 50 ans.

Inspirer = Lumière
Expirer = Ténèbres
Ni bien ni mal. Juste un peu…
Et déjà trop.

Les Mages et les Voyans – Les Pierres et les Bulles.

Qu’est-ce qu’on a à se dire ?
Tout à faire.
Mais tout à mon affaire je m’enferre.

19/03/93 :
Le magnétisme organique
a besoin de calme
et d’isolement relatifs.
Une fine porte vermoulue (prémonitoire)
devient alors un sûr rempart
pour confiner les moites aspirations
de nombrils en mal de matrices.
C’est sûrement vrai qu’il vaut mieux baver
derrière que devant la porte…
Mais attention : FAUT PAS S’TROMPER…
Faut ‘y aller 1-2 et non 2-1 ! 1-2, 1-2, 1-2…
Non, parce que si on se la joue 2-1, 2-1, 2-1 alors là ça change tout…
C’est tellement compliqué…
C’est sûrement ce qui en fait la beauté…

Fascinante corps et graphie (gras ? Fi !) ;
mais les interprètes toujours se cachent…
Même entre eux les ténèbres ne seront pas de trop
(« éteins la lumière »).
Il est vrai que l’épilepsie a toujours été une maladie honteuse…

Heures et heurts, leurre est leur.
Vivent les dialogues sourds et spasmodik !
Ouaip ! Sue-perd !
(Dis, tu crois que tu vas lui laisser ta carte de visite…)

Si tu as encore ton coeur, souviens-toi de celui qui t’a laissé à toi-même.
Puis…OUBLIE-LE.

Pardonne-moi cette méchanceté gratuite.
J’ai des aigreurs… « frustrationnelles ».
Tu comprendras, j’en suis sûr.

Nous parlerons ! Nous parlerons !
Ma vie passe à côté de moi
et toute mon activité (ou presque) consiste en la chevaucher.
Quel piètre écuyer !
Elle s’échappe, elle s’échappe !
Par mon cri même elle s’enfuie.
Parfois, au détour de l’instant,
nous nous enlaçons.
Pauvre cowboy…
Il n’est plus besoin pour toi de rechercher les saloons.
Contente-toi des cactus !

L’homme rend à l’eau principielle
son sel,
par ses larmes et sa sueur.
Restent la crème de l’homme
et le miel de la femme.
Heureux gâteaux de l’humain !
Allumez 12 bougies…

Là, vois-tu je suis aux 4 arbres.
Tu sais, les 4 vieux…
Je pense avoir trouvé ou choisi « mon » arbre.
Il est en bois !

Je me reprend, mais :
pourquoi trouve-t-on,
en général,
les araignées, les pieuvres, les serpents,
les porcs, les morpions, les asticots,
les vers, les blattes, les cafards,
les lombrics, les mouches…
laids ?

Comment pouvons-nous (oser) estimer qu’une chose naturelle est laide ?
Le rapport « ennemi-ami » paraît être une des causes évidentes.
Mais toutes les bêtes ne vont pas nous être nuisibles (loin s’en faut !).
Pourtant nous les jugerons
et aurons vis-à-vis d’elles une émotion sensible à priori désagréable.
C’est plus que le corps et ses actions protectrices, que l’information « serpent » va dé-ranger, dé-stabiliser.
L’exemple du serpent n’est pas bon, car cet animal est dangereux.
En fait d’une façon ou d’une autre, on rencontre la PEUR.

Il est amusant de penser
que la peur soit une partie de nous-même,
et non quelque chose d’extérieur, que nous absorberions.
On pourrait proposer
que la peur soit une mémoire passive, endormie,
qui pourrait être réveillée par une information traitée comme agressive.

La peur comme inconscient,
au moins individuel,
pouvant prendre le dessus sur l’organisme
et le sujet entier,
à tout moment.
Et qui, même si elle n’est pas sollicitée,
gouverne toujours AU MOINS L’ESPRIT,
comme une éminence grise.

J’ai envie d’essayer de faire du joli.
Enfin…justement…si ! j’ai envie.
Partons du cadre qui nous entoure.

Par un fil ailé s’ouvre la voie
Le crapuleux et chaotique carrosse
De l’auguste mendiante la Pensée
Attelé aux 2 ânes de la mémoire :

La vieille mère et le jeune fils
Et à l’indomptable lion du sens
Traverse le pays du Y-Â

Autour d’eux gravite l’abeille de l’âme
Porteuse du pollen de l’égo-désir.

Assourdissant la plaine de leur présence
Ils se rendent au château de l’Absynthe
Là les attendent Soeur Lumière et Frère Ténèbre.
La première est très bavarde, le second muet.

Arrivent nos amis à la porte.
L’abeille pique le lion qui enfonce
La porte en rugissant, entraînant
A sa suite le reste de la cavale…

COUPEZ ! C’EST UN GARCON…

Bon ! C’était pas très joli.
C’est même facilement critiquable.

Il est couché le soleil.
Et mes ancêtres avec :
arrières grand-parents,
il m’en a fallu 16 pour que je puisse vivre.
Des arrières-arrières grand-parents : 32.
Au-delà : 64, puis 128; 256; 512; 1024; 2048……..
34317795328 personnes ont été nécessaires
il y a une quarantaine de générations c’est à dire (à 20 ans la génération) 800 ans.

Cela signifierait qu’aux alentours de l’an mille
mes ancêtres étaient au nombre de 34 317 795 328
ce qui est absolument impossible
étant donné que même aujourd’hui nous ne sommes pas aussi nombreux
sur l’ensemble du globe.

Voici donc une preuve irréfutable d’une vérité incontournable :
il y a des recoupements, de la consanguinité.
En un mot : nous sommes tous frères et soeurs !
Ou tout au moins cousins et cousines.
CQFD.

le 20/03/93 :
J’aurais aimé être un Indien.
Un fils de la plaine et du vent.
J’aurais eu les ruisseaux pour école.
Quel bon élève alors j’aurais fait !
La vraie école, la vraie vie.
Pauvres hommes blancs.
Serions-nous nazis sans la mort des Indiens ?…

Bientôt l’printemps.
Bientôt la grande Ejaculation Invisible.
Déjà les gonades du Ciel vibrent.
La muqueuse terrestre s’affine,
tandis que ses ovaires frissonnent.
Le Soleil s’anime en préliminaires de plus en plus ardents,
de plus en plus précis.

La voix des hommes se charge de semence corruptible;
toutes les portes recommencent à s’ouvrir.
Ma Terre matrice, ma rieuse mariée,
maligne magique, ma lady….
Ton sur son. Temps en tant.
Rires – Rythmes – Rîmes

Alerte ! Les Martiens viennent chercher la main de l’Homme !
Blindez vos poches !

Liste pour mon voyage en Tanzanie :
1 tente / 1 sac couchage / 3 chemises / 3 maillots / 6 paires chaussettes / 6 slips + 4 caleçons / 1jean+1survêtement+1pantalon+1combinaison / veste bleue + treillis /
2 paires lacets / 3 couteaux / 10aine de briquets + allumettes / 6 bougies / 1 frontale + 20aine piles / 1 microphone + cassettes / 1 loupe / 10aine crayons Bic / 6 petits carnets 180pages / 10 de corde / 2ouvres-boîts plats + 1 clef / 1 bâton de 65 cm (proportionnel au rayon moyen de la Terre et à la coudée sacrée égyptienne)

Les forêts ont ceci de mystique qu’elles sont immémorielles.

– Vous n’vous êtes jamais marié ?
– Disons que chacun vit sa vie, et je ne sais pas s’il y a une place pour quelqu’un « d’autre » dans «  la-mienne »…

Nous tissons le temps avec le fil de notre existence.
(Peut-être le « fil » que les chiens peuvent suivre).

Ah ! L’insupportable Karnage. Le karnage de moi-même.
Dont l’odeur me poursuit.
Carne-Age.

21/03/93 : vers 17h00. Après vote.
Une Révolution Révolutionnaire !
Voilà ce qu’il nous faut.
Faire la Révolution, mais de façon révolutionnaire.
Il faut tout arrêter.
Sans arme, sans violence.
Avec tellement de rêve….
JAMAIS l’homme ne s’est remis en question.
« Il n’avait pas le temps » dirons-nous.
MAINTENANT il l’a,
mais ne veut pas le prendre.

L’homme a besoin, doit, travailler ?
Bien !
Mais où est l’HARMONIE ?
Si vous voulez du travail,
nettoyez la Terre !

Ce qu’il faut revoir ce n’est pas le travail
mais la rémunération.
« Tout travail mérite salaire… » NON !
Tout travaille mérite RECONNAISSANCE.
Les salaires sont différents, mais la reconnaissance DOIT être la même…
Voilà le problème.

Celui qui concourt au bien de la société doit pouvoir jouir de tout ce qu’offre cette société. Pourquoi avoir admis que le patron serait plus récompensé que l’ouvrier ?
« Plus juste répartition des richesses »
Ce n’est pas nouveau ; mais c’est du coup la propriété qui est à revoir.
Et là, on s’aperçoit qu’inconsciemment ou non, la société, par le biais de l’argent et des classes sociales (qu’il engendre) a suivi le processus naturel (lui) de sélection.

La société préserve les intérêts de son élite, qui assure sa progression.
Mais tout d’abord, cette élite a pour but : l’argent;
et en plus elle agit au détriment des classes inférieures.
Bien que cela se fasse de façon très lourde, sourde, complexe et diffuse, pernicieuse,
cela reste facile à dénoncer-bien sûr.

Si chaque famille possédait une maison, imaginez la taille des villes !…
La Terre serait encore plus empreinte de la marque de l’homme.

Alors, tout bêtement,
si l’on tient compte de l’ensemble des conditions et facteurs
nécessaires au développement d’une société,
il semblerait que la nôtre (française) soit la meilleure réalisable.

Je m’exprime mal, mais comment pourrait-il en être autrement ?
Sans tomber dans le rêve,
comment voulez-vous construire une société,
quand on sait ce qu’est l’homme ?
Il a besoin de ses congénères,
mais ne pense généralement qu’à lui.

– Cieux vivifiant, eaux vivifiantes –

22/03/93 : vers 1h00
Dans quelle mesure sommes-nous responsables de nos vies ?

Me voici face à mon énième cône.

Acides langues en vagues tentaculaires,
s’engouffrent en moi,
ouvrant les trappes de nombreuses caves,
toutes humides, mais dont certaines fétides.
Si c’est écrire, c’est pour aller droit.
Direct au coeur ! Là où ça touche.
Ca résonne, frère ?
Ou est-ce que ça raisonne…

Le sens est pensée.
Notre mémoire nous a permis,
ou a créé d’elle -même,
la synthèse puis la réflexion.
Je ne sais pas pourquoi : j’aime me détruire.
Ou pourquoi je le fais.

L’homme n’est qu’un animal, ne l’oublions pas !
Doit-il se contenter de n’être que çà ?
Non, il reste un animal, mais à son échelle.

J’ai vu un vieil orang-outang dans un rocking-chair,
qui me toisait d’un air narquois, sa clope au bec.
J’avais pas de dés, alors on s’est regardés.
Il avait connu Babylone à l’heure de sa première splendeur,
et s’était grisé dans la Tour de Dispersion du serpent Baal.
En ce temps là la lumière était orange,
et l’Image aimait à se mouvoir parmi les hommes.

Vers 19h00
Alors il s’est dit d’accord.
Peut-être que j’ai une chance
D’avoir l’air un peu moins con
j’me verrais bien en héros.
En plus ça marche, et j’suis d’bout
y’a plus qu’à tendre la main.
Je vais enfin posséder.

Au fil des rues bétonnées je dérive en ondes saccadées.

Autonomes.

Lumière sans mouvement. Tout vibre, tout éructe en ce train.
La honte. J’ai eu honte !
Le Diable chez les Mayas-Quitchés s’appelle : Nos 7 Hontes.
J’ai eu Honte de moi. Voilà ce qui a failli me briser.

23/03/93 : Vers 1h30
Plus profond.
J’aimerais dire tout ce que nos ancêtres ont tu.
Parler de ces connexions, confluences;
savoir qu’on n’est jamais plus présent
que dans l’absence.

L’humanité n’a-t-elle pas fait le tour de l’existence ?
Un homme, et tout est à refaire….
La mort a émoussé ses dents
sur l’os du vivant.

Cessons d’imaginer.
Ta tête, ta misérable tête d’épingle.
Que devons-nous faire ?
Prier à chaque instant ?
Soit je te glorifie, soit je me glorifie.

Même si toi c’est moi,
que d’ombre sur la luciole essoufflée.

Un électron m’anime,
et j’oscille dans les dimensions,
au gré de ses révolutions.

Ce monde en moi,
comment le quitter ?
Pourquoi fuir, remarque …
Non, je ne fuis pas;
je réponds.

Vers 14h30
Moi aussi j’ai été fier, fort, viril;
agile, beau, la peau lisse, l’oeil vif,
le poil coloré, le sexe dur et dressé
La main puissante,
les reins solides, les jambes robustes.
Moi aussi j’ai régné
sur l’empire que confère la jeunesse.

Mais aujourd’hui je suis sec,
courbé, cassé,
fragile, faible,
honteux, blanc,
perdu, soumis,
désabusé et dépouillé.

Et j’attends toujours…

Qu’on cesse de me parler de l’homme avec cette haleine de fierté incommensurable.
Qu’on cesse de mettre en exergue de pseudo-qualités, avatars de valeurs destinées à oublier le sort commun qui nous lie à l’ensemble des vivants.

L’Etre vivant a une mauvaise conscience,
hypocrite et frustrée :
l’homme.

Pitoyables fantoches; risée de l’humilité.
Point de courage, mais une peur omniprésente,
omnisciente et omnipotente.

Le sang des hommes n’est que le nectar de l’Angoisse.

Que l’homme cesse d’être humain !

Aujourd’hui il m’est arrivé quelque chose de très important je crois;
bien qu’insignifiant dans les faits.
Je suis sorti, et il faisait nuit noire, sans lune, juste les étoiles.
Mais les ténèbres étaient si importantes
qu’elles semblaient vouloir engloutir la lumière.
Et j’ai cru sentir…
comprendre (si peu)…
J’ai d’abord cru avoir peur,
et puis en y réfléchissant, c’était de la tristesse.
Dieu était SEUL. Il s’ennuyait.

L’eau principielle : c’est ses larmes.
Alors il a créé.

Repousser les ténèbres, voilà le but de la vie.
Nuer, nier le néant.

Se répandre.
Je ne peux exprimer ce que je ressens ce soir, mais la lumière est belle.

Noméa la lumière.
Une la ténèbre.
Du rire aux pleurs
la larme rappelle.
Au choix le frisson
Au refus l’attente.

Dieu est dehors tant qu’on ne L’est pas.

Dieu ! ….Ca fait vraiment longtemps.

Tu sais très bien que je n’ai pas (besoin) à te parler.
Mais laissons sur trace pour le VOIR.

Où te places-tu ?
Dans ou hors la création ?
Toute action, tout mouvement, procède d’une dynamique
dont tu es l’origine (pour le moins).
Alors, quand « quittes-tu » le déroulement des manifestations ?

Est-ce que c’est moi qui dirige ?
Si oui, que dois-je faire ?
Si non, pourquoi tant de détours ?

Pourquoi tant d’interrogations si tu es là ?
Alors tu n’es plus là. Tu n’es pas en moi, et je suis vraiment libre.
Mais menacé.
Pourquoi cette inégalité de naissance ?
Pourquoi l’obscurité pour parler de la lumière ?

L’homme se développe grâce aux alters.

Tant de choses à expérimenter…

25/03/93 : vers 19h30
Bien, seul, anonyme.
Le train file, en courbes, en lignes, en vitesse.
La Terre a presque fini de se retourner
pour montrer une de ses faces aux lèvres de Ô l’astre des hommes.
TA la Terre commence à s’assoupir,
dans une subtile émanation
libérant pour un temps l’essence de LA, sereine alliée de l’aube : l’eau.

ÔTALA la cité des Hommes Vrais n’a jamais été bâtie.
Pourtant, nombreux sont ceux qui errent à sa recherche,
en vue d’y placer leur foyer.

Combien faudrait-il de temps à la nature pour faire disparaître toute trace de l’homme ? Est-ce déjà « impossible » ?
A moins de tremblements de terre, explosions volcaniques, etc…
Quel drôle de délire que la Terre.

26/03/93 : vers 12h15
Marié à la flamme
Lumière sans ombre
Feu sans fumée
Révéler purifier
Repousser l’obscur

Ce monde est froid
La vie se fige
Sans un foyer
On ne changera pas
L’homme est en bois

Droit au bûcher !
Que vive la flamme !
La flamme à venir
Avenir de l’âme
Marris et morts
Vive la flamme

Mais toutes les belles idées
Ne valent rien tu sais
Face à une furieuse pisse
Ou une faim de la mort
Ou une soif des dieux

Le corps de l’homme s’étend
Pour éloigner le cul du nez
Tout ce qui souffle souffre
Souffle la victoire
Sur les ténèbres
Pacte rompu, ventre repus
C’est ainsi que je crache
Le deal est passé, l’ange tombé
Reprends ton vide et fuis
Je te crache salope
Crache, cache, lâche
Je te CRACHE.

La coupe pleine
Déborde la haine
Là où vit l’un
L’odieux étreint
Illusion finie
Espoir oublié
La joie s’ennuie
En dés pipés
Le sang circule
L’argent encule
Gâre tes pustules
J’pose mon fibule
Ridicule peut-être
Mais libre enfin
d’ECHOUER.

Tout est beau
Si tu croiX
La peau lisse
De ma voix.

Il n’est plus temps
De pleurer, d’espérer
Trop tard le peut-être
Jamais de dommage
Tout est fait en fête
Hanter la tête
Comme un sirocco
Blizzard des âges
Visages bizarres
J’ai choisi le feu
Je m’y brûle, encore
S’évaporer plus que tomber
Irradier devant le gouffre
Dernière et pure avant moisi-sûr

Futile absence plutôt
Qu’indécente présence
Le fruit du sens a rendu
Sa liqueur passionnelle
Et tous maintenant sont enivrés
Oh la vie, hé l’avide
Que reste-t-il à tes frères
Seulement eux-mêmes
Mais ils rejettent
Conchient la défaite

Plus froide que la lame
Mais si loin du meurtre :
L’âme vraiment libre
Avec la rédemption
En guise de dessert
Les cerveaux se font désert
Et le coeur s’obscurcit
Le mendiant coupe ses mains
L’estomac se retourne
Je suis venu UN
Mais au jeu du venin
Il me reste l’atout
Le destin intestin
Alors mon corps de bois
Se frotte et s’allume
Je t’aimerai par la flamme !

La bête que tu confesses
Te tient éveillé
Recouvrant de haine
Le dernier cri d’amour

Oubli en souffles audacieux
En crachats gentils dorés
Ombres des cauchemars incarnés
L’hydre ravale sa dague

Joie des explosions intenses
Plus de soucis, ris du sursis
Flatte l’amère lieuse d’encens
Au gré des souvenirs d’une rupture

Doigts crispés en méandres
Dans les circonvolutions céphales
Que tendre à prendre ?
Sans hier pas de demain
T’as gagné ta sucette
ou pas ?
Aimer rien ne compte plus

29/03/93 : 1h00
Ils ont tous mal, pourtant…
Comment veux-tu être aimé de celui que tu tues .
Désolé, mais je vois pas ce que l’esprit vient foutre dans la Vie.

Pourquoi aimer son prochain ?
Le beau va au-delà du bien et du mal. Le beau est invisible, intangible…extra-sensuel.
Et si le beau est au-delà du sens, il est au-delà de la pensée.
Il n’est donc pas rationalisable.

Un esthète, voilà ce que je suis !
Un esthète bafoué par l’identité et ses conflits inévitables.
Y-a-t-il un autre monde, possible, différent ?
Sans BIPARTISME. Sans « Haut et bas ».
Qui dit création dit volume, non ?
Volume = toutes dimensions. Dans notre univers volumétrique.
L’espace !….Tout est LA !

Elle n’avait pas peur de mourir seule;
dans une fuite rejoindre ses aïeuls.
J’aime les égarés,
ceux qui ne font pas semblant de savoir ce qui se passe.
L’ignorant est plus pur que celui qui croit – savoir.

TOUTÊLA.

Quel homme n’a rêvé de la femme pour se coucher sur elle
et se répandre
en angoisse aussi désespérée qu’humide.
Pour laisser couler la tristesse
en petite rivière remontant à la source qui l’a expulsée.

Réjouis -toi mon frère !
Ris ou pleure; vis ou meurs.
De toutes manières, il faut que tu crèves.
Et un sourire vaut mieux qu’une moue.

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