conscience 24

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du 24/03/2002 au 01/10/2002

24/03/02 :
La Parole…Il s’agit de maîtriser la Parole sous ses trois manifestations : la pensée, la parole et l’acte.
Celles-ci étant les 3 modes de communication constitutives et constituant la Parole-Logos-Verbe.

Le Souffle que j’étudiais et cherchais, PREND consistance dans et PAR la Parole. Ainsi, en étant attentif à la Parole – la mienne et celle d’autrui – je sais alors quand inspirer et quand expirer.
car
Toute manifestation, toute réalité est information, communication.

Pourquoi quand on m’évoque une douleur physique ou que j’y pense c’est mon scrotum qui « frissonne » désagréablement ? Comme si en cas de danger physique ce sont les testicules qu’il faut préserver.

Excepté quand il y a un réel grave danger, sinon agis sans hésiter : prends le risque. (D’échouer et/ou de te tromper) Car si le péché est une erreur, l’erreur n’est pas forcément un péché.
Et puis inutile de parler de « péché », parlons de faute et d’erreur.

On mange bien à l’institut.
Frais, bon et varié. Ca tombe bien car j’ai retrouvé mon appétit d’ogre. On a le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter (hé oui !…) et le dîner.
Tous à des horaires stricts.
9h00, midi, 16h et 19h00.

Ne pas oublier que d’une façon ou d’une autre nous sommes tous et toutes nés du PLAISIR; au moins celui du père (du Père ?), celui du mâle.

Les médicaments, comprimés, gélules et sirop ont de belles couleurs. Ainsi les traitements individuels composent de jolies combinaisons chromatiques.
Certains ont des cachets roses et bleus. Ce que je trouve joli.
Pour ma part, je n’ai qu’un petit comprimé vert pastel et un sirop jaune-vert amer (le Tercian)
J’ai une médication (le « club Mèd »….) que je prends à 11h45 et à 18h45. D’autres en ont matin, midi, soirée et soir. 4 fois par jour.

A noter que le Tercian développe une hyper sensibilité photo sensibilité.
Ainsi le soleil brûle la peau rapidement.
Je suis obligé de porter des vêtements à manches longues et mon survêtement avec capuche, pour m’abriter du soleil qui apparaît beaucoup depuis hier. Un beau week-end en somme………

25/03/02 :
Le Temps et Dieu : « Chers Humains : j’ai quelque chose à vous dire. Pour être sûr d’être bien compris je vais le dire demain à ma Femme ».

Je suis à Marcel Rivière parce que j’ai été au bout de certaines idées à tendance obsessionnelle. Savoir : condamnation à un supplice du genre grec : mon univers se rétrécissant autour-contre moi. Par exemple toute atteinte à ma personne constituait une étape irrévocable qui ne pouvait qu’être pire par la suite. Par exemple un courant d’air froid devenait de plus en plus froid.

Oh et puis qu’importe !
Je suis aussi entré en « phase physique » avec le monde. Voilà pourquoi je suis sorti nu dans la ville.
Bon. A présent je sais. Et je sais que je sais. Et même…héhéhé je sais que je sais que je sais que…Allez. Ca suffit. Fini ce mauvais rire.
Si, pour synthétiser : je suis allé au bout de mon délire, au bout de mes DELIRES.
Et maintenant je suis DELI…é.

Etonnant et intéressant : les médicaments que je prends me font me redresser.
Je suis bien droit, n’ai plus le dos courbé ou un peu voûté.

De plus, la lumière du soleil m’est désagréable pour les yeux.

Intéressant mais limite consternant ces gens qui préfèrent nier Dieu ou prétendre qu’il n’existe pas ou qu’ils ne l’ont jamais rencontré.
Si la Terre ne leur suffit pas comme carte de visite, alors c’est qu’ils sont vraiment trop avides, orgueilleux ou/et « mal-sensibles ».

26/03/02 :
Depuis presque 2 ans que je l’avais, je viens enfin d’enlever le plastique qui l’entourait et de commencer à lire le livre sur « les points vitaux ». (« L’art sublime et ultime des points vitaux » de Henry PLEE et Fujita SAIKÔ)

J’ai lu les préfaces des 2 auteurs, mais d’abord se pose la question : pourquoi veux-je lire ce livre ?

Attendu qu’il révèle des coups mortels ou au moins invalidants. En fait ma motivation est la même que lorsque j’ai acheté le livre : apprendre OU la vie affleure dans le corps. Et à l’inverse de taper pour tuer, connaître les endroits vitaux et en les massant stimuler la vie.
Et également connaître les points qui par là deviennent des clefs de la vie.
Apprendre une connaissance primordiale, et ultime.

De fait, il semble pertinent de s’intéresser quasi-uniquement à l’ESSENTIEL et ne pas s’intéresser à ce qui ne l’est pas.
Mais…tout est essentiel ; rien n’est à négliger.

Aussi dois-je choisir MON fondamental essentiel.
Je désigne donc l’EMOTION.

Je veille et veillerai sur et à l’émotion. L’émotion humaine qui est la rencontre, l’espace de rencontre entre les sensibilités humaines, la connexion des âmes.

Je réalise que je me nourrissais des connaissances que je cherchais et trouvais.

Une de mes motivations était…la FAIM. La faim de mon esprit qui est un vrai OGRE.

Aussi, à présent, je ne vais pas le mettre à la diète, mais ne lui faire manger que des choses succulentes (pour lui) Uniquement ce qui indéniablement m’intéresse.
J’ai déjà écrit là-dessus.

S’agit donc d’accomplir cela.

Agir dans et avec l’effort minimal ; minimal mais TOTAL, complet.

Agir à partir du POINT (en soi) : la plus petite « partie » mais indivisible ; entièrement UN.

La colère est le fruit vénéneux de l’arbre néfaste de l’orgueil.

J’aime bien les corbeaux et autre freux – oiseaux noirs. Outre leurs aspect et démarche, ils semblent être messagers de la réalité transcendante et immanente. Ils croassent à bon propos.

Basile M est également interné. Sympa. Rasta blanc.

Je suis donc dans un hôpital psychiatrique…
La question est : quand estimera-t-elle (la médecin-chef, Mme SINTES) que je suis apte à reprendre ma vie sociale ? …

Déjeuner 9h00, avec médoc d’abord.
Puis déjeuner à 12h00 avec médoc avant.
Puis goûter 16h00…SANS médoc…
Puis dîner 19h00, médoc avant.
Puis couché à 20h00 ou 21h00.
Sommeil. Puis de nouveau…

Je suis un rônin de l’Amour. Vivement que je devienne samouraï…

En entendant un des psychologues (en fait : assistant social) je me suis souvenu d’un rêve qui m’avait fait évoluer.
L’assistant social parlait de Marcel RIVIERE et cela m’a fait penser à ce rêve où devenu conscient que j’étais, j’animais un « MOI » de rêve, j’ai opéré une dissociation de mon être au cours de ce rêve.
Dans le rêve je réalisais que mon moi était en train de se rêver. (Voulant percevoir mon moi dormant, physique, je m’étais perçu « au-dessus » à droite, « à 1 heure » et endormi)

Je prenais conscience de ma dissociation de par (ou grâce…) une envie d’uriner. Je décidais alors de me forcer, « moi-rêve », à uriner, face à…une rivière (qui, je crois, coulait de droite à gauche, ou alors était immobile)
Pour y parvenir je devais faire un effort, de type « énergétique sur moi-même », de prise de contrôle de ce moi, et tout à coup je sentis alors comme une peau qui se déchire (sans douleur) par le milieu de moi (au niveau du torse), et je me libérais, débarrassais de cette peau (en l’enlevant comme une combinaison avec fermeture ventrale) et me sentais alors extrêmement LIBRE (peut-être comme jamais avant) et il me semble qu’ensuite je partais de l’endroit où j’étais, peut-être en longeant la rivière.

De fait, ici j’ai une curieuse façon d’uriner (sûrement due aux médocs) j’urine longtemps et suis obligé de « forcer » pour évacuer toute l’urine.
Rivière plus urine plus mon internement dû à la « perte » du sommeil. Tout cela fait des coïncidences troublantes…

Je deviens plus « facile », plus CONCENTRE, con-centré. Je ne m’attarde plus sur ce qui ne m’intéresse pas vraiment. Veiller néanmoins à ne pas devenir indifférent ou suffisant.

Ta peau a la douceur d’un premier duvet de Printemps.

Cesser de chercher à être « comme il faut », cesser de guetter et demander mon impeccabilité (terme assez judicieux, émis par don Juan)

27/03/02 :
Il est préférable de ne pas parler au (du) passé. De ne pas parler d’AVANT l’instant présent.
Eviter aussi le plus possible la question; surtout la question à propos d’AVANT.

Je sors de rendez-vous avec Mme SINTES, le docteur.
Elle estime préférable que je reste encore hospitalisé.
Peut-être va-t-on diminuer ma posologie.
Ce serait bien, je pourrais être plus actif.

Rappelons que je suis dans l’Institut Marcel Rivière depuis le dimanche 10 Mars après-midi.

Mea culpa ou méat coule pas. Hihihi…

Il est des « domaines » dont il est préférable de ne pas s’enquérir.
Ne pas y « prêter attention » : ne pas les regarder, ni écouter.
Et si on les voit et entend, inutile de continuer (c’est à dire : écouter et regarder)

Ce n’est pas « par là » qu’il faut chercher. Ne pas s’y acharner.

Peut-être peut-on considérer que les trois formes d’activité peuvent aussi être trois formes de prisons, d’auto-prisons. Ainsi certains ont l’acte, donc le corps comme prison.
Cela génère des gens « sur-activés » qui veulent toujours « en faire » plus, ou encore des « sur-actifs » du sexe, mais qui veulent surtout leur propre plaisir, celui de LEUR corps.
Ensuite, il y a les parleurs qui parlent tout le temps, sans écouter les autres, perdus qu’ils sont dans leurs logorrhées. Ils vivent dans et par leurs monologues.

Enfin, il y a les « cérébraux » qui vivent dans leur pensée. Ils n’écoutent pas le monde, et n’ont pas forcément envie de parler.

Ceux-là ont leur mental pour prison-refuge-forteresse.

On peut aussi considérer que chaque individu « fonctionne » un peu des 3 façons. Un « mixage » privilégiant telle ou telle tendance.

Pour ma part, j’ai une majorité de cérébralisation.
J’essaie de me sortir de mon mental.

Ma Foi n’est pas une façon d’exercer ma fidélité de façon absolue. La fidélité et l’honnêteté étant pour moi 2 des qualités primordiales.

Depuis aujourd’hui, midi et soir, je mange dans « la grande salle », en dehors de « mon pavillon », le B3.
C’est plus facile d’avoir du rab’.

28/03/02 :
Mes ballades dans Paris me manquent.

Pourquoi je n’ai pas encore trouvé ma femme ?
Imagine que l’essentiel pour toi soit de trouver une boite, une boite dans laquelle tu pourrais enfin poser, cacher, protéger ton cœur.
Prendrais-tu n’importe quelle boite ?

En fait, cette hospitalisation (hospitalisation libre) est bénéfique, peut-être même salutaire, car elle me permet pour la première fois depuis mon âge de raison – 7 ans – de me REPOSER.
Oui, cela fait 25 ans que j’étais en éveil, aux aguets, toujours prêt pour…la Vérité.
25 ans de « travail et veille » sans jamais un jour de repos.

Enfin je commence à me reposer.

Voilà pourquoi depuis avant la Mi-Carême je n’arrivais plus ni à dormir ni à manger. Du moins avais-je perdu le sommeil et l’appétit. du coup je me suis débarrassé de toutes les « normes « sociales, jusqu’à sortir nu et courir nu, comme…un nouveau-né.

Maintenant j’ai compris qu’il fallait, non : faut me reposer, et je « cible » plus ma veille et mon travail.

Le souffle semble indépendant des sens. Et les sens sont annexes. Le Sens vital-existentiel est le sens concerné par le souffle. C’est un toucher intérieur. Les autres – vue, ouïe, goût et toucher externe – sont ANNEXES par rapport au souffle.
Et ils peuvent nourrir le Soi, ou le perturber.
Le Soi du Souffle est IMPERTURBABLE, mais il donne, se partage via la Parole et les sens.

Je ne sais pas si ça existe déjà, mais depuis un mois à peu près j’ai en tête un nom symbolique de personnage : Luke la main froide (alias la mort ?)

Encore une fois : en finir avec l’affectation de la « bonne attitude, la « bonne » attitude affectée.

Imaginer pour « Luke la main froide » un gars qui a cherché la Vérité, a trouvé qu’il fallait éliminer la mort, qui l’a affrontée et qui en sauvant tous les humains a vaincu la mort à son détriment car il est devenu lui-même la mort.
Il est alors condamné à éviter les humains car tout individu qu’il touche meurt. D’où son nom Luke la main froide.

Ca rappelle quelque chose ???…

Donc je ne me suis pas trompé : Luke la main froide est bien un titre de film, avec Steve Mc Queen [non : avec Paul Newman].

Pandiculation : c’est ce que je pratique, sans en savoir le nom : mouvement qui consiste à s’étirer bras et jambes tendus, en bâillant.

Je dois sortir des dessins animés pour entrer et accomplir mes desseins animés.

Centre d’étude de la Kabbale
22 rue Nicolo
Synagogue de l’Union libérale israélite de France 24 r Copernic

le Picatrix : grimoire sorcellerie.

Auto-générer sa propre joie, en riant et souriant intérieurement, même en forçant s’il faut, pour ainsi irradier de joie afin qu’autrui en profite.

Si tu te sens mal à l’aise c’est que tu n’es pas à TA PLACE; que tu n’occupes pas exactement TON ESPACE, mais tu t’éparpilles ailleurs.
Et cette place c’est ton corps et ta sphère « perceptuelle » dont le centre est ton « appel pneumatique ».

J’ai du mal à ne pas m’observer, non par narcissisme mais doute et inquiétude de ne pas agir « optimalement ».

C’est pourtant simple : cesser le perfectionnisme pour tout. Choisir où l’on est perfectionniste, et pour le reste ne pas s’y attacher ni s’en emparer.

Les mauvaises questions ne trouvent que de mauvaises réponses.

29/03/02 :
Les draps et serviettes sont changés chaque jeudi.
Etonnant et intéressant : aujourd’hui en me promenant, je vais sur une des routes que je n’avais jamais empruntée, je trouve sur la route des feuilles consumées d’un livre du genre de ceux que je lis en ce moment, sur le taoïsme et la spiritualité chinoise.
Après recherche, je trouve dans l’herbe avoisinante les restes du livre brûlé, dont la première page bien lisible.
Il s’agit…..du Yi-king.
Un peu surprenant…..

Le temps n’existe pas et pourtant…mieux.

Au vu et ouï de ce que je perçois ici (même si « médicamenté ») je m’interroge et j’aimerais qu’on me dise ce qu’est la NORMALITE.

Le passé ne subsiste encore que par la Parole.
Ainsi pour évoquer la Vérité du passé c’est parole contre parole.
Le passé réside dans la mémoire; pour et sur laquelle il est EMPREINTE.

Ca m’agace cette mollesse que m’instillent les médicaments.
Du coup comme ma colonne se relâche quand je dors, au réveil j’ai des douleurs assez « appuyées » et oppressantes au niveau lombaire.

Où je redécouvre que l’imperfection nourrit et fait partie de la perfection…

30/03/02 :
Curieux et gênant comme les médicaments que je prends me font me tenir plus droit (« bien » droit) mais en contrepartie je me réveille le matin avec des douleurs lombaires.
Ceci dit elles sont de moins en moins pénibles; elles tendent à disparaître.

Réaliser que j’étais très et trop prétentieux, orgueilleux et présomptueux dans mes DELIRES.
Simplicité.

Tout simplement je ne connaissais que très peu de l’Amour, et je me permettais de juger les gens sur leur façon de faire vivre l’Amour.
Petit vaniteux.

Notre vie est COMPENSATION.
Production destinée à compenser 1 manque, 1 vide initial, originel.

Nous ne faisons somme toute que compenser nos manques. Cela va de l’alimentation (compensation du manque des besoins) à l’Amour (qui compense un manque d’unité, d’affection, de chaleur-tendresse)

L’humain est un être compensateur.

Tous égaux dans et par l’Amour !

La mort est une mauvaise idée.

Pour vivre tranquillement, voire même sereinement, éviter les questions et les regards en arrière.
Aller de l’avant en confiance.

Je répète : la perfection COMPORTE l’imperfection.
Car, la véritable perfection est, en fait, PERFECTIBLE.
Ni figée, ni arbitraire, ni définitive.

C’est ce que Jésus signifie, notamment par : « Aime ton Mal-Ami comme toi-même ».

Aime ton imperfection et fructifie (comme Dieu le dit aux humains en Génèse 2) : améliore-toi.

Qu’est-ce que je deviens ?
Je CONTINUE de M’AMELIORER.

Mystère : je l’accompagne.

Cette vision d’un grand élan berçant et secouant dans ses bois un loup hilare.
[Il s’agit d’une image furtive, en « flash », dans ma tête, façon « hypnagogique » que j’avais eue dans la semaine qui m’avait amené au 10/03/02, et qui me revenait de temps en temps lors de mon 1er séjour à l’Institut]

Perfectionniste obsessionnel
j’avais également la superstition obstinée des enfants.
Une espèce d’animisme…

Allons, mon cher ! La femme est tout de même plus qu’un agrément.

Qu’est-ce qui est préférable ? Un faux rire ou un vrai sanglot ?

Mr Bahman PAHLAVI me dit qu’Hitler aurait dit : « Il existe un seul honneur (et) c’est le travail ».

Ce qui est curieux c’est que M. PALAVI parle à peu près bien – au niveau du débit – quand il s’énerve ou est en colère, ce qui est très rare.
Le reste du temps c’est encore plus qu’un bégaiement. Il annone et arrive avec difficulté à commencer ses phrases.

Aimer. Jusqu’à vomir mon coeur.

31/03/02 :
Nous voici donc le dimanche de Pâques.
Jour commémoration de Pessah : le saut qui a libéré l’Israël (les fidèles de Dieu)
Qui plus est c’est un dimanche, 7ème jour de la semaine donc shabbat pour moi.
Dieu sait, Dieu aime et Dieu est aimé.

Je vais à mon tour être libéré de ma « maison de servitude » qui m’a amené dans cet hôpital psychiatrique, je vais me libérer et être libéré de mon mental.

Humble, sacre bleu, être humble.

Je réalise qu’il faut que je cesse de CONTROLER tout ce que je fais; plus exactement : cesser de tout maîtriser, mes sens notamment.
Ne plus maîtriser ma SENSIBILITE.

Pour cela je suis UN, et non mes actes plus mon sur-moi contrôleur et juge, mon moi-censeur qui fait que je ne suis pas pleinement mes actes et qu’en plus je me dédouble pour les scruter.
Ne plus maîtriser ma sensibilité. Vraiment ! Je le répète :
NE PLUS MAITRISER MA SENSIBILITE.

Et pour cela : cesser de l’intellectualiser. La sensibilité est avant tout charnelle.
Toucher le monde avec ma « pulpe » et non avec mes idées, ni mes connaissances.

Depuis longtemps (plusieurs années déjà) je trouve mes briquets, sans avoir à les chercher. Je trouve des briquets dans la rue.
Or depuis que je suis à l’Institut j’étais ennuyé (1 peu) de ne pas avoir de briquets; car je tiens pour important de toujours avoir avec soi de quoi faire du feu (pour la lumière et la chaleur)
hé bien, en me baladant ce matin je trouve 1 briquet (jaune !…) dans un endroit étonnant : un carré de gazon où personne ne va.

Signe, signe…Dieu sait. Dieu Merci.

Oui, Dieu est Souffle. Voilà pourquoi on peut l’entendre et non le voir, quand on est vivant.

J’avais l’Amour en friches.

Il y a au moins une différence entre l’éveil et le rêve, entre ces 2 formes de réalité.
Dans l’état de veille on est VULNERABLE, alors qu’on ne l’est pas dans le rêve.

De même, personnellement, je ne perçois pas de TEMPERATURE durant mes rêves.
De fait, moi-sujet dans mes rêves est essentiellement voyeur (en premier) et auditeur.

Il me semble que mes rêves sont surtout, le plus souvent, de couleur orange, jaune, vert.

C’est la quête de la Connaissance-Réalité-Vérité- qui m’a fait perdre le sommeil.
Car la Connaissance ultime c’est l’Eveil perpétuel avec, donc, perte du sommeil.

Mais mon coeur avait adopté un rythme constant de 100 battements par minute.

Et comme la connaissance-vérité-réalité est au-delà des mots, donc pensées, le fait de ne pas y être préparé provoquait une confusion inquiète des idées.
Avec perte d’appétit, ou plutôt plus d’appétit car alors le sujet effectivement ne se nourrit pas uniquement de pain mais aussi de toute PAROLE issue (de la bouche ?) de Dieu.
De fait, je me nourrissais de la Parole qui fait pénétrer toujours davantage dans la réalité.
Jusqu’au moment où se pose le dilemme : plus de connaissance menant plus rapidement à la mort, ou moins de connaissance, en tout cas moins rapidement, donc plus de « longue vie ».

Je suis au stade où je SAIS que la connaissance, « la science » est une voie négligeable et moins « bonne » par rapport à l’émotion, la sensibilité.

01/04/02 :
Curieux poisson…

Certes, ne plus être perfectionniste ni obsessionnel, mais néanmoins chaque jour, à chaque instant réapprendre à vivre, ou plutôt être EXACTEMENT SOI.
Et pour cela, bien entendu : le Souffle, la voie du Souffle.

Soit écrit en passant : les médicaments font que je me réveille avec des douleurs lombaires, ils m’assèchent la bouche, me fatiguent et dernier « effet secondaire » ils me constipent beaucoup !

Comme en plus je mange beaucoup de pain…

Je commence à trouver le temps long et répétitif : médoc petit déj puis médoc-déj puis médoc goûter puis médo-dîner.
Et entre ces activités : peu de choses, d’actions.
Je commence à arpenter les petits couloirs de mon bâtiment – le B3 – en loup, ou tigre dans une cage.
En avant, il est midi nous allons manger.

Je viens de recevoir une carte-lettre de mes collègues.
Ca me touche beaucoup.
J’en suis tout ému et content.
C’est vraiment gentil.
Je suis content.

L’Amour papillon
couple d’une journée
ultime
virevoltes et étreintes
totales.
Entre une aube et un crépuscule,
S’éveiller, s’unir planant
Traits d’union d’une date
Les ailes s’emportent jusqu’au coucher.

Je pense que ce que j’ai vécu dans le camion des pompiers qui m’ont emmené à l’hôpital Mignot, d’où ensuite j’ai été emmené à l’Institut Marcel Rivière, en ambulance, ce que j’ai vécu c’était…une petite mort. L’effet était un effondrement de mon univers cognitif avec rétrécissement de celui-ci.

Avant cela j’ai « optimisé » (?) mon corps, jusqu’à sortir tout nu, de nuit dans la ville de Maurepas.
Puis m’étant retrouvé tout nu devant la porte de mon immeuble close j’ai donc pensé à mes parents, plutôt qu’à mes clefs, tout simplement, que j’avais cachées dans les bois.
Mais c’est tant mieux car ce séjour en H.P (pas sévère…) m’a été très profitable.

Ne plus être perfectionniste en tout, mais seulement pour ce qui me passionne vraiment, et ne plus être obsessionnel.

La perfection est moins intéressante que le perfectionnement.

02/04/02 :
Comme personnage « excentrique » ici, il y a un gars qui n’aime pas qu’on lui adresse la parole, mais qui reste parfois bloqué à vous regarder.
Il y en a 1 autre qui est un provocateur, comme pour éveiller la colère.
Et puis il y a ceux qui restent enfermés dans leur chambre, de leur propre volonté.
Des femmes uniquement.
La psychologue en chef, avec qui j’ai des RDV s’appelle madame Sintes, prononcer Saintesse…

Curieux que le doigt le plus long soit au milieu, et que plus on s’éloigne du pouce moins les doigts sont forts, avec le plus faible : l’auriculaire…
Je viens d’écrire ça à Gilles R et Solène F.

Quelle audace le bonheur !

L’individu qui est sur la Voie n’a rien à craindre des humains.

Les médicaments doivent aussi influer sur mes gencives, car la jonction de mes dents est modifiée, mon maxillaire supérieur ne « s’emboîte » plus aussi bien avec l’inférieur.
Les femmes qui font le ménage sont très consciencieuses.
On change la literie tous les jeudi.

Il y a des écureuils dans le parc. Et hier j’ai vu des corneilles ou freux qui attaquaient et poursuivaient un écureuil sur un arbre. C’était étonnant.

C’est entre autre cela l’orgueil : le fait de s’entêter à s’intéresser et se MELER de ce qui ne nous CON-CERNE PAS.
Rester dans son domaine, sa PLACE.

Je préfèrerais que cette hospitalisation ne constitue pas l’événement marquant de l’année 2002.

Avoir le moins possible d’INTERMEDIAIRE entre la réalité et soi.
Plus exactement et précisément : se poser, et avoir, le moins possible d’intermédiaire-obstacle entre l’intérieur (« Soi ») et l’extérieur (« Autre »)
Etre en CONTACT IMMEDIAT avec l’Autre, le Monde.

Mieux vaut l’erreur des sens que l’erreur des idées.

Peut-être acheter :
« Dieu d’eau » par Marcel Griaule. Entretien avec Ogotemmêli chez fayard.

Si tu veux une vraie liberté, vainc ta peur de la mort puis débarrasse t-en.
La sagesse est préférable à chercher et acquérir que la connaissance.
La sagesse est modération et chercher la connaissance avec modération.
D’ailleurs quand on commence à être sage, la connaissance n’a plus à être cherchée : elle se trouve.

Acheter : Pharoah Sanders « Save our children » ??
Pas sûr. J’écoute.

03/04/02 :
L’ennui avec les monothéistes c’est qu’ils se transforment souvent en mono-maniaques.

Content ! Suite à un nouvel entretien avec Mme SINTES, elle a changé d’avis : elle me propose de sortir vendredi (après-demain) et de revenir le 09 pour voir comment ça s’est passé, suite à quoi je sortirai définitivement, avec une médication.
CONTENT !!

Le jeu d’échecs est très important pour ici. Cela permet aux gens – uniquement des hommes, d’ailleurs – de s’occuper en se servant de la pensée.
D’ailleurs s’il n’y avait pas de jeux de société, cela deviendrait rapidement très pénible.

En tout cas, je répète : on mange bien ici.

Pour expliquer hier ce qui m’était arrivé le dimanche 10 mars, j’ai lu un passage de Tchouang tseu, juste le début de « Principe d’hygiène » du livre de Tchouang-tseu « L’oeuvre complète ».
Je l’avais lu à papa et maman, la veille, et ils m’avaient conseillé de le lire à Mme SINTES.

Sortir de ma tête, de mes pensées, de mon mental !
Ne plus (au moins pour 1 temps) APPRENDRE à vivre, mais tout simplement VIVRE, sans M’OBSERVER.

Le monde est femme, notamment MA femme, que je pénètre pour notre plaisir (et la connaissance) pour, avec et dans l’Amour.

La première chose que je ferai une fois que je serai sorti d’ici et rentré chez moi ?
J’écouterai de la musique sur laquelle je DANSERAI.

Le perfectionnisme tente la faute…

Pleurer pour éteindre le feu morbide de la tristesse ? Non, rire : placer dans un laps le joker du jeu vital.

Je suis le même que quand j’avais 7-9 ans.
Mais avec plus d’expériences que j’ai pu transformer en…sagesse, sagesse que je continue d’acquérir.

05/04/02 :
Contrairement à ce que certains prétendent et veulent faire croire, le message christique RESPONSABILISE l’Humain. Chaque humain est responsable de ses actes, de ses intentions.

Alors que le Bouddhisme ou d’autres religions, par la soumission aveugle et par le non-agir, le non-faire déresponsabilisent l’individu et par là même le nient.

A minuit moins 6…
Histoire de l’homme qui veut comprendre le monde, l’Existence, le Vécu.
Je peux dire je comprends, mais pas…j’ai compris.
Minuit moins 5.

06/04/02 :
Mise au point définitive (expression qui en fait ne veut pas dire grand-chose. « Mettre au point » ???)

J’ai donc découvert, ou j’en suis venu au point de considérer que ce qui anime principalement la plupart des humains est : la COMPENSATION.
Ma façon de compenser était due au fait que je considérais, inconsciemment ET consciemment, que ma vie n’avait pas assez d’ENJEU, ni celle des autres.

Peut-être influencé par les films d’aventure vus dans ma prime enfance, je voulais qu’il y ait des « aventures », des risques, des enjeux importants dans ma vie, et qu’ils dépendent de moi.
Je me suis donc transformé en héros de ma vie.

Ho et puis tant pis, je sais ce qu’il en a été et ce qu’il en EST.

Je cesse d’INTERPRETER le monde en sorte d’être le héros qui lutte pour le monde.
Je cesse d’INTERPRETER car je cesse de COMPENSER, car je cesse de…MANQUER.
Et si je MANQUE, hé bien ce n’est pas une raison de me FABULER. Je cesse de COMPENSER et d’INTERPRETER.

Et ne plus chercher « d’expérience mystique ». D’abord parce que j’en ai déjà vécues, au moins UNE de tendance absolue, et ensuite parce que la vie elle-même, en elle-même EST une expérience mystique.

En tout cas, le plus important est de NE PAS INTERPRETER, et ne pas « aller » vers l’interprétation.

Je ne trouve toujours pas de meilleure épitaphe à graver sur ma tombe que :
C’est fait.

…Et s’il faut jouer, je joue ma vie. Je n’ai qu’elle…

La liberté ? C’est l’espace entre mon plaisir et la douleur d’autrui.

10/04/02 :
Ca y est ! Dernière entrevue hier avec le Dr Sintès, avec papa et maman.
Le Risperdale ! Quelle saleté de médicament. Il m’oppresse, me fatigue, me comprime et freine le « champ existentiel ». Bon, ça suffit !

Réaliser encore et encore que ce qui me manque ce sont les « autres », les gens, qui l’ont.

12/04/02 :
Il est temps d’en parler…
Je suis de retour à Marcel Rivière.
Depuis jeudi, hier, le 11, j’ai des bouffées crises d’anxiété.
Sans savoir d’où ça vient, ni quelle en est la cause.
J’ai le coeur qui bat vite et une tension faible.
Comme si j’avais des marathons à courir
et que je ne les courais pas.
Mais le pire est que je vivais cela dans l’anxiété,
une grande inquiétude sourde,
intangible, mais bien présente dans mon corps.
Comme si on me « chiffonnait » l’âme.

13/04/02 :
Je suis donc revenu le 12, j’ai expliqué mon K à mme Sintes qui m’a filé 2 médicaments et…je me suis réveillé…aujourd’hui vers 7h.
Ca m’a fait 1 curieux effet. Dormir plus de 24 heures…

Maintenant je reprends matin-midi-soir du Risperdale + du Tercian + à la demande : du Tranxen.

Mon inquiétude n’est plus là mais je la sens qui rôde.

Je dois agir : exercice, volonté, ténacité, précision et Amour.
Amusant tous ces mots font partie de ma « liste idéale ».

15/04/02 :
Dommage j’aurais dû voir ma psy et recommencer à travailler.
Malheureusement, avec mes crises d’anxiété j’en suis incapable.

Au moins j’ai des médicaments qui semblent efficaces contre l’anxiété.

L’anxiété c’est comme un chiffonnement,
des tripes, le ventre ou le corps broyé et refroidi et fébrile,
A L’INTERIEUR sans savoir pourquoi ni d’où ça vient…
Très pénible.
Je commençais déjà à envisager des velléités de suicide
pour mettre fin à tout ça.
Je dois trouver ma guérison.
Me reprendre en main,
même si j’ai l’impression d’avoir un être invisible,
intangible en moi qui me chahute, me froisse et me chiffonne.

Je vais essayer de tenir ce journal durant toute ma nouvelle hospitalisation…

Me revoilà consigné en « pavillon strict », ce qui signifie que je n’ai pas le droit de vaquer au-delà de la terrasse.
Heureusement il y a du soleil.

Je viens d’apprendre par Basile MINEL un de mes co-patients (et il faut l’être patient…) qu’une fille vient de partir sur un brancard, apparemment suite à une tentative de suicide. On emploie pour désigner ça le sigle « T.S ».

Effarant de parler d’une vie, comme cela, en une phrase.

Soyons honnête : il semble que j’aie développé une névrose.
Hé oui une névrose, je suis un névrosé de type phobique.
Reste à lutter pour triompher de la névrose, de ma névrose.

Je sais déjà que ce qui m’inquiète c’est la « borne du futur » : rien à faire, juste attendre les repas et prises de médicaments et guetter d’éventuelles rechutes d’anxiété.

Les crises d’anxiété montaient et me paralysaient ou m’agitaient. Ceci dit j’avais réussi à les contrecarrer en ne PENSANT et imaginant qu’UNE seule « chose » à la fois et lentement.
Le but, encore, l’objectif-cible-raison.

Depuis que je suis ici je ne fais presque rien (échecs parfois, Pictionary) je discute vaguement mais j’ai le cerveau…vide. Je suis ABSENT à moi-même.
Et je suis dans une phase d’attente. J’attends tout en étant absent.
Se ressaisir : là encore être PRESENT.

A la limite c’est l’absence de réponse à la question : « Que faire ? » qui m’inquiète…

17/04/02 :
Bon. Considérer que tous les obstacles et adversaires peuvent venir de mon « intérieur » mais les traiter comme des « extérieurs », des adversaires venus et frappant de l’extérieur.

Soyons honnête : j’avais un cerveau qui était efficace pour les spéculations – surtout mystiques – et peut-être que je l’ai fait s’engouffrer dans la névrose.

Hé oui ! Je pense que….d’ailleurs en voici 1 autre preuve : j’écris ce que j’ai déjà écrit hier.
Mais il faut dire qu’on a rien à faire ici. Et je ne peux même pas sortir, étant bloqué pour le moment en « pavillon strict ».

Mais j’apprends peu à peu à gérer mes accès d’anxiété, je les empêche de me submerger.

NE PLUS S’INQUIETER.

Le problème aussi c’est qu’il n’y a rien à faire. Alors on attend que passe le temps qui nous achemine du petit déjeuner au déjeuner puis au goûter et au dîner puis au coucher. Et la même chose le lendemain. Et ainsi de suite…

La culture ne sert à rien, sinon à frimer. Elle forge une espèce d’à priori vis à vis des oeuvres, empêchant de les percevoir d’une façon spontanée, « vierge ».

Quant aux connaissances non plus elles ne sont pas très utiles, sauf bien entendu les fondamentales, essentielles pour la sauvegarde de l’individu, du genre : le feu ça brûle.

Le reste, TOUT, est et ne doit être QUE EXPERIENCE, sensation immédiate, sans INTERMEDIAIRE formé par la pensée, qui d’ailleurs renferme aussi la culture, la connaissance.

Ne plus parler du passé; de même, ne plus questionner sur le passé, et même ne plus questionner du tout.
Eviter la question.

Juste…..pourquoi la douleur ?

« Amusant » j’ai un nouveau comprimé – à la place du Risperdal, qui ne me convenait pas – et il s’appelle….Lilly !!
Lilly 4116. Etonnant.

Ah Dieu !…Pour qui j’ai tout perdu, lâché, abandonné, tout, oui tout. Il ne me reste plus rien, je ne suis plus rien. Tu m’as donc perdu toi aussi, en conséquence ?…
Toi seul sait, toi seule, toi seul. Vous Dieu-Homme et Dieu-Femme, vous m’avez perdu ? Ou non ? Je vous aime toujours au-delà du dépit.

Je vous aime Ô Dieu.

18/04/02 :
Que dire de l’anxiété, dont je ne souffre plus heureusement ?
Cette froissure de l’être, ce chiffonnage de l’intérieur, effondrement et oppression insaisissable de l’âme.
Une dilatation d’une radiance froide, dans le ventre et la tête.

Et cette impression d’être en retard pour quelque chose inconnu, inaccessible.
Une impression d’être un évier qui se vide.
Un froid, une froideur à la place du ventre et du coeur.
Une espèce de « grippe retournée » vers l’intérieur.
Une oppression auto-générée.

Le rire, voilà (entre autre) ce que Dieu aime et cherche. Et…à nous de le trouver. Que vive le RIRE !!!

Ca y est ! C’est cela que je veux : chercher, trouver et faire vivre le rire.

19/04/02 :
Quand crient les corbeaux…

Du rire aux larmes ?
Non, j’ouvre le chemin
qui va de l’alarme aux rires.

Patienter ! Voilà bien un maître-mot, surtout ici.

Oui, mon esprit est un glouton.
Vraiment.
Glouton mais gourmand car il ingère sans cesse ce qu’il aime :
des explications du monde, des connaissances et de la sagesse.
Me rendre plus sobre.
Peut-être même commencer par une diète.
Il y a longtemps que l’idée et même : l’envie me vient d’arrêter TOUTE lecture, et de me consacrer au monde « réel », matériel, physique.

Quitter la Lettre pour l’Esprit.

Je suis (nous sommes) une sensibilité intentionnelle.

Le schizo freine et l’autre part à Noïa.

Nous sommes : Souffle, Sensibilité, Appétit, et (oui, oui…) Amour.
A la base…Normalement…

Et que m’importe de Savoir ?
Si…je l’ai déjà dit : cela peut m’aider à « mieux » vivre.

Ah et j’oubliais : nous sommes également Manque, ou au moins En manque.

J’en ai assez, tout cela je l’ai déjà écrit. Je ressasse.

Souffle Sensibilité Appétit et Amour. Quant au manque…..vivent « les Autres » !!!

Vivre cela sans interpréter, vivre et prendre tout au premier degré avec l’innocence qui est la nudité de l’humain honnêtement amoureux. Tel un enfant.

Ne plus chercher et se trouver des symboles dans le monde.
Pas d’INTERPRETATION de la réalité, de l’Evénement.

20/04/02 :
Le médoc, en remplacement du Risperdal qui ne me convenait vraiment pas (l’anxiété était d’ailleurs en tête des effets secondaires indésirables) est le Ziprexa (pas sûr de l’orthographe)
Ziprexa…donc continuons.

Une brute sensible
ou une sensibilité brutale ?

21/04/02 :
Je ne connais pas de « petite vie »,
je ne connais que l’Immensité,
vécue plus ou moins bien.

Mes accès d’anxiété étaient dus au Risperdal que je prenais, et qui pour moi était déconseillé. J’ai passé, ce jeudi là 11 avril, la période la plus désagréable de ma vie, ou au minimum aussi pénible que le paludisme.
Oui les 2 se valent car le palu m’a « tenu » plusieurs jours, mais le Risperdal m’a mis dans l’anxiété forte toute une journée, qui fut vraiment désagréable.

Lilly 4116 : Lilly est le nom du laboratoire, de la firme qui produit le Zyprexa.

Je ne CHERCHE plus, je VEUX;
Et je veux notamment traduire et commenter les livres qui me semblent les plus intéressants et même importants. A savoir la Génèse et les livres sapientiaux.
D’ailleurs à Marcel Rivière Hospital j’ai commencé la traduction de l’Ecclésiaste et c’est déjà « bon ».

Je vais écrire moins dans mes « carnets d’en-train ».

22/04/02 :
Le dimanche (hier) « ils » nous servent à chacun un bon croissant. Gentil.

Je commence une traduction de l’Ecclésiaste. C’est un texte piégé et la plupart des traductions que j’ai pu lire s’engouffraient dans les pièges, en faisant un texte pessimiste et misogyne.

D’une certaine façon mon hospitalisation présente des « avantages » idéaux : je suis nourri, blanchi, chauffé, avec literie tout ça pour « rien » (de ma poche) et de fait plein de temps libre pour me consacrer à ce que j’adore : les textes sapientiaux de l’Ancienne Alliance et l’hébreu biblique en général.

Donc : au travail.

Tu penses, tu penses, tu parles
et puis tu t’arrêtes devant un lilas en fleur,
et tu abandonnes avec joie tous les mots.

Je me souviens que quand j’étais en primaire et que je répondais « parce que ! » à une question, j’étais agacé qu’on me dise (les adultes) que ce n’est pas une réponse.
Mais je réalise aujourd’hui que c’est de là (je m’en souviens clairement à présent) que j’ai compris l’importance de bien maîtriser la langue, les mots.
Et c’est de là que j’ai commencé à faire des phrases sinueuses pour répondre sans vraiment répondre, mais surtout avoir l’avantage sur mon interlocuteur.
Je découvrais le pouvoir des mots, de la pensée et de l’attitude.

Je pénétrais les codes discursifs et comportementaux, afin d’avoir un ascendant et de me préserver.

De là j’ai emmagasiné du vocabulaire et de la « tenue de discours » jusqu’au lycée à peu près.

23/04/02 :
Pressé de jouir je prends tes jambes à mon cou…

Je me souviens que lors de mes crises d’anxiété dues au Risperdal, l’idée de la mort me soulageait…

Hé oui ! Ayant réalisé les capacités des mots et des idées ainsi que de l’imagination, j’avais décidé (inconsciemment et consciemment) de partir à la recherche de la Vérité – et de Dieu – avec la pensée.

J’étais un être spirituel alors qu’il est préférable d’être charnel. Enfin…il faut des 2 mais l’erreur est de partir à la recherche de Dieu, qui est Souffle et Amour, à l’aide de l’intellect.
Il faut VIVRE la VERITE, donc VIVRE DIEU et découvrir pour commencer que nous sommes, nous les êtres vivants, un seul être fractionné en autant de fractions-parties qu’il y a d’êtres vivants.

Véritablement : AIME L’AUTRE comme TOI-MEME.
AIME L’AUTRE TOI-MEME.

Les pétales du pommier jonchent le sol à ses pieds, et c’est superbe.
De petites touches de soie roses et blanches sur la moquette verte du gazon.

Sans oublier la chute des pétales, qui confirme encore que tout VA à la même et SELON la même vitesse. Des pétales aux piétons.

24/04/02 :
Aime l’Autre comme toi-même et trouve le bien-être.

Et pour trouver le bien-être, « sors » de toi-même – (D’où l’ex-tase en grec)

J’ai visionné 1 documentaire sur la voix, et la vision des cordes vocales et de la trachée m’ont procuré des frissons et fourmillements désagréables au niveau du nombril, du ventre et de toute la partie… »scato-génitale ».

Je SAIS maintenant que je suis la Source de conscience de mon monde. Donc à moi d’émettre la joie; pas forcément par la parole : la présence et l’intention suffisent.

25/04/02 :
En chaque Inconnu qui se révèle c’est Dieu lui-même que l’on découvre.

Curieuse expérience cette nuit : j’ai eu des contractions, j’ai joui mais sans éjaculer.
Cela doit constituer ce que dit la notice : trouble de l’éjaculation.
Ca fait un curieux effet : il manque quelque chose.

Pourtant j’avais eu l’impression d’éjaculer, d’où ma stupeur quand j’ai allumé la lumière pour m’essuyer : il n’y avait rien. Etonnant.

Les bourses ou l’envie !…

26/04/02 :
Tes lèvres sur mon front
Roses pétales d’Amour.

Je dois développer (affiner entre autre) le TOUCHER, notamment, surtout, le TOUCHER EXISTENTIEL le TOUCHER VITAL, qui va de la proprioception (à la Télékinésie et) à l’extase.

Acheter TURTOISE : « TNT » bon délire musical, dans le genre de GONG.

Soupe tous les soirs; systématiquement.

27/04/02 :
Maintenant que la fécondation de ses fleurs est accomplie, le vent souffle et fait tomber les pétales du pommier proche de notre bâtiment (le B3 !)

Les pétales jonchent le sol, en partant du tronc. C’est beau, on dirait une constellation, une galaxie d’étoiles roses et blanches sur fond d’espace vide vert.

Mon nouveau traitement aurait tendance à me provoquer des flatulences; nauséabondes qui plus est. Je découvre l’art du PET : sonore, rond qui fait vibrer le côlon et l’anus en sortant d’un coup (quand je le veux, tout de même) profond, caverneux, rond et chaud.
C’est très plaisant comme gymnastique rectale et anale.

28/04/02 :
Que dire de cette hospitalisation ? De longues attentes, vacuité docilement peuplée de musique FM.
Des jeux de société, en marge d’une société de jeux.
Parfois nous parviennent des nouvelles du dehors : encore des morts au Proche-Orient; un jeune élève en Allemagne a joué au ball-trap avec des adolescents, des professeurs et un policier puis s’est suicidé. Consternation ou con sternutatoire ?
L’hôpital n’est pas l’endroit idéal pour découvrir un sens à la vie.
Et je regarde les drapeaux du monde en écoutant Queen et Freddy Mercury qui veut Break free.
Je vis, nous vivons – tous les patients (oh oui !…) du pavillon – dans un véritable Loft Story (qui en est à sa 2ème formule) Les échanges verbaux sont lestés de l’inertie de l’attente, de la patience posée en traitement curatif.

La médication du vide, la pesanteur quasi-sourde pour remède au « je ne sais quoi ».

bah ! J’arrête, j’écris n’importe quoi, à mon tour je cherche à faire du remplissage.

J’ai presque la crainte, un vent fantôme hantant mes reins et mon échine – mon estomac aussi – de ne plus être INTERESSE par quoi que ce soit.

Mais NON ! J’aime ! J’AIME la Vie, même son absurde, même SES inanités, j’aime sa glorieuse aberration. J’AIME !

Baise-moi ou je te tue
ou
Tue-moi ou je te baise…

29/04/02 :
Dure journée ! Celui qui est enfermé en chambre frappe les murs durement (ça résonne dans tout le bâtiment)
et crie, hurle.
A l’instant, 1 autre patiente, Chantal, hurle son dépit amoureux vis à vis d’1 autre patiente : Benjamine, avec qui pour ma part j’ai de bons rapports, surtout basés sur l’humour.
En plus il pleut, et ma main est engourdie par le Zyprexa.

Tout mon corps, surtout au niveau musculaire, est engourdi.
Alors je fais de l’exercice plusieurs fois par jour.

Chantal, qui est alcoolique, a bu de l’alcool fort.
Du coup, on dirait une petite fille qui geint et pleure. Tiens, elle hurle « Maman, maman au secours ». Elle devient aigre, hargneuse.

Ici j’ai réalisé que je n’aime pas les gens lancinants, ceux qui ont la parole lancinante, qui s’attarde et pèse là où ça dérange.
Les « collants » on pourrait les appeler. Les alcooliques ont ce défaut quand ils sont ivres.
Je ne dis pas ça pour Chantal, car je l’aime bien.
Elle est assez masculine dans son comportement comme dans son habillement.
Pas étonnant qu’elle fasse des incursions sur l’île de Lesbos. Elle se dit « bi ».
« Bi » en hébreu : de grâce…

Alternance de pluie et d’éclaircies.
J’ai une petite chambre avec 1 petite fenêtre qu’on peut ouvrir l’espace d’une demi tête de largeur.
Le lit est trop souple, s’enfonce, ce qui fait que je me réveille avec des douleurs lombaires. C’est ennuyeux, limite pénible.
Je m’offre des gâteries à base de chocolats. Je me suis acheté des Twix et des Petits Ecoliers, et ça me fait du bien. L’agréable du chocolat c’est sa texture épaisse et fondante (sucrée) qu’on peut laisser fondre jusqu’à complète dissolution dans la bouche.
Mine de rien, cela m’aide, et me procure un peu de (ré)confort.

Les femmes de ménage s’activent toute la journée du lundi au vendredi.
Résultat le pavillon est continuellement propre.
Et elles changent les draps tous les jeudis.

Il y a, dans l’Institut, une bibliothèque bien fournie. En tant qu’intellectuel j’ai pu lire les numéros de Thorgal que je n’avais pas encore lus.

30/04/02 :
Le gars qui est en cellule fermée devient de plus en plus violent. Soit dit en passant c’est un électeur de Le Pen…
Il frappe et secoue sa porte, il crie et s’agite quasi-continuellement et il se parle à haute voix.
Je me demande s’il se remettra de ce voyage avec lui-même. Une croisière en chambre avec soi révolté…

Le 24/04 dernier aux élections présidentielles, Le Pen est arrivé en 2nde position derrière Chirac et devant Jospin.
Pauvre Jospin, après 5 ans d’un exercice honorable, la France lui préfère Le Pen…
Déprimant.
Depuis ce dimanche, il y a des manifestations quotidiennes partout en France pour rejeter Le Pen.
Les lycéens s’y mettent…Héhéhé…petite ruse pour sécher les cours avec une « bonne » raison.
Demain il y aura des manifestations pro-Le Pen, et anti.
Il risque d’y avoir du sport dans Paris.

La vie en H.P exerce ta patience. On passe notre temps à ATTENDRE. C’est ennuyeux et fatiguant.
Ca ronge.

01/05/02 :
Le mec enfermé continue à affronter la porte.
On dirait qu’ils l’ont mis à décanter…
Ca me fait penser au dressage des chevaux sauvages.

J’ai de nouveau vu « Les aventuriers de l’Arche perdue » à la cafétéria, et de nouveau j’ai loupé le début.
Je ne comprends pas : j’ai systématiquement loupé le début de ce film, culte pour moi. A la limite de l’étrange…Ah ah ah…

L’hôpital psychiatrique peut aussi faire penser aux sables mouvants dans lesquels plus on s’agite plus on s’enlise…

02/05/02 :
L’horizon de ma sortie est encore incertain.
Déjà, alors que nous avions RDV le 30/04, Mme SINTES a reporté notre RDV au 10/5 !…
Et là je lui ai 1 peu parlé ce matin et elle m’a dit : « A la mi-mai »…Pas sure.
Rester calme et patient.
J’ai demandé à papa de m’apporter la Bible Chouraqui et la Bible Hébraïque. Je vais traduire les proverbes.

Un qui geint doucement et ne parle que sous la colère en criant. Il est là depuis plus de 20 ans.
Un autre, de la famille du shah d’Iran qui est terriblement bègue sauf – là encore – quand il crie sous la colère.
Une autre anorexique dont le visage me fait inévitablement penser à un raton musareigne.
un autre, très collant, qui passe son temps à poser des questions. Crispant.
Une autre qui passe son temps à flipper, à rouler des yeux sévères et qui répète souvent en pleine salle publique : « On va tous mourir ».

Sympa l’atmosphère et le cadre.

il y a aussi 2 rastas avec dread locks de rigueur et liturgie cannabinique.
L’un qui marmonne dans sa barbe, regarde souvent fixement sans rien dire ni répondre et qui part subitement dans des rires…fous ?

Et puis souvent, le soir venu (20h30…) on se prépare une tisane.
Pour la tisane, comme pour le goûter, ce sont les patients qui s’occupent de tout : préparation, service, nettoyage…
Pour les autres repas ce sont les femmes de service qui officient.

J’évite de me ressasser le fait que je ne sais toujours quand je vais sortir définitivement.
Cela est une inquiétude.
J’évite de m’y attarder.
J’essaie de m’investir dans mes relations avec les autres patients, mais comme on est toujours ensemble, il est difficile d’avoir tout le temps des choses à se dire. Du coup, nous formons une communauté marmonante…Non, j’exagère. Mais enfin ce n’est pas très agréable.

03/05/02 :
Ce matin mon verre pour avaler les médicaments était déjà rempli. Or le liquide était très amer, un goût de médicament. Je le dis à Mme FRAIRE [une des infirmières] qui me fait apporter un autre verre qu’elle remplit avec le pichet d’eau. Sans rien dire. Etrange, limite louche.

Que faire ? Tout ce que j’ai voulu c’est la connaissance, et toute la connaissance que je voulais, je l’ai (re)découverte. nous sommes Un, le monde entier, espace, temps et matière est Un seul être : une INTENTION.
Et cette intention est en contact avec Dieu par le Souffle. Par le Souffle, l’Humain et Dieu sont Un.

Alors, que faire à présent, où je me rends compte que la connaissance n’est pas une fin en soi ? (c’est plus une faim)

L’Amour, certes, mais comment ?
En se donnant au monde.

J’arrête de rabâcher.
Je suis « délicatement » enfermé, contraint ici. Patience. patience et confiance en ce qui fait être : Dieu.

04/05/02 :
Cesse de réfléchir, interpréter, juger et haïr : et VIS L’AMOUR.

Je l’écris surtout pour faire une phrase, mais…pourquoi continuer de vivre alors que l’amour de la vie est avant tout et surtout haine de la mort ?

05/05/02 :
J’ai voté, bien évidemment, aujourd’hui pour le 2nd tour des présidentielles.
Mais cela n’était pas réjouissant puisqu’il fallait choisir entre Chirac et Le Pen.
Choisir entre la vaseline et le fouet, en quelques sortes.
J’ai refusé le fouet, mais aïe quand même…

06/05/02 :
Après l’excès d’amour-propre, il est grand temps que je passe à l’amour sale.

Son plaisir c’est marcher (elle aussi)
Elle déambule dans tout le parc
avec un manteau-cape des épaules aux mollets
et un pantalon rouge.
Je lui ai parlé : visage assez brillant, cheveux gris, des yeux vifs.
Elle aime marcher, elle déambule toute la journée dans le parc…

La force du point d’interrogation tel un serpent dressé,
un naja au-dessus du point essentiel.

07/05/02 :
Je savoure chaque verset mystique, de la Baghavad-Gita à la Bible en passant par les enseignements de Don Juan, comme autant de friandises suaves et réconfortantes…édifiantes.

[Jeu des mots. Où on « accouple » les mots 2 à 2 en prenant le 1er et le dernier, puis le 2nd et l’avant dernier, etc…de la liste initiale de 32 mots écrits spontanément, et chacun de ces couples fait naître une idée synthétisée par un mot, et on recommence avec la nouvelle liste de 16 mots obtenus à partir des 32, et comme ça jusqu’aux 2 derniers qui aboutissent à 1 mot]

Souffle
Corps
Bien être
Malaise
Inévitable
Amour
Vie
Extension
Mystère
Disparition
Mémoire
Sommeil
Partir
Espace

Intention
Pouvoir
Piège
Mort

Peur
Mort
Rendre

Mort
Trou
Sexe

Douleur
Séparation
Liberté

Sourire
Fourberie
Hypocrite

Rire
Soigner

Choisir
Aimer

Donner
Amour

DIEU

Prendre
Repas

Dieu : l’inévitable disparition.

Perdre
Drogue

Pour que nous puissions vivre.

Egoïsme
Partage

Folie
Nécessité

Sagesse
Paix

Connaissance

Mourir

Fin

Joie

Heureux

Deux

Ensemble

Maladie

Méchanceté

Vérité

Aller

Marcher

Vouloir

Voler

Suivre

Ici

Ce matin « ils » ont oublié de me donner du Zyprexa – j’ai dû le demander – et ce midi par contre « ils » m’en ont mis et j’ai dû le refuser.
Ca fait quand même 3 erreurs de médication en moins d’une semaine, dont 2 le même jour !…

Peut-être que la véritable perfection n’exclut pas le défaut…

Il y a 2 grands types d’individus non éveillés : les somnambules et les hypnotisés.
Les somnambules, en tant que tels marchent, parlent et agissent tout en étant complètement inconscients de ce qu’il se passe.
Les hypnotisés sont ceux qui ont des lueurs d’éveil, des velléités d’éveil mais qui sont captivés par le travail, la télé, les codes sociaux inhibants.
Les somnambules, les hypnotisés et les éveillés.
Cesser d’être hypnotisés.

Ces journées passées à attendre, à distiller la patience.
Ces allées et venues ineptes, avec en horizon la sortie, le retour au MONDE.

Je suis tellement passionné par la vie et toutes ses possibilités et expériences à étudier que j’en suis encore à étudier la meilleure façon de faire tomber les dernières gouttes quand j’urine : à la secouée, à la tombée, à la pressée, et même à la négligée qui vient s’épanouir sur le caleçon.

08/05/02 :
Je fais des abdos, des pompes et des haltères, et un peu de footing pour m’exercer physiquement et ainsi éviter de m’enliser dans cette situation.
Ca va je suis un peu vif.

Je fais des pompes, abdos et haltères (que j’ai ramenés de chez moi) au moins 3 fois par jour, et je peux constater que malgré les médicaments je suis dynamique.
Le dynamisme, l’entrain, l’enthousiasme et la joie : voilà ce qu’il ne faut pas perdre.

Ici ça rappelle un peu les colonies de vacances et un peu l’armée.
C’est un peu une espèce de purgatoire où l’on évolue entre des paumés, des damnés, des trouvés, des perdus et des sauvés.

Qu’importe s’il serait préférable de ne pas l’écrire mais je suis un éveillé qui continuait à chercher l’éveil.
Foin de tous les mots :
j’AGIS DANS LA VERITE PAR, POUR et DANS L’AMOUR !

Il y a aussi quelques brimades dans notre pavillon :
ne pas pénétrer dans la chambre d’un autre, interdiction d’avoir de la nourriture en plus, pas le droit de se préparer son propre thé. [Ce qui ne nous empêchait pas de passer outre, bien entendu – les humains !… – ce qui accentuait le côté « colonies de vacances » et créait des complicités sympas…]
Le pire étant que les infirmiers y veillent assez jalousement. Pas le droit de fumer en chambre. Bref une espèce d’uniformisation des individus et de leurs comportements induits. Déplaisant.

Nous savons, et sommes tous et toutes en phase car nous respirons tous le même air et sommes animés peut-être par le même souffle général, global-total. Le souffle…
UN Souffle, pour Source.

09/05/02 :
Je me dissémine, comme dit Simone…

Je guette la mouette railleuse de ma vie-océan.
Des vaguelettes, du ressac,
probablement une farce galante et implacable.
Sommes-nous les fossoyeurs du rire ?
Je n’ai même plus l’aiguillon du doute,
ni l’amertume aux aguets
de mes tours mes détours mes atours.
oh je fais le joli en me parant de mots,
mais cela encore n’est que crispation prévue
et docilement contrôlée.
Je suis mon propre geôlier
et triture cyniquement mais sourdement les clefs
que je cache parfois dans mon sexe
et parfois dans mon cerveau.
Pourtant j’apprends la vérité improbable du bonheur,
le narcotique du plaisir.
Je ne sais merci qui;
je n’enfouirai plus la vérité dans le suaire des 4 lettres
D-I-E-U.
Je suis bien content mesdames messieurs et vive le bien-être.
Vive l’aise.

Encore tenter de décrire l’indicible anxiété :
un effondrement intérieur, des sables mouvants organiques,
un fantôme dans la maison.
Un âtre froid.
Un rétrécissement de la sensibilité, une condensation des nerfs.
Une peur sourde, qui pousse en avant, toujours plus loin,
la gravité d’un ailleurs inaccessible.
Une agonie sans gisant.

Tant que les pétales de fleurs et les fruits seront mes amis,
j’aurai accès au bonheur.

Cette hospitalisation aura au moins servi à 1 chose : je me suis découvert (ou fabriqué ?) une passion pour le chocolat.
J’en ai trouvé un : « Chocolat noir marbré orange » qui est très bon.
J’adore la façon qu’a le chocolat de fondre dans la bouche, libérant par là toutes ses saveurs.

Je n’aimais plus le chocolat depuis qu’en 1989 à Algeciras – tout en bas de l’Espagne – je m’étais nourri exclusivement de pain et de chocolat pendant 2 jours, faute d’argent.
J’attendais alors Carole C et Ollivier T qui ne vinrent jamais.
J’avais alors acheté du haschich et après avoir fumé mon foie s’était rebellé et j’avais divagué dans la ville, entre frissons et vomissures.

Je n’aime pas avoir à me nourrir d’absences et de départ.
Las, la communion humaine, les rapports humains exposent à cela :
Une absence, une rencontre, un départ-séparation.
Ne pas se laisser choir dans la tristesse ou la mélancolie.

10/05/02 :
Il y a du bleu dans le rouge; du jaune dans le bleu et du rouge dans le jaune.
D’ailleurs les fleurs nous le prouvent.

On peut constater que souvent les systèmes politiques sont d’abord des dictatures puis tendent à être moins « durs », « agressifs », et passent ensuite à la démocratie.
On peut rapprocher cela d’un développement organique : d’abord le plein d’élan de la jeunesse, la force, puis plus de faiblesse menant à plus de douceur avec le vieillissement.

Des pieds, des pas, des allées, des venues.
Pièces vides ou peuplées de rien.
Un ici qui s’étire en quête d’un quelqu’un.
Déambule, incertain, presque velléitaire de l’indispensable.
Contact plus loin, plus près plus audacieux et plus convenus.
J’évolue dans un rien animé de souffles barbiturés.
Permissions, restrictions, régression limite scolaire.
Une faim qui me dépose une ceinture de graisse sur les lombes.
Un vendredi pour aujourd’hui,
toujours ce neuf que l’on rhabille
sans vouloir avouer qu’hier n’a en somme jamais existé
ailleurs que dans notre impuissance.
Mais tout cela écrit est encore frime,
déclarations incantatoires et ostentatoires.
Parce que le bien-être ne hurle pas,
nous divaguons en marmonades pitoyables qui devraient nous faire rire
si nous avions l’honnêteté de notre vie.
Je suis un cheval sans cavalier
qui participe à la grande course vers la haie.
Je suis un coq que la basse-cour réveille.
Je suis un éveil qui cligne de l’âme
et je vous emmerde d’amour mal repu.

NOUS ou pamphlets amoureux.

Oui je suis un humain.
Un de ces êtres perdus en eux-mêmes.
Un de ces vendeurs de gratuité, acquéreurs d’inanité.

Dans quoi affiner mon Amour des scories de la haine ?

Somme toute, le passé a le goût de nos artères.

Les femmes ont raison de vouloir se faire belles pour chaque instant :
c’est leur façon d’optimiser l’instant,
de vivre parfaitement par l’accomplissement de la -leur- beauté.

Bon, je pars en permission-test ce week-end de demain samedi à dimanche soir.
J’aurais préféré sortir une fois définitivement, mais le docteur Sintès préfère « prendre le temps, ne pas agir avec précipitation et voir comment je me comporte « dehors ».

La Vérité c’est ce qui ne vieillit pas.

11/05/02 :
J’adore VIVRE. Que vous dire de plus ?
Je suis amoureux de ce volcan dans mon abdomen,
de tous ces décors et protagonistes autour de moi.
Amoureux ? Je le suis.

Je cherche la foule car elle recèle l’imprévisible.
Des sourires pour imprécations
et des corps nus pour une libido morbide;
la publicité est une subversive prostituée.

Je me suis coûté cher…

12/05/02 :
I scream for ice cream.
Yes ! Ice cream for I scream.

Ce goût mêlé de nostalgie et de mélancolie du dimanche soir…..

13/05/02 :
Tu imagines cacher ta fragrance d’âme
sous des paroles obséquieuses,
empesées de sagesse sentencieuse,
mais tu ne fais que fuir ton véritable objectif :
trouver quelque chose à écrire.
Quelque chose digne d’intérêt.
Pas si simple…

Qu’est-ce qui est essentiel dans cette vie ?
Donner du bonheur à autrui, et à soi.
Donner du bonheur.

Je parie que la Mort a les lèvres fraîches.

14/05/02 :
Le mardi et le jeudi, je fais de la poterie : une nouvelle façon, supplémentaire, de me rendre compte que je ne suis pas vraiment un « manuel ».

L’insidieux bien-être de la routine dans ce pavillon ne doit pas me sédater l’énergie, m’enliser dans une inertie engourdie. Bref : mouvement.
Se bouger et quitter cet endroit de torpeur !!
Je fais des abdominaux, des pompes et je me sers de mes haltères que j’ai apportés de chez moi. Energie !

15/05/02 :
Curieux : il y a beaucoup de limaces dans cet institut. Petites, 4 à 5 cm de long, et marrons avec des « cornes » noires.

Revoilà la marcheuse. Vêtue toute de rouge avec un chapeau bleu sur la tête.
Toujours de son pas traînant-glissé. Elle marche, sans arrêt. Apparemment elle n’est pas très sociable.

Quelles curieuses bestioles les limaces…

Ce midi, à la fin du repas, un gars est venu parler à Julien L [le « rasta » qui passait son temps à regarder fixement, plutôt agressif dans le regard, et qui partait dans des longs rires inexplicables] avec qui je partageais la table.
LAURENT lui a dit « lâche-moi », comme l’autre restait Julien s’est levé et lui a donné un coup de poing fort. Ensuite ils se sont battus tous les 2, il a fallu les séparer.
On pouvait ressentir la colère, la violence, l’énergie d’un combat issu de l’opposition de 2 énergies.
Pas inintéressant…
J’ai bien « enregistré » les ondes ou frissons de colère-agressivité.
Instructif.

J’ai joué au ping-pong (en double avec Basile M [l’autre « rasta », nettement plus sympa] on a gagné presque tous les matches sauf un)
C’est bon pour la concentration. Qu’est-ce qui constitue la balle que nous devons nous renvoyer (« triomphalement ») dans la vie ?
Le Mal, ou plutôt : l’Amour ?

Doit-on jouer au ping-pong avec l’Amour pour balle ?

En tout cas, ce que l’on cherche on doit le chercher avec l’assiduité employée pour la balle de ping-pong.

16/05/02 :
Quand je te vois je pense à Jésus.
Ah bon.
Ouaip. C’est lui qui a dit : « Heureux les simples d’esprit ».

Errer dans Paris me manque. Errer sans autre but que la rencontre du monde.

18/05/02 :
Je suis le rôdeur du bonheur; maraudeur d’extase.

19/05/02 :
A noter que je suis parti de l’Institut Marcel Rivière depuis 2 jours; depuis le 17/05 dans l’après-midi.
J’en avais assez, je suis donc allé voir Mme SINTES le docteur et je lui ai dit que je comptais reprendre le travail le 21/05.
Elle n’a pas eu de réelle objection (tellement surprise qu’elle était, en fait)
Je suis donc « dehors », mais en fait plutôt « DEDANS », dedans la société de nouveau.
Le seul regret c’est d’avoir quitté les gens que j’appréciais dans mon pavillon : Benjamine A, Basile M et Josquin « je ne sais pas quoi ».

20/05/02 :
J’en suis à essayer de percevoir sans obstruer mes perceptions avec la conscience de moi-même.
Le moteur pour cela étant (malgré tout…) mon souffle ou…LE souffle : inspir-expir…De même : y a-t-il un inspir-expir du monde ?
Est-ce que l’univers, dans son entier, respire ?

Connaissance et pouvoir sont quasi-identitques (en tout cas ils vont de pair) La marche est une excellente technique pour acquérir du pouvoir.

Mais le pouvoir ne doit pas être seulement acquis, il doit être employé (dans un mode et un but constructif et bénéfique) sinon il fait « enfler », rend plus perceptible l’individu et peut provoquer l’agression d’autrui volontairement ou involontairement.

C’est la vue qui m’égare.
Mieux dit : c’est par la vue que je m’égare, car je prends l’attitude de celui qui regarde alors que c’est moi que je scrute. Mais vision n’est pas libre. Elle est manipulée et faussée par mon égocentrisme, mon orgueil et mon désir (presque inquiétude) de ne pas choquer autrui par mon regard trop… »pressant », précis, « scrutateur ».

Libérer ma vision. Plus spontanée, plus « légère » (moins appuyée, regard moins « lourd »)

De nouveau le plaisir d’errer, flâner dans Paris. Bien être.

En sortant du métro, station Barbès Rochechouart, je suis arrivé juste à la fin d’une agression : 3 gars sur 1 mec. Ils lui ont volé son sac avec son passeport, argent et billet d’avion. Il était choqué, un gars de Singapour, 30 ans.
Je l’ai amené – avec un autre type français, Hamori je crois – chez les policiers.

Je lui ai donné de l’argent 15 euros et l’adresse de son ambassade. Puis Amaury l’a accompagné à 1 autre poste pour déposer plainte et ensuite aller à son ambassade.
Il proposait même de l’héberger.
Un type vraiment gentil; en plus il était avec son fils en poussette !!!…

Le gars ne cessait de répéter en anglais : « Pourquoi ? Pourquoi c’est arrivé à moi ? ».

La Vérité est que, nous humains, avons peur et honte de la fusion que provoque l’Amour. Cette fusion qui anime tout et fait véritablement jouir, dans laquelle nos petits egos mesquins se dissolvent et meurent pour libérer nos SOI véritables.
De fait, la honte de la nudité, la peur de l’abandon, de la liberté totale (au lieu de…la mort)

Le singulier loup errant de retour dans les steppes citadines…

Un objectif pour canaliser l’être…D’où la force et l’intérêt du travail.

Mais…somme toute, pourquoi canaliser l’être ? C’est de nouveau le contraindre, le limiter, l’enfermer.

Non, ne pas canaliser l’être mais lui donner un objet, une FORME dans lequel s’investir.

La vue est liée, voire contrainte, par la pensée. Quand nous pensons nous « visualisons » notre pensée et nous voyons beaucoup moins (et même plus du tout parfois) ce qui nous entoure. Cependant, même quand j’arrête ma pensée, je continue à me guetter, à m’observer, le regard tournée vers « l’intérieur » de moi.
Donc une fois que j’arrête de penser il me faut alors sortir ma vue, la tourner vers « l’extérieur ».

Il faut que j’aie la même fascination, pour tout ce que je regarde, que j’emploie et que me provoque la TV ou le cinéma.

21/05/02 :
Pauvres poètes : parler de l’Amour avec la mort en haleine…
Que nenni ! Avec l’haleine de vie !

Un des problèmes de la démocratie c’est que les meilleurs ne sont pas forcément les plus nombreux.

Accomplis-toi en respirant.
Et quand tu sens la « boule-obstacle » de la conscience égocentrique de toi, RIS.
Ris, au moins intérieurement : SOURIS.

22/05/02 :
Nous sommes tous et toutes les neurones d’un même cerveau. La Terre, ou plus grand ?
Ou nous sommes les cellules d’un même coeur, qui bat grâce à l’Amour.

Comme la plupart des humains je suis IVRE de moi-même.
Saoulé de mon ego coincé en et par lui-même.
Ivre de moi.
Je dois me dégriser et être à jeun.

La perfection est épicée d’erreurs.

23/05/02 :
Ca s’enfile et ça défile et ça ne tient qu’à un fil…

25/05/02 :
C’est la nuit que je trouve à la colonne Vendôme
toute sa puissance incantatoire de monolithe manufacturé.
Mais de jour, elle me reste tout de même fascinante.

Je viens de donner un peu d’argent à un gars qui faisait la manche assis avec une baguette au bout de laquelle pendait une ficelle tenant un gobelet. Il pêchait. J’ai trouvé ça « excellent ».

Après tout il n’y a qu’UNE chose importante : le BIEN ETRE des gens, de chaque personne. Et je suis bien aise.

27/05/02 :
C’est curieux : on dit la France, les Etats-Unis, l’Angleterre, le Vietnam mais on dit Israël; sans article.
L’identification si forte de la nation avec un peuple « à part » fait qu’Israël est le seul pays qu’on ne précède pas d’un article.

Sarabande de faits et de mots pour petit moi saltimbanque.
Non : encore esbroufe de nanti ruiné de soi-même.

28/05/02 :
Je décide et m’efforce d’avoir un regard très mobile, et de regarder là où je ne regarde pas souvent : les pieds, les hauts de portes, affichettes, etc…
C’est…intéressant comme effet.

Envie d’écrire : « Arrête de m’brouter, j’te jure j’vais t’rosser vilain ».

Parler UTILE, sinon se taire.

30/05/02 :
Tout ce qui tend à la nudité libère l’humain.

02/06/02 :
J’écoute John Coltrane et Miles Davis en concert à Stockholm tout en contemplant les volutes parfumées provenant d’un bâton d’encens allumé.
Bien être. Aise.

03/06/02 :
En toutes choses ne pas être superficiel.
Ne rien négliger et ne pas se débarrasser des choses, mais accomplir pleinement, totalement, ce qui doit être fait; aussi déplaisant que cela puisse être.
On ne se débarrasse pas d’un problème, on le résout.

Pauvre marin égaré
Au long cours de la solitude
Pour moi ton visage
Se fait doux rivage.

Je serai heureux ou au moins soulagé de mourir car c’en sera fini du malheur.
Oui, pour le moins, je serai soulagé d’être mort.
Du reste, je ne suis pas pressé…

05/06/02 :
D’une façon ou d’une autre je suis encore trop imbu de moi-même. Et je ne suis hélas pas le seul. Je m’accorde trop d’importance, je me surveille trop.

Le bruit (la petite sonnerie) qui annonce une annonce de l’hôtesse, quand on vole en avion, est pour moi une touche de bonheur.

06/06/02 :
L’Opéra des ombres…

10/06/02 :
Fichtre ! Je viens de voir un nain aveugle et probablement albinos, mené par la main d’un « valide » dans les rues de Paris.
A la limite ça se passe de commentaire…Quelle vie !

Freddy, mec apparemment sympa, qui entre autre donne des cours de yoga.

12/06/02 :
Remplis et occupe pleinement, totalement ta PLACE (sur les 3 plans de conscience-présence : sensation-acte, pensée, parole)

J’ai un instinct d’ange heureux.

J’aime beaucoup la lumière des orages, semblable à celle que produisent les éclairs. Une lumière très blanche, qui fait tout pâlir, jusqu’aux ombres elles-mêmes.

Fie-toi au SENS PNEUMATIQUE, un sens qui peut se « décliner » en vue, ouïe, toucher, senti.
Ecoute, regarde, touche, sens par le Souffle.

13/06/02 :
Attention ! J’avais remarqué ça quand j’étais à Marcel RIVIERE : je me laisse aller à des pensées mauvaises vis à vis des gens. Une espèce d’amertume. Il me faut être vigilant pour ne pas avoir d’idées agressives ou mauvaises, méchantes.
S’abandonner dans, par et pour l’Amour inconditionnel.

La vérité est toute simple : je cherche pour apprendre et savoir vivre. Pour vivre en harmonie, vivre harmonieusement et paisiblement.

14/06/02 :
La satiété…Quoi d’autre à rechercher et obtenir ? La satiété.

La Vérité est que l’on sait tous et toutes pourquoi on meurt : on meurt pour et par le plaisir. Le plaisir pour lequel nous ne saurions souffrir aucune limite, et avec les frontières duquel nous jouons sans cesse.
Mais celui qui s’interdit les plaisirs essentiellement égoïstes, pourquoi (oui : pour quoi) meurt-il ?
Le plaisir est notre faiblesse, et notre maître.
Mais le plaisir est…nous ?

Décidément, il ne faisait pas bon de s’appeler Baker. Demandez à Norma Jane et à Chet…

17/06/02 :
Même si c’est dur à admettre, la Vérité est que je ne sais pas aimer.
Je pensais que pour aimer il fallait être le plus honnête et fidèle possible : le plus vrai, en somme.
Mais…les gens préfèrent se dissimuler et que l’on se dissimule vis à vis d’eux…Les masques…

Non. Je suis VRAI et je continue. Et je persévère pour essayer de répandre l’Amour, dont MON Amour.

Je viens d’acquérir « Une vie bouleversée » d’Etty Hillesum, livre que j’avais déjà repéré tant le regard de la femme sur la couverture – sans doute Etty – semble authentiquement sincère, lucide et éveillé.

Je n’ai pas encore atteint l’abandon de l’Amour, je suis toujours recroquevillé sur mon égotisme.

Dès la première phrase de ce livre je suis bouleversé.
Là encore, par la lucidité, l’honnêteté et la force et par le fait de savoir que celle qui écrit est morte à Auschwitz. L’horreur.
Je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à la lire. Peut-être si, par hommage (dérisoire et inutile) pour elle.
Mais là encore, je rejette tout espoir; cet espoir qui est tout ce que peuvent nous offrir les « missionnaires » catholiques et musulmans : les plus agressifs prosélytes de l’Histoire, qui continuent encore de sévir.

Je suis fier de mon terme : l’anespoir. Ce n’est pas le désespoir, c’est l’absence d’espoir, nuance.
L’espoir, dites-vous ?
On f’ra sans.

Pour une philosophie « fais (toi) du bien sans faire de mal » ?

Je me lasse vite des appâts rances.

18/06/02 :
Tu es dangereux parce que la haine normalement n’a pas de coeur, mais toi tu lui en fournis un : tu es le coeur de la haine.
Le coeur et le cerveau.
Tu procures à la haine sensibilité et intelligence, pour lui permettre d’accomplir et achever sa nature : nuire et faire mal.

21/06/02 :
Ce médicament que je continue à prendre (je fais ce qu’on me dit : je suis curieux de voir ce que ça va donner) a un effet pernicieux : je ne m’intéresse à rien. Je passe sur tout sans me « fixer ». J’ai l’impression d’être détaché de tout mais pas « naturellement » : malgré moi. C’est ennuyeux, limite pénible. Heureusement je ne m’y attarde pas, mais du coup je suis encore plus errant que d’habitude, et surtout sans entrain ni enthousiasme. Le Zyprexa….

Etonnant…Immergé dans la foule et le son musical de cette fête de la musique, je (re)découvre l’importance de l’ouïe pour la spatialisation et « savoir » PAR où aller.

De fait, je m’assieds et pile à mes pieds se trouve une canette de Lipton Ice Tea pêche non ouverte ! Je l’ouvre et la sirote.
Dieu merci, Dieu sait.

22/06/02 :
J’entretiens depuis plusieurs mois une relation épistolaire, par e-mails, avec une fille, une bretonne – Valérie.
Nous ne nous sommes jamais vus ni parlé, juste des mails. Nous sommes entrés en contact via un mail que j’avais diffusé à beaucoup de personnes et qui lui a été transmis. On ne connaît même pas notre « intermédiaire ».
C’est un peu « magique » comme contact. Et pourtant c’est quasi quotidien. Elle semble y attacher de l’importance, ce qui n’est pas forcément mon cas, mais à force et avec toutes ses petites phrases elle m’est devenue sympathique.
On a dû commencer à communiquer vers septembre 2001 à peu près. Curieux.

Quoi ?! Y a-t-il quelque chose à faire de mieux que prendre du plaisir ?

Les damnés du bonheur.
La fêlure du coeur.
L’anespoir ou le crépuscule résolu.

Clamer fort et clair que je suis HEUREUX de mourir.
C’est ce qui me donne tout mon honneur :
celui d’être libre de la peur et de la tristesse.

24/06/02 :
J’ai discuté avec le psy et il m’a dit que je n’aime pas l’affrontement, la lutte. Ce que je sais bien.
J’aurais dû lui dire que c’est l’effort que je n’aime pas. Ce n’est même pas « pas aimer » c’est simplement un refus physique de l’effort.
S’il y a effort c’est que je dois forcer, si je dois forcer c’est que j’essaie de faire quelque chose contre ma « nature », quelque chose qui n’a pas lieu ou pas besoin d’être. L’effort est l’indice d’un acte « pas naturel », qui me force.
Mais ce n’est peut-être que de la paresse, mais je n’en suis pas sûr.

26/06/02 :
Pour y revenir et conclure : ce qui me dérange avec l’effort c’est que je dois forcer, donc cela indique, prouve, que les choses ne « vont pas de soi ».
Or j’aime que les choses aillent de soi. J’aime que ça aille de soi, sans contrainte, ni effort.
C’est une autre déclinaison de l’hédonisme, en fait…

27/06/02 :
C’est Patricia L L qui m’a remplacé à l’Office quand j’étais à l’hôpital.

28/06/02 :
Bon c’est bien décidé : je me servirai de ces carnets avec parcimonie. Je ne noterai que ce qui….oh et puis zut, des résolutions à 2 poils !!…

Peut-on considérer que rire de tout mène à l’ironie, l’ironie au cynisme et le cynisme au nihilisme ?

29/06/02 :
En art mieux vaut une tentative-création ratée qu’une copie réussie. (Quoique…)

01/07/02 :
Ce qui explique beaucoup de mon comportement c’est que je VEUX MERITER l’Amour de Dieu. Je ne me contente pas de la Grâce (chrétienne) et pour tout dire je suis moins intéressé par l’amour des humains (pourtant…l’homme est à l’image de Dieu, non ?)
Or j’ai eu et ai une approche VECUE de Dieu, mais suis très influencé encore par mes débuts de rapports avec Dieu via la Bible, il y a 10 ans…
J’ai essayé d’être un bon… »chrétien », selon la Bible. Mais j’étais influencé par mon vécu, par le monde et par mes autres lectures.
Je m’allège peu à peu du lourd poids Paulinien. Voilà, entre autre, ce que je vis actuellement.
En plus du médicament toujours fatiguant…quand je le prends…

Et saurai-je vraiment un jour ce que signifiait cet…appel ? cette fameuse nuit de novembre 1992 ?….

09/07/02 :
Les médicaments m’ont fait prendre du poids. 10 kilos (j’ai une barde sur l’estomac) ce qui est beaucoup vu que je n’en pesais que 55. Maintenant je pèse 65 kilos et cela se ressent au niveau des articulations des chevilles et des adducteurs qui sont douloureux. Il faut que je maigrisse pour retrouver mon poids initial.

Je ne sais pas si c’est lié mais depuis que je prends les médicaments j’ai de nouveau envie de me défoncer avec le cannabis, les champignons et l’alcool. Surtout je ressens le manque et l’envie, la sensation physique au niveau de la gorge et des poumons de fumer….
Et c’est fréquent. Prudence…

Les arnaqueurs (sans violence) me seraient plutôt sympathiques. Après tout ce n’est jamais qu’une autre exploitation de l’homme par l’homme…

De par ma myopie
je ne vois bien que ce que je peux embrasser.
C’est amusant.

12/07/02 :
Le stop c’est un peu comme la pêche mais en plus quand ça mord tu peux discuter et te déplacer…

Etonnant : alors que je prenais mon 1er cours de trompette chez Anthony, Carole C m’appelle pour la 1ère fois depuis 2-3 mois. Or quand je sors de chez Anthony je croise à la seconde près : Laurent son ex, qui porte son bébé qui a 5 semaines.
Coïncidence…

13/07/02 :
Je viens seulement de réaliser que le titre de l’album qui m’avait marqué, « obsédé » [le titre, pas le contenu de l’album] n’est pas Sketches of PAIN mais Sketches of SPAIN; ce qui a nettement moins d’intérêt.
Sketches of PAIN : Sketches de (la) douleur, je trouvais cela tellement pertinent, adapté, « existentiel ».
Tant mieux peut-être pourrai-je le reprendre à mon compte….

14/07/02 :
J’émonde l’immonde pour être en phase avec l’onde du monde.

17/07/02 :
Si tu ne sais pas quoi faire, suis la lumière.

Paris n’est pas spécialement une lève-tôt. 8h00 ce n’est pas encore très actif dans les rues…

Apparemment Mozart aurait écrit dans une de ses correspondances :
« Je cherche 2 notes qui s’aiment ».
Je trouve cela…interpellant. C’est à la fois très beau et très triste. Et je ne goûte pas particulièrement la beauté triste…

Je suis encore (trop) plein de haine. C’est notamment au niveau du nombril que je dois « desserrer » mon « étreinte ».

J’ai rencontré une femme « très mal voyante » (comme elle s’est définie elle-même) Elle ne distingue « que les ombres ».

18/07/02 :
Je déteste ces établissements, banques, postes, établissements financiers bien souvent, qui installent des pointes sur le rebord de leurs fenêtres pour empêcher les gens -notamment et surtout les clochards – de s’y asseoir.
Je déteste en fait surtout les gens et leur esprit qui ont pris cette décision. Atroce.

20/07/02 :
Je propose une prière basique : « Ô Dieu Père et Mère daigne soulager tous nos besoins et nous éviter la douleur. (Sois en remercié, merci) Amen ». Pas mal, non ?

29/07/02 :
Dans la Quête de la Connaissance Vérité Liberté, ne te néglige pas.

09/08/02 :
J’inscris des mots.
Autant de traces.
Des lettres, des signes.
Nécessairement des souvenirs :
tout évolue.
Je n’ai plus rien à dire car le début est perpétuel et partout.
Sûr qu’il a fallu une mort,
une fin pour que tout cela commence.
Boucle.
Spirale plutôt.
Spirale.

12/08/02 :
Dieu est Femme.

La paresse fait pourrir. De quelque façon que ce soit la paresse te pourrit.

Trouve ton calme. Pas « le » calme mais TON calme.

Il me faut vraiment lutter contre la paresse. C’est mon véritable adversaire. A l’oeuvre ! (A noter que par cette formulation j’évite les mots « effort » et « travail ») A l’OEUVRE !

En arrêtant de m’étudier je me sortirai de ma névrose, ou de celle qui point en moi à coup d’anxiété par angoisse face à une certaine vacuité de ma vie.
Mais je me suis tellement « construit » en me prenant pour « terrain d’expérience ».

Là encore cela demande un changement radical, et notamment OEUVRER VRAIMENT et aller de l’avant, sans regard en arrière; sinon je me prends le mur du moi…

13/08/02 :
Je sens en moi parfois (ou presque « sur commande » quand je le veux ou y fais attention) comme une étreinte, qui me fait l’effet d’un courant d’air froid « à l’intérieur », au niveau viscéral. Une bise viscérale. Je sais que c’est l’anxiété ou angoisse.
Et ce froid se répercute sur…..les testicules. Ils se rétractent, bougent, agités, comme serrés eux-mêmes ou touchés par une froide, frissonnante étreinte. Je sais que c’est l’anxiété, mais je suis « médiqué », sous Zyprexa 5 mg, et c’est donc « contenu ».
Je me demande ce qu’il en serait sans médicament…
Et je ne veux pas passer le restant de ma vie « sous médicaments ». Genre : « je suis bien grâce à mon Zyprexa chéri ».
Non je veux me libérer de l’angoisse et du Zyprexa.
Ce qui m’ennuie c’est qu’il ne semble pas y avoir de RAISON à mes angoisses (si c’en sont…) Cela vient brusquement, ou est toujours là sous-jacent.

Je dois d’abord peu à peu abandonner le médicament. J’ai RDV le 30/08 avec le Dr psychiatre Olivier T que je consulte depuis ma sortie le 17/05.
J’en parlerai avec lui.

il me semble que c’est le rapport au temps qui est anxiogène. Une espèce de précipitation de l’être, un bousculement. Avec une perception de soi et une conscience de vivre, d’exister qui s’agite ou ne peut rester en place. Une façon de sentir l’im-pression du temps.

Il faut que je vive plus lentement et plus attentivement.

Et Julien CLERC, qui a souvent de belles chansons, continue de chanter « Femmes je vous aime »…
Il a bien raison le Juju…

J’ai un travail – une oeuvre – à accomplir et je ne cesse de me « défiler » (le terme est si…juste, précis…) essentiellement par paresse.

C’est le juge-assassin qu’il faut annihiler en chacun de nous.

16/08/02 :
Je viens de voir « Peter Pan 2 ». Clochette a grossi…

22/08/02 :
On n’y peut rien et c’est tant mieux : le ciel est invincible.

Théâtre ouvert cité Véron. Intéressant.

Jazz free + neworleans > Albert AYLER.

Livre qui semble très intéressant, simple clair, bref bien fait : « Géopolitique : constantes et changements dans l’histoire » d’Aymeric CHAUPRADE chez Ellipses.

24/08/02 :
Envisager que l’humain lui aussi ne soit qu’un maillon dans la chaîne évolutive des espèces. Mais que pour la 1ère fois ce soit une espèce qui crée de toutes pièces l’espèce qui la suivra et la supplantera.
Nous pourrions créer (non plus : « donner naissance ») un être électronique combinant une structure physique plus solide – en silicium par exemple – et des organes que nous considérons pour l’instant artificiels (vidéo, téléphonie, micro) plus sensibles et performants avec des batteries permettant une vie plus longue et renouvelable (avec également des changements d’organes ou membres)
Il faudrait donc aider le système actuel dans son intégralité (ce que de toutes façons nous faisons plus ou moins passivement) et même le louer.

« Le champ jazzistique » éditions Parenthèses. collections Eupalinos.

28/08/02 :
Me voici de retour de Pradeyret où nous avons été jusqu’à 30 toutes et tous ensemble.
Ce fut plaisant et instructif, notamment du fait que nous étions tous enfermés dans la maison principale à cause de la pluie. Il y avait même de très jeunes enfants, entre 1 et 4 ans.

Mais à présent que je me retrouve seul chez moi,
de nouveau rôde l’angoisse-anxiété
comme un requin dans mes viscères.
La solitude et l’absence d’intérêt réel et CONTINU (je me lasse et désintéresse si vite….) me minent…

29/08/02 :
C’est un fait que lors de ma crise du 10 mars je me suis vidé d’une part de mon personnage intellectuel – mon moi psychique. Et à présent je suis comme vide. Je n’ai plus le goût à parler; d’ailleurs je ne sais pas quoi dire. Du coup je n’écris plus non plus dans mes carnets…
Et pourtant je me sens bien. D’une certaine façon…léger. Ce qui m’importe c’est d’être avec des « gens », et de les écouter et regarder vivre.
En fait, l’angoisse c’est moi qui me la construit et me la provoque.
Il convient donc de changer de comportement.
Je sais, je sens poindre une paix immense et… »inexpugnable ».
Don Juan via Castaneda dirait que j’ai « perdu ma forme humaine ».
Il me faut l’accepter et vivre en conséquence : je dois être plus « léger » et plus… »passant » au niveau de mes perceptions et CONSTAMMENT chercher Où est attirée ma conscience et ce qu’elle (je) veut faire.
Je sais instantanément ce que j’ai « à faire », ce que je veux faire; encore faut-il que j’y prête la juste attention et agisse de façon idoine.
Guetter l’INTENTION DU MONDE dont je suis, je peux être, l’AGENT.

Et encore une fois me libérer de ce qu’autrui veut de moi; ou de ce que je crois qu’autrui veut de moi.
M’AFFRANCHIR de la présence-influence d’autrui.

Ce que je crains c’est d’avoir perdu ma « saveur ». J’ai l’impression, je trouve que je suis devenu FADE. Me suis vidé de toute ma sapidité.

03/09/02 :
Non ! je n’abandonne pas la quête du (comment) « bien vivre ».

Ai discuté brièvement, dans le métro, avec une femme qui portait en pendentif au cou la 1ère dent de sa fille.

Je ne sais pas vivre : je ne sais pas AGIR. Je ne suis qu’une oreille, un oeil 2 pieds et une vague main, malhabile et trop timide.

04/09/02 :
Je me suis effondré, ce « fatidique » (fameux ?) 10 mars 2002. Puis au lieu de me relever je me suis assis (les médicaments m’y ont encouragé et continuent…je ne suis hélas pas encore sûr de pouvoir m’en passer…Hé oui !)
Depuis je suis assis, abasourdi, groggy ne sachant trop ce que je fais.
J’ai perdu le chemin, le fil de l’élan existentiel. Je glisse sur l’Evénement et l’Evénement ne me bouscule même plus, ou si légèrement.
il s’agit de se relever – ce que je commence lentement et mollement – et de chercher et trouver le chemin.
La conscience-sensibilité est une projection de moi dans le monde. Une parcelle, théâtre de la rencontre, du contact entre moi et le monde. Il s’agit de bien la déceler, de la suivre et…de l’agrandir.
Et maintenant…MANGEONS ! Héhéhé….

05/09/02 :
Nul ne sait d’où vient le Vent
(le Vent Cosmique, l’Elan Universel)
ni ce qu’il est…

Gina LAZENBY « La maison du bien-être » éd Flammarion.

06/09/02 :
Cela, aussi, qui participe de mon trouble : le sentiment quasi-permanent que « l’essentiel n’est pas là », pas à ce que je fais; que je suis « à côté » du « point crucial »…
Lutter contre cette impression, la « démonter », c’est une illusion. Encore une…

09/09/02 :
Serais-je vicieux au point de m’être créé l’angoisse pour avoir un nouveau champ d’étude ?

Le Zyprexa a toujours (malgré la faible dose de 5 mg que je prends 1 jour sur 2) [Cela je l’avais choisi de mon propre chef. Du reste, je me suis toujours auto-médiqué; du moins au niveau des dosages – et ça m’a réussi. J’ai pu arrêter beaucoup plus vite] un effet sédatif que je ressens. Je suis constamment « ramolli ».

Apprendre du vent…et ne plus apprendre (ce qui accroît davantage « l’avoir » que l’être, et « alourdit », fait enfler)
Ce vent qui souffle fort semble me nettoyer le mental, chasser toutes les idées, sauf si je fais un effort – comme présentement, pour écrire.
Ca fait plusieurs fois que je remarque ça.
Le vent… »…et poursuite du vent » dit l’Ecclésiaste…..

Nous, êtres humains vivants sur cette terre, sommes cette partie de Dieu qui a voulu mourir. Ou tout au moins voulu chacun et chacune être séparés de Dieu, être autonomes, libres.
Cela entraîne séparation d’avec Dieu.
Nous sommes tous et toutes des egos, car nous avons choisi comme principe d’affirmation de soi : la pensée, le mental, qui sépare, oppose, qualifie en bien et mal.
Or le bien existe : tout est bien car tout est accomplissement de la Vie.

C’est le mal qui n’existe pas. Mais c’est une idée – le pouvoir des idées… – que nous incarnons, et cette idée est négation de la vie, rejet donc : mort.
Nous expérimentons par notre vie chacun et chacune, notre propre rejet de la vie, notre « non », non à la vie, non à Dieu, qui est un « oui » à la mort. Nous vivons notre mort. Reste la sensation. Chercher dans et par la sensation. Rien n’est mauvais. C’est le rejet et la NEGATION qui peuvent être : NUISIBLES à l’individu.
Nous sommes cette partie de Dieu qui a préféré choisir la mort par goût absolu de la liberté; pour s’échapper à soi-même et aller toujours plus loin, vivre toujours plus : CONNAITRE (toujours plus)
Connaître est la porte de l’éternité ce que nous montre clairement le mot hébreu qui signifie connaissance : qui commence par la lettre Dalet qui signifie porte puis HAT (Ayïn Tav) qui signifie éternité.
CONNAITRE…

Faut-il aller avec ou contre le vent ?
J’ai l’impression que je sens que je préfère aller contre. Mon goût pour le retour à la source…Comme des bateaux : aller AVEC.?.

La Vie : le sucre et le gras….La Vie a besoin de glucides, de lipides et de protides. Et « c’est la dose qui fait le poison » disait Paracelse. Les protides : le vivant se nourrit du vivant. La vie se nourrit d’elle-même…Vase clos…autonome.
Le sucre : saveur. Le gras (pour) la chaleur. Les protides pour la matière. Sensation, chaleur, matière…

Et tout est assimilable, se retrouve dans les mots. Tout est Parole. « Au commencement était la Parole » (le Verbe, plus précisément, plus actif ?)
Chacun, chacune a nié quelque chose, avant sa naissance : nié un attribut de Dieu-Tout, et c’est cette négation et ses conséquences qu’il manifeste-incarne.
Qu’ai-je nié ? L’espoir…Non, c’est sûrement autre chose, bien que je le refuse…Non d’ailleurs…plus je me découvre moins je le nie mais je le refuse encore car ça ne me paraît pas une bonne démarche. La volonté oui, et les faits ! Mais l’espoir…qu’ai-je à faire de cette…attente fantasmatique ?

Ce que je continue de chercher n’est pas dans les individus mais dans la matière brute et dans ses FAITS, ses ACCOMPLISSEMENTS, MOUVEMENTS.
C’est le REJET qui est nuisible (et non « mauvais », ou « mal »)

Il est curieux de constater que le labo qui produit le Zyprexa s’appelle Lilly…Elie. Elie Lilly. Eli…le nom que j’ai entendu prononcé fortement et distinctement 2 fois lors de ma grande expérience mystique du 02/11/92… Juste pour mémoire et coïncidence…
Petit détail qui m’amuse.

Je sens que je m’achemine, progressivement, vers un état de véritable sérénité, dont la solidité serait un des attributs. Solide car inextinguible.

Mais il faut toujours que je me débarrasse de cette volonté de plaire qui me perturbe, perturbe, altère mon comportement.

10/09/02 :
Sur de petites contrariétés dont j’estime qu’elles blessent mon amour propre (ma vanité) je développe toute une obsession, une véritable aliénation. Je reviens sans cesse sur cette atteinte et me crée un blocage.
Voilà un défaut dont il faut que je me débarrasse.
Par plus de simplicité, d’humilité et…d’humour.

16/09/02 :
Je me suis tellement menti !…
Pendant des années je me suis enferré (enfer !…) dans un délire égocentrique interprétatif, issu d’une blessure narcissique elle-même due à un vide affectif. N’étant pas aimé et reconnu j’interprétais les signes du monde m’entourant comme étant en rapport avec moi, me concernant. La vérité c’est que j’ai masqué sous le fard de l’imagination ma solitude et mon rapport inabouti et même raté à la femme. D’autant que j’ai eu ce rapport tronqué dès très jeune : 5-6 ans maximum, peut-être même avant : en fait dès que je me souviens être conscient.
S’agit de regarder la réalité en face !
Plus de délire compensatoire…Et cette frustration m’a rendu malade (tendance fou) parce qu’à la base je suis un grand Amoureux, et que cet Amour n’a jamais pu ni se donner ni se vivre ni même « seulement » s’exprimer. Je dois faire vivre moi-Amour.

17/09/02 :
Je me suis construit, depuis tout petit, sur la certitude illusoire qu’un jour je serai heureux, en artiste reconnu. Sans faire véritablement quoi que ce soit. Et du coup je n’ai (quasiment) rien fait pour.
Mais le bonheur, quel qu’il soit, se CONSTRUIT, est à CONSTRUIRE.
Alors, pour la millième fois : au travail !

19/09/02 :
J’aime bien les ponts. Sous eux coulent l’eau et quand on se met « en marge » on peut voir les gens et la vie défiler, dans un sens et dans l’autre…perpendiculairement au flux de l’eau; et du vent bien souvent.

22/09/02 :
Je n’ai plus de projet. Plus d’idéal même. Plus d’objectif, plus de motivation. Je suis vide, vidé.
la vacuité m’accompagne et presque…m’entoure. Je ne suis plus passionné ni même intéressé.
Je suis juste vivant…sans réel intérêt. Je…fonctionne. J’obéis, je suis : j’exécute.
Il faut, pour commencer, que je me RE-DYNAMISE, malgré l’effet sédatif du médicament.
Reste que je suis encore animé; probablement par mon admiration-affection pour la vie, l’existence et les vivants.
Allez ! De l’élan ! En avant !

23/09/02 :
Chacun et chacune coincé dans l’enfer de soi-même.
Chacun est à lui-même son propre piège, son propre tombeau.
Mais quoi qu’il en soit, ce qui précède c’est surtout du blabla…En vérité : tais-toi et travaille.
C’est d’ailleurs une bonne consigne de vie ça : « tais-toi et travaille ».
En tout cas, travaille car seuls comptent les faits.

Ca va loin !…Le ver quand il s’attaque à un fruit, non seulement le pourrit mais en plus il va tout droit au centre-coeur du fruit et il ronge les graines et les pourrit empêchant en plus la reproduction du fruit, de l’arbre.
On pourrait y déceler une intention vraiment mauvaise et réfléchie de nuire.
Le ver…archétype du mal ?

25/09/02 :
Je re-découvre et reviens à des principes, vérités simples et fondamentales : le secret du bien-être c’est une nourriture saine et légère (peu de quantité) et suffisamment de sommeil; un bon sommeil.
Tout est question de…DOSE. Doser sa vie : doser sa nourriture, doser son sommeil.
Dormir beaucoup si nécessaire mais par contre ne pas « traîner au lit ». Une fois réveillé : se lever.

26/09/02 :
Le FLUX. Tout est fluant, tout est FLUX. Il n’y a qu’à se mettre en phase avec le flux, avec cet ELAN universel.

En fait…l’attention est une forme (peut-être la 1ère…) d’intention. Or c’est mon intention que je dois « clarifier », épurer.
Et mon intention est un ELAN.
Et cet élan a son origine dans le souffle. Et le souffle a son origine dans le besoin. Le besoin, dans le manque. Le manque a pour cause la séparation et la « combustion », consommation.

La fulgurance d’une fleur tombée sur le bitume.

27/09/02 :
Toujours la solitude qui me hante et m’étreint,
et ma curiosité, comme palimpseste de remède,
en compagne fidèle.

En étant vigilant j’ai l’impression que mon moi instinctif, profond, provient de mon nombril/ventre bien sûr mais aussi de la partie droite de ma tête…Et je sens que les paroles proviennent du côté gauche. Il faut que je vérifie dans un livre la latéralisation du cerveau. Mais il me semble que c’est effectivement réparti comme cela dans le cerveau.

Ecrire un ouvrage qui s’intitulerait : « le livre de la peur ».

L’impression d’avoir épuisé la plupart des modes de distraction, et qu’il me reste…MANGER.
La cuisine…

Triste : Jacques MAYOL s’est suicidé, à 74 ans; le 22/12/01.

L’impression d’être devenu (après m’être vidé – de mon énergie) terne, et insipide; sans intérêt.

30/09/02 :
Depuis quelques temps je me suis découvert une technique intéressante.
Au lieu de laisser mon esprit se remplir d’idées plus ou moins agréables, je RIS. Je ris dans ma tête. Je pense « Ah ah ah ah ah » et de fait cela me porte à sourire et à voir les choses et surtout les gens différemment. Ca modifie ma perception et relativise tout.

La vérité est que je ne fais rien « à fond », totalement. Je suis un TOURISTE. Un touriste de la vie. Je vis en touriste. Le gars qui se dit qu’au fond tout cela est sans importance puisqu’il finira par rentrer au bercail…

Genre interrogé après sa mort (par exemple pat St Pierre) : « Qu’êtes-vous aller faire sur terre ? » – « Tourisme ».

L’amicale des contrevenants.

Pas matérialiste ni athée; non : juste les FAITS sans jugement de valeur, non car…AUCUNE valeur, c’est bien là le « vif ».
Aucune supériorité, transcendance ou immanence à revendiquer. Aucune morale. Non, juste les faits, leur puissance indéniable, irrévocable, définitive. Donc…je me revendiquerais, après AN-ESPERE, disons….FACTUALISTE.
CONFRONTATION avec les faits et ADAPTATION selon les BESOINS…FACTUALISTE.
Je suis…content de ce terme.

Et c’est bien ce qu’a été ma vie jusqu’à présent : un ensemble de faits qui m’ont amené à connaître beaucoup de choses qui peuvent se faire, et par suite qui m’ont amené à être tolérant, car j’ai pris connaissance des intentions à l’origine des faits.
Et si l’on veut juger, il faut juger les faits et les intentions : lorsqu’il y a eu intention de nuire.
Mais avant tout s’en tenir au fait; on peut même faire abstraction de l’intention.
Je viens d’écrire pour pas grand chose ce qui est intéressant c’est FACTUALISTE.

01/10/02 :
L’angoisse est une forme d’allergie nerveuse à la vie.

Depuis de nombreuses années je vivais dans les artifices de mon imagination. Et la vérité s’est fait peu à peu jour, une révélation sourde mais implacable, du fait de la confrontation avec la réalité.
Et la vérité est là : je suis un obscur petit comptable célibataire frustré, et égocentrique (sinon un peu paranoïaque) Je ne suis pas un artiste intéressant et reconnu vivant de son art.
Je ne suis ni chanteur dans un groupe rock ni écrivain.
Je suis un petit mec (physiquement aussi) pas très beau, plus ou moins comptable dans une petite pseudo-administration.
Je vis coincé entre ma frustration affective-sentimentale et mes aspirations-idéaux-fantasmes quasi mégalomaniaques. Et coincé dans ma petite vie métro-boulot-impôts-dodo. Avec ma petite soupape annuelle de vacances à l’étranger pour « presque » un mois.
Un petit frustré qui par compensation interprète la plupart de ce qu’il voit et entend en fonction de ses inquiétudes, déplaisirs et désirs.
Il me reste à présent : à ASSUMER puis à chercher ce que je veux réellement et essayer de m’ACCOMPLIR.

Bref : je ne suis pas ce que j’imaginais, rêvais, fantasmais. Il me reste (encore une fois) à trouver ce que je veux vraiment et à m’accomplir. Veillons !

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