conscience 25

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du 02/10/2002 au 22/12/2002

02/10/02 :
C’est l’égoïsme, la haine et la peur qui me font m’enserrer moi-même, qui me font me retenir prisonnier de moi-même. C’est cela le lâcher prise, c’est relâcher cette pression que l’on s’impose, par réflexe, autour et sur soi-même. Se lâcher. C’est vrai que ce sont les expressions les plus appropriées.

C’est une annihilation de mes dernières croyances et derniers espoirs à laquelle je me livre lentement.
Pas croire : savoir, pas espérer : vouloir, pas attendre : agir.

04/10/02 :
Je maintiens : se débarrasser du croire, de la volonté de croire, du réflexe de croire.
Détruire sans hésitation toutes les illusions, les fantasmes, rêves, croyances et même rêves dont on peut enjoliver sa propre réalité.

S’en tenir aux faits, bruts. Et ne conserver que la volonté, que l’on ne laissera pas pervertir par l’imagination, qui de nouveau créerait l’illusion et la croyance.
Se concentrer uniquement sur la sensation et l’émotion, et se LIBERER de la pensée.

07/10/02 :
Ca y est ! J’ai 33 ans. Et toutes mes dents, oui.

Puisses-tu transformer chacun de tes obstacles en marche pour l’amélioration.

08/10/02 :
Se réveiller ! Toujours davantage. Veiller !
Et chercher et trouver la zone où l’attention est attirée.

Le fait qu’il existe « quelque chose » plutôt que le néant absolu, pose le mystère comme absolu toujours au-delà.
Et Dieu lui-même n’est « que » Dieu. Il existe et ne sait probablement pas pourquoi ni d’où, puisque l’Existence implique un ANTECEDENT (une origine source) perpétuel.
Je n’arrive pas à exprimer la fascination et le suave vertige que me provoque l’Existence.
Et la vérité est là : je suis amoureux, depuis ma naissance, du mystère de l’Existence, inaccessible, et absolu; seul domaine à la hauteur de ma mégalomanie sentimentale et intellectuelle.
Seul me satisfait le vertige du mystère existentiel.
Et pour le reste : vive les endorphines ! Puis la morphine. Vive…les drogues en somme ?
Vive, au moins, l’interrogation.

09/10/02 :
Après m’être débarrassé du prosélyte, il me reste à me débarrasser de l’adorateur en moi. Cet élan, tendance qui me pousse à adorer. Ne plus être un adorateur.

10/10/02 :
Je sais ce que nous sommes, toutes et tous dans et de par notre vie : nous sommes des patients (doux double euphémisme) en traitement.

11/10/02 :
Ce dont il faut également que je me débarrasse ce sont mes habitudes d’interprétation du monde, de mes perceptions.
J’y travaille…

Ca peut être un travers du mystique : tout interpréter, ou interpréter beaucoup de choses sous forme de signes; les prendre pour des messages à son intention.

Non. Traiter le monde sans transcendance, sans méta-physique.
Factualiste !
De fait (…) notre vie n’est pas un fatum mais un…FACTUM…

Rendez-vous avec le Secours Populaire d’Elancourt, pour y participer, lundi 14.

12/10/02 :
Et je continue d’aller,
animé par ce petit spasme
dont ne sais si c’est un rire
ou un sanglot.

14/10/02 :
Quel est le Paradis du croyant ?
Une éternité d’adorateur .
Peut-être préfèré-je m’en passer.

Banteay Srei – Le Bayon : à Angkor

Aller à KOMPONG CHHNANG zone portuaire avec villages flottants.

17/10/02 :
Bon ! Je fais table rase de presque tout. Je ne « sais » qu’une chose c’est que le plus important est de faire vivre l’amour.
Je me concentre donc uniquement sur cela : faire vivre l’amour par les émanations de ma personne, continuellement.

Voilà la grande Quête et la grande Oeuvre. Le Grand Oeuvre.
Et j’arrête de me faire des films !

Juste quand je me décide à être végétarien, voire même végétalien, une grande campagne avec stands est organisée sur la place Montparnasse et en affichage sur les bus et dans le métro pour…la viande.
Avec comme accroche « n’ayez plus honte d’aimer la viande » et « la viande : une ressource essentielle ».
Une ressource…ça montre bien que le système producteur de viande le fait uniquement pour gagner de l’argent. Une ressource, comme le pétrole ou l’uranium.

Le bonheur domestique…(j’apprécie en plus l’ambiguïté du verbe et adjectif)

Kompong Thom

20/10/02 :
Les hôtesses sont les infirmières des airs.

21/10/02 :
Me voici donc pour la 5ème fois dans l’aéroport de Kuala Lumpur. A force je le connais mieux que celui de Roissy.

Avant hier après-midi – samedi – j’étais avec Benjamine et nous nous sommes embrassés plusieurs fois. C’est d’ailleurs elle qui me l’a demandé à brûle-pourpoint : « Florent, tu m’embrasses ? ».
Comme j’ai appris qu’il est des cas où il vaut mieux ne pas hésiter j’ai obtempéré.
Mais…je doute. Doute de mes sentiments. Je la considère plus comme une soeur, il me semble. Une soeur d’hôpital psychiatrique, car c’est là que nous nous sommes rencontrés et appréciés.
Inutile de forcer les choses, j’ai 24 jours pour voir comment mes sentiments à sont égard vont mûrir en moi, et à mon retour j’agirai en conséquence.

Aux grands mots les intermèdes…

Je survole l’océan Indien en plein soleil et il fait nuit en France. Relativité de cette vie sur Terre…

Moi et Benjamine…Voir où ça nous mène ?…

Incroyable ! Me voilà vraiment au Cambodge ! Je marche dans Phom Penh et je mange des fruits achetés sur le marché dont j’ai pris une photo. Je touristise.

Il y a des moineaux ici, mais plus fins qu’à Paris. Normal, ils ont moins besoin de graisse vu qu’il fait 27° de moyenne.

Sur 1 petite estrade couverte, sur les bords du fleuve, 5 personnes jouent de la musique traditionnelle sans s’arrêter. 2 avec des vibraphones à coupelles métalliques, 1 avec 1 cloche, 1 avec 3 espèces de tambours et 1 avec 1 xylophone.
Et des gens font brûler de l’encens et 1 femme libère des oiseaux et 1 autre distribue des billets à des enfants agenouillés, tandis qu’un policier veille au bon ordre de tout cela. Il y a aussi une petite pagode où des gens s’agenouillent et font brûler de l’encens.
Des femmes offrent des fleurs sous le chapiteau des musiciens et 2 fillettes me demandent de l’argent.

merci : hô kohn
non : (â) tée yes : ba(t)
où : aïnah (tina)
combien ça coûte : klaï bed man

Watt Phnom est un temple situé en haut d’une petite colline sur les flancs de laquelle est accrochée une énorme horloge avec des aiguilles pour les heures, les minutes et même une trotteuse géante qui galope.
En haut dans le temple on assiste à des scènes de dévotion et des offrandes…qui feraient bien mieux d’être offertes aux pauvres et aux mutilés qui ne manquent pas.

Il en va de même pour tous les cultes d’ailleurs : les offrandes devraient être redistribuées aux nécessiteux.

Ils mettent une boîte de préservatifs dans la chambre et les toilettes ont un jet à la place du P.Q….La grande classe pragmatique et efficace.

Je suis descendu dans un guest house sur la place du nouveau marché. C’est très actif et maintenant que la nuit est tombée l’éclairage n’est produit que par les néons publicitaires, les enseignes et les lampes des échoppes.
Ca donne un ensemble grouillant crépusculaire comme je les aime, avec toutes les odeurs de l’activité humaine de la cuisine aux ordure en passant par les gaz d’échappement.
Le remugle de l’humanité en somme, et j’aime ça !

Le gars de l’hôtel m’a demandé si j’avais une « girlfriend ». Après une brève hésitation, la réponse que je sentais le mieux et que je lui fis fut : « Oui. Mais depuis avant-hier seulement. C’est très court… ».
J’ai pensé à Benjamine et c’est la réponse qui m’a paru la plus exacte, sincère et ressentie.

riz ! baï
poisson : try
salut : so ha so daï : daï
au revoir : lé aï
eau : ta(c)

Le savon a la même odeur que le goût du thé.

J’avais déjà remarqué ça au Vietnam mais ici c’est pire : ce sont les publicités qui servent de panneaux indicateurs pour se repérer…

Sur la 53ème chaîne (et mon recensement inspection n’est pas terminé…) je tombe sur un programme français avec Daniel Ceccaldi moustachu. Le choc (culturel) !
Voilà ! Il y a en tout 60 chaînes, dont des doc National Géographic, ou des infos sur la bourse, ou des séries, ou des jeux. Tout !

22/10/02 :
Le bateau pour Siem Reap-Angkor est vraiment rapide. Il file sur l’eau, peut-être à 80-100 km/h.
Je me suis un peu exposé sur le toit, au soleil mais il est féroce, je préfère être prudent.

Curieux : dans la rue, les hommes urinent accroupis.

Toutes les chansons à la télé sont présentées comme pour un karaoké : un clip – mièvre – et les paroles qui apparaissent en surbrillance au fur et à mesure de la diction du chanteur.

En vérité, de 11h00 à 16h00 tu te caches sinon le soleil te consume.

Il y a des cigarettes Alain Delon ici. Leur pub c’est : Alain Delon the taste of France…
Ca devrait lui plaire.

Aujourd’hui, comme c’est la fête de l’eau, beaucoup de gens ne travaillaient pas et ce soir il y avait une fête juste à côté de mon guest house.
Il y a eu un sporadique feu d’artifice dont certaines flammèches sont retombées sur les spectateurs et un théâtre d’ombres. J’étais le seul « blanc » au milieu de tous ces festifs cambodgiens et pour fêter ça j’ai mangé une glace à la noix de coco, aux 3/4 fondue.
Demain je me lève à 5h00 pour aller visiter Angkor Wat.

23/10/02 :
Angkor le Bayon.
Petit dédale de pierre,
visages granitiques pour langueurs minérales.
Marrons, gris, verts, chromatique temporelle, le temps qui passe.
Au centre du temple, un homme en blanc se dit prophète, « du pays de l’avenir ».

Le soir à Siem Reap. L’éclairage urbain est produit par les lampes des petites échoppes sur le bord des rues.
Les gens sont de physionomies très variées. Pas vraiment d’ethnie majoritaire. Il y a des gens aux traits très « asiatiques », d’autres quasi occidentaux. Certains sont très pâles de peau, d’autres très foncés.

Des grosses lèvres, des petites lèvres. La plupart des cheveux sont noirs mais certains sont châtains.
Personne ne porte de lunettes (trop cher peut-être ?) ou alors lunettes de soleil mais c’est très rare et un peu frime.

Sur les routes la règle est : « tant que ça peut passer on y va ! ».
Dans tous les sens, sans respect des feux rouges, tous ensemble.
A noter que les feux rouges indiquent en affichages lumineux combien il reste de secondes avant le passage à l’autre couleur.

24/10/02 :
Aujourd’hui après m’être levé à 5h00 du matin j’ai visité de beaux temples, toujours avec mon fidèle pilote…alors que c’est moi qui conduit la plupart du temps. J’adore.
Puis j’ai assisté à l’ensemble du processus de production de la soie. De la culture du ver jusqu’au tissage.
J’ai même goûté un ver bouilli. Ce n’est pas mauvais. Un petit goût de maïs.

Puis j’ai mangé de la grenouille farcie. Assez bon mais ils ont souvent la fâcheuse habitude de laisser les os broyés avec la viande…

Je commence à être couvert de boutons de moustiques, surtout sur le tronc.

25/10/02 :
Les 2 premières personnes que je vois avec des lunettes sont…des moines bouddhistes, tout d’orange vêtus.
Pas facile d’écrire assis sur une moto qui roule.
Les feux rouges durent 40 secondes et les feux verts trente secondes.

Enfin !…Je suis retourné au Bayon, ce merveilleux temple labyrinthique et là…j’ai rencontré un gars que j’ai souvent vu et même croisé, souvent dans Maurepas et Elancourt sans JAMAIS lui parler. Et là, à plus de 10 000 km de chez nous je le vois. Alors j’ai été lui parler. Et quand nous nous sommes serrés la main j’ai senti que 2 existences, 2 mondes se rejoignaient.
Curieux, il a fallu que ce soit au Cambodge que l’on se parle pour la première fois.

Quand je le voyais j’avais l’impression de le connaître depuis toujours ou longtemps. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive (mais les autres fois avec une moins grande « amplitude » au niveau des kilomètres…) et ce genre d’individus et expériences m’amènent à chaque fois à penser que j’ai déjà vécu. Déjà eu au moins 1 vie, assez semblable, dans laquelle j’aurais connu ces gens…

Toujours ces chansons-karaoké à la télé…Curieux.

Le gars d’Elancourt s’appelle Marc. Il est au Cambodge avec 2 potes à lui plus un troisième qui est cambodgien.

Hier je me suis fait faire un massage, version thaïlandaise, c’est à dire dur et appuyé.
En plus c’était fait sans passion par une fille plutôt mignonne.
Bref c’était…déplaisant.
Mais aujourd’hui je suis retourné dans un salon que j’avais repéré et là c’était bien.
J’ai invité mon « driver » OHM (! hé oui, ça ne s’invente pas…)

La fille était douce, attentionnée et m’a même appliqué quelques touchers coquins fort agréables.
Bref, content. Depuis le temps que je voulais goûter aux massages. Surtout du dos.
Ca doit dater de l’époque où quand j’avais 5-6 ans maman me massait le dos le matin au réveil. Et puis un jour, comme de bien entendu elle a cessé.
Mais le goût m’en est resté.
Je vais essayer de me trouver de bons salons sur Paris. Et je me ferai masser les FESSES, car c’est super bon.

26/10/02 :
Les dents sur la pierre,
à gratter du futur,
je m’exsude la santé à chercher l’Idéal;
et je reste sur le BESOIN.

Les chiens ici sont, pour la plupart, courts sur pattes. Un corps, en moyenne, de renard et des pattes de teckel.

Chhaya hotel.

27/10/02 :
Je suis dans le bateau qui amène à Battambang. Petit bateau pour 13 personnes, équipage de 2 compris. Il fait un boucan de tonnerre, et il va à la vitesse d’un coureur de fond. Il pleut quasi-continuellement. Je suis assis entre deux allemandes de Münich dont 1 blonde plaisante…et une brune pas déplaisante.

Il y a ce qu’on peut appeler des villages lacustres sur le lac, qui est très grand. De petites maisons de planches, soit isolées, soit reliées les unes aux autres par des planches. Elles n’ont pas de portes, et parfois pas de fenêtres.
Mais le plus surprenant c’est que bien que minuscules – en moyenne peut-être 10 m² – et sans eau courante, beaucoup d’entre elles ont…la télé.
C’est curieux d’apercevoir l’aquarium à images parmi tous les objets usuels, sur les planches parfois à moitié pourries.

Tout est si développé, propre, sophistiqué en France. Aseptisé. Dire que tous ces gens n’échapperont pas à leur vie de pêcheur dans des maisons glauques. Leur existence, leur horizon ce sont ces agencements de planches et de tôles avec les crocodiles jamais loin, toujours à l’affût. Il y en avait plein dans des cages au « village » où nous nous sommes arrêtés.

Il y a parfois sur des îlots artificiels de 2 m² ou 4 m² des cochons ou des vaches de type Brahman…Il faut bien être Brahman c’est sûr pour supporter ce type de vie.
Incroyable. Juste à côté des habitations.
Beaucoup d’enfants ont pour unique vêtement : leur nudité.

J’ai croisé des funérailles hier : ils étaient tous et toutes en blanc immaculé de la tête aux pieds.

Ciel indigo, pour carence affective,
ciel indigo pour absente perspective,
ciel indigo…

Il fait très chaud et en même temps humide, c’est un peu l’étuve. Et ça n’est que la saison « fraîche ». La saison chaude et sèche ça doit être terrible.
Néanmoins cela fait trois jours qu’il pleut en soirée et aussi un peu dans la journée.

Toujours plein de films à la TV. Après avoir revu « Drôles de Dames » et « Le retour de la Famille Adams » (que j’ai regardé uniquement pour Christina Ricci !…) je viens de revoir « Ghost ».
Et Patrick Swayze me fait toujours penser à Stéphane A.

Je n’ai plus rien à dire, plus rien à écrire, je suis comme quand on a suffisamment mangé : calé, repus.

Maintenant tombe, avec le soir et le soleil, une pluie de mousson, drue, tiède et implacable.
Impeccable.

C’est incroyable tout de même ! Ici le dollar fait partie de la monnaie courante au même titre que le riel.
On te rend la monnaie avec 2 billets en riels et un en dollar; la plupart du temps un dollar. Un Washington.

28/10/02 :
Bon groupe cambodgien : MKS

En cas de malaria, manger beaucoup de liseron d’eau très riche en vitamine, en fer, très bon pour produire des globules rouges, qui sont détruits par le plasmodium falciparum.

Il y a encore des carrioles tirées par un cheval.

Je suis depuis aujourd’hui avec une française, Isabelle, qui vit en Espagne, à Madrid, et s’occupe « d’affaires culturelles » dont surtout le théâtre. Elle est sympa.
Avec un guide on s’est promenés dans la campagne environnante de Battambang, à mobylette. Je conduisais la mienne, j’aime toujours autant ça.
On a visité des temples et un endroit où avaient eu lieu des massacres lors du génocide perpétré par le communistes (Khmers Rouges) de 1975 à 1979.
Il y avait un petit stupa avec des dizaines de crânes et d’ossements humains divers. C’était étrange car s’il ne nous l’avait pas dit (le guide) et si nous n’avions pas vu les crânes, rien ne nous aurait permis de déceler les drames qui s’étaient déroulés à cet endroit.
Le temps efface tout…
C’est la première fois que je voyais de vrais crânes humains et cela faisait une impression étrange de les regarder, un peu comme une sensation de vide, de vacuité.
Ces êtres qui avaient vécu se résument maintenant à des objets avec 2 grands creux (les orbites oculaires) et une absence de maxillaire inférieur et plus de dents non plus.

Apparemment les programmes télé dépendent des régions.
Ici il n’y a que 30 chaînes et il y en a une qui ne passe que des défilés de mode. Uniquement ! Toute la journée sans discontinuer, sans interruption, de tous les créateurs. Hallucinant.

29/10/02 :
Aujourd’hui Isabelle est souffrante (diarrhée et faiblesse générale) alors je voyage seul avec le guide d’hier, Sokah, qui parle français.
Il est le 11ème et dernier enfant d’une famille et…le seul survivant au génocide !
L’horreur.
il m’a raconté les années de guerre civile de 1970 à 1993. Très intéressant. En fait les cambodgiens ont été sauvés du génocide par l’invasion vietnamienne.

sans glace : ôt te kô

Dans un village un jeune homme gît par terre entouré de gens debouts. Il a 18 ans. Il est mort. Il s’est suicidé par désespoir de cette vie archi-coincée au milieu des rizières. Tristesse.
Seigneur recueille son âme dans la paix et la félicité. Amen.

Les yeux pour les yeux, les oreilles pour la voix.

Les jours impairs le train part de Battambang vers Phom Penh et les jours pairs il va de Phnom Penh vers Battambang.

A noter tout de même que Khamputchea, nom donné par le roi au Cambodge, signifie : « le pays aux nombreux maux » ! Ca classe tout de suite : « salut je viens du pays qui craint »…

Et Battambang signifie : bâton perdu. Bat : perdu, tambang : bâton.
Bâton de guerre de 40 à 50 kg perdu par un roi mythique lors d’une bataille contre des soldats thaïlandais.

30/10/02 :
Traduction du disque de MKS : COM CHAM ORK don’t look at me.

Phnom (Montagne) Penh. La montagne de Penh, Penh est une femme qui a trouvé 4 statues du Bouddha déposées par le fleuve.

Aujourd’hui on s’est fait rackettés-backchiche par des policiers pour avoir pris une route qu’on n’avait PEUT-ETRE pas le droit de prendre mais c’est pas sûr. Enervant.

J’ai été réveillé tôt ce matin, vers 5h00 par un léger mal de tête. Du coup du fait de mes nombreuses piqûres de moustiques j’ai envisagé la malaria et au cours du trajet en pick-up j’ai eu des velléités d’anxiété.
Elles m’ont passé mais je suis toujours un peu fébrile mais ce doit être d’ordre alimentaire car les odeurs de nourriture me rebutent.

Je vais passer une bonne nuit et on verra.
Avec Isabelle on est descendus dans un guest-house très occidentalisé de façon agréable. Tout en planches avec des îlots, donnant sur le lac, avec la télé et de la musique occidentale.
Le genre de niches qui se trouvent partout en Thaïlande et qui vont se répandre ici.
C’est amusant à constater…

31/10/02 :
Ce matin je vais mieux, je n’ai plus de maux de tête, ne me sens plus fébrile et ai faim.

J’ai envie de voir Benjamine, d’être en sa présence et de parler avec elle.

Une fois rentré en France j’arrêterai le Zyprexa.
Je préfère vivre avec parfois des accès d’anxiété et apprendre à me gérer, que devoir mon bien-être à des médicaments. Je ne veux pas d’un bien-être…artificiel.

Le guest-house est juste à côté d’une mosquée dont je peux voir le dôme doré, depuis le ponton où je suis installé.

Je cherche…une présence. Une présence, une réalité qui me comblerait comme un repas.
Qui satisferait avant tout mon ouïe et mon sens tactile existentiel, mon « toucher vital », le sens de la présence.
La présence humaine en somme.
Mais comme les rapports sont difficiles…

« Jesus lebte in Indien » de Holger Kersten.

01/11/02 :
Je suis sur la route pour Siannoukh ville.
J’ai passé la soirée d’hier à discuter avec un italien de Calabre qui passe depuis plus de 15 ans au moins 9 ou 10 mois à l’étranger, surtout en Asie. Il travaille 2-3 mois en Europe (Allemagne et Espagne) et après avec l’argent accumulé il voyage. Il a 45 ans. Il est agréable, sympa.
Nous nous sommes séparés sans même savoir nos noms réciproques.
Isabelle reste à Phnom Penh. Elle ne devrait pas tarder à rejoindre la Thaïlande puis le Laos.
Je répète : Mon monde est moi et je suis mon monde.
Ton monde c’est toi et tu es ton monde.
On « doit » se re-découvrir, se SOUVENIR. Se REVELER. Et s’améliorer-améliorer son monde.

Paradoxalement l’arbre du jakier qui est un gros fruit est un petit arbre de 2-3 mètres de haut seulement. Et les fruits accessibles dès 1 m – 1,50 mètres.

je n’ai pas dormi cette nuit et pourtant je ne me sens pas vraiment fatigué.

Sans la présence humaine et plus : sans un contact de communication établi avec 1 ou des humains je trouve pratiquement tout sans intérêt et suis désabusé.
Je cherche la Présence humaine, la COMPAGNIE.

02/11/02 :
Sianoukhville. Dans 1 marché labyrinthique, sous la pluie.
De petits caniveaux ont été aménagés au sol. Ils charrient de tout avec l’eau de ruissellement. Aussi s’engorgent-ils régulièrement, donc pour éviter cela les femmes les nettoient.

Au milieu de cette activité humaine et sous les éléments énervés je me sens bien.

03/11/02 :
Plat horizon liquide, étale frontière bleu sur bleu nappé de blanc.
Que dire, qu’écrire ?
Les mots n’ont d’autre âme que le souffle qu’on leur insuffle
et la réalité à l’inverse de l’humain ne se gargarise pas de phonèmes arbitraires.
J’ai trouvé que l’absence motive ma présence, le manque mon excédent.
Nous parlons de présence et d’altérité, de démiurge implacable au fol amour.
Dieu s’ennuie et c’est ce constat que notre vie rumine.

Que me sert d’avoir gagné mon âme si j’ai perdu le monde ?
La vérité est que j’ai cherché une issue
– sans vouloir me l’avouer –
une échappatoire, une sortie
mais il n’y en a pas,
ou alors je n’ai pas su ou pas pu la trouver.
Mourir donc ? Mourir paraît-il…
Quelques cendres de plus sur cette planète de poussière, sable, eau et vent.
Oiseaux, poissons, fruits, de tout et plus encore,
la plénitude se conclut par le vide.
J’aboutis à l’excès.

L’inactivité m’exaspère;
je n’y ai plus goût.

04/11/02 :
Le marché de Sihanouk ville est vraiment plaisant. Très fourni, bas de plafond, plein de petites allées encombrées de produits pour la plupart alimentaires.

Je retourne à Phnom Penh pour essayer d’avancer mon vol retour. Ce pays ne m’enthousiasme pas et j’ai envie d’être en France et de voir Benjamine pour savoir ce que nous faisons. Ensemble ou non ?

A Sianhoukville et à Pnohm Penh ils apprécient beaucoup les petites seiches grillées. Ils en font 1 consommation impressionnante.

05/11/02 :
Les jeunes cambodgiens apprécient le volley-ball. On en voit souvent y jouer, sur des terrains plus ou moins de fortune.

Voyager…bien sûr c’est agréable et instructif. Et puis, dans les pays pauvres cela permet d’avoir la vie facile et c’est dépaysant. Mais en fait durant ce temps on est oisif et (donc) pas très utile.
Pour moi, à présent, mieux vaut rester chez soi dans son pays et travailler à rendre le monde meilleur. (C’est dans ce sens que j’ai rejoint le Secours Populaire)
Voyager est une excellente école de vie mais…il faut savoir quitter l’école et entrer dans le monde…
Ma place n’est pas « sur la route » autour du monde, mais en France à essayer d’aider ceux qui en ont besoin.
Car je considère qu’il est préférable d’essayer d’améliorer le monde, plutôt que de seulement en jouir.

Si 2 ou 3 millions de cambodgiens ont été tués par d’autres cambodgiens et si l’on considère qu’ils représentaient un tiers de la population alors si l’on exclut les enfants et les vieux on peut considérer que les survivants sont…les bourreaux. Héhéhé pas si faux hélas peut-être.

Incroyable. A la télé, quand quelqu’un fume il y a un cache qui brouille l’image de la main tenant la cigarette. Mais on voit quand même la fumée qui s’élève.

06/11/02 :
A noter qu’il est fréquent de voir, en ville ou à la campagne des estropiés avec une jambe en moins ou les deux. Parfois c’est une moitié de bras qui manque.

D’autre part les Cambodgiens apprécient les guirlandes lumineuses. Ils en mettent partout. C’est sympathique.

07/11/02 :
Je viens de donner de l’argent à un gars qui rampait par terre, comme un cloporte ou plutôt comme une tortue.
Il avait au moins 1 pieds en moins. Quelle existence !…

Ca y est. Je viens de quitter le sol cambodgien et vole vers Kuala Lumpur. Comme il y a un transit de 11 heures je vais aller visiter la ville.

Pour résumer : je n’ai pas adoré la Cambodge. Pas très beau : des rizières et paysages assez mornes, pas très attractif à mon goût.
Et puis il n’y a pas grand chose à faire pour s’amuser.
Pas véritablement de bonne cuisine originale. Les fruits sont peu nombreux et on peut les trouver au Vietnam ou en Thaïlande.
Et c’est un pays pauvre que j’ai senti sans entrain ni dynamisme véritable. Et les gens ne m’ont pas paru solidaires mais au contraire individualistes et distants comme…des occidentaux.
Bref je n’ai pas envie d’y revenir, à l’inverse du Vietnam et surtout de la Thaïlande. Ah oui ! et j’aimais pas la chaleur poisseuse qui y régnait.
Une ville d’un pays développé, industrialisé, vue d’avion ça ressemble vraiment à une carte informatique d’ordinateur.
Incroyable comme c’est semblable. Rationalisé en fait, mais aussi les mêmes formes et mêmes couleurs.

Les Tours Jumelles (de Kuala Lumpur) ne sont pas impressionnantes de prime abord. Dommage qu’il pleuve. Du coup, je visite les 1ers étages qui constituent 1 vaste galerie commerciale avec la plupart sinon toutes les enseignes de vêtements, et autres accessoires, occidentales.
On se croirait dans un Parly 2 à plusieurs étages (plus de 2. Au moins 6 niveaux)

Après avoir bien mangé (2 plats différents, épicés, avec des légumes verts inconnus mais très bons, craquants) je regarde par la fenêtre du 6ème étage d’une des tours et constate qu’à 17h00 les embouteillages sont encore pires à Kuala Lumpur qu’à Paris.

Dans cette galerie toute propre et climatisée, sophistiquée, la rupture et le contraste avec le Cambodge quitté quelques heures auparavant sont…frappants.
Des antipodes, presque, pour seulement quelques centaines de kilomètres de distance.

Devant une des entrées des tours il y a des jeux d’eau très agréables à base de jets verticaux intermittents et alternés.

Ici ils ont l’honnêteté d’appeler la « TVA » « taxe du gouvernement ». C’est clair. Apparemment elle est de 5% sur les produits alimentaires.
Je déguste des rouleaux à la cannelle. Chauds et bons.

Beaucoup de femmes portent un voile sur la tête. Jusqu’à maintenant celles que j’ai pratiquées étaient peu amènes. Normal : comme toute femme brimée.

Le métro de Kuala Lumpur ressemble à un RER automatisé ou au métro ligne 14 de Paris.

08/11/02 :
L’air est sec dans les avions. Après plusieurs heures de vol j’ai toujours le nez irrité.

Ca y est ! Atterri sans encombres. Dieu merci.
Parti un dimanche je rentre un vendredi…pour le week-end ! C’est beau.

Tu parles que je le connais par coeur ! A ce stade là c’est même plus par coeur c’est carrément génétique.

Quelques roses, des pétales
pour éclairer tes nuits
iridescences inutiles mais inévitables
indispensables parcelles sensibles
traces d’un ici pour ce maintenant
qui fuit dans nos artères
par nos coeurs que nos baisers accélèrent.
Elle n’a pas de prix cette ignorance
que nous salarions de nos vies.
Choisir l’acceptation
l’événement continue de nous
éblouir, plein de ténèbres au
fond des yeux étincelants.

Arracher jusqu’à la moindre racine de « vouloir croire », d’espoir, de rêves, de fantasmes, d’imagination, de flatterie, de besoin d’adorer, de rendre grâce, de remercier, de gratitude.
Me dépouiller de tous les oripeaux de l’adorateur.

Que ne subsiste que la Vérité : la Réalité de l’Instant et…de mon histoire.

Je suis le monde et personne ne peut me prouver le contraire. J’ai raison, je sais ce que je ressens et je suis déçu par une seule chose : le manque de fiabilité des humains. On ne peut pas compter sur eux avec certitude. Et surtout pas les femmes. Pas de sexisme en cela : trop souvent en retard, trop souvent versatiles, trop souvent à ne pas faire ce qu’elles avaient dit qu’elles feraient.

09/11/02 :
Les faits; les faits et la réalité qu’ils composent. Rien d’autre. Etudier les faits et essayer d’y déceler des constantes qui permettent d’énoncer des règles sinon des lois.

Pas de supputations, ni d’interprétations, ni d’imagination. Les faits bruts. Soyons FACTUALISTE. C’est le seul « iste » que nous apprécierons avec pacifiste.

12/11/02 :
Se débarrasser de toute croyance et du besoin-réflexe-envie d’adorer ou de remercier un quelconque principe supérieur. Ne plus être théISTE mais tout au plus théo-PHILE. (A noter qu’un des textes du NouveauTestament – les Actes, il me semble – commence par une adresse à …Théophile.)

Intellectuellement, suite à la perception du monde, en constatant comme le monde est constitué de la Terre aux êtres vivants je considère qu’il y a une INTENTION en tout cela.

Mais en vérité je ne sais pas s’il y a une volonté-intention. Il n’est plus question de croire pour se rassurer. Car c’est ce que je continuais à faire, malgré mes dénégations.

La seule chose dont je sois sûr c’est que nous sommes vivants.
Qu’il se passe quelque chose : l’EVENEMENT. Que cet événement, malgré sa diversité d’expressions, de manifestations est UN et animé par un seul et même MOUVEMENT qui est ENERGIE. (Que cette énergie est une activité-présence RYTHMEE en 3 temps : un élan-allant-pénétrant, une pause et un venant-sortant-expirant)
Quelque chose s’accomplit.

C’est la colère qui génère mes principaux défauts.
Je dois éliminer la colère, l’évacuer pacifiquement de moi.

C’est quand même pathétique de constater que les pires odeurs que j’ai senties dans ma vie sont celles de…clochards.
Il y en avait un dans le métro tout à l’heure, c’était épouvantable. Un nuage pestilentiel.
En arriver là, quelle horreur.

C’est amusant, il n’y a guère plus que mon anthologie des 3 principaux auteurs taoïstes qui m’attire…intuitivement. Et parmi eux surtout Tchouang-Tseu ou Zhuang Zi.
Or justement ce qu’il écrit répète ce que je pense et écris.
Ainsi écrit-il (page 97) :
« Il faut affirmer les faits ».
Exactement. Les faits et rien de plus. Pas d’interprétation, de déduction, d’extrapolation, de supputation. Les faits.

Sinon une intention, on ne peut nier une certaine cohérence et cohésion dans le monde physique et même dans l’univers.
Le maintien, en même temps que son amélioration perpétuelle, d’une activité et d’une présence physique.

La vie, pour sa part, (qu’elle soit animale ou végétale) utilise davantage d’énergie, pour se maintenir présente, ce qui du même coup la fait « s’autodétruire », s’user plus rapidement. Mais par la reproduction les espèces se perpétuent à défaut d’individus qui eux disparaissent régulièrement.

Il y a vraiment toute une part de la réalité, de celle qui touche à l’essentiel, que les mots ne peuvent exprimer. Aussi vais-je sûrement écrire de moins en moins.

J’aime boire des jus de fruits. De température fraîche.

L’horreur du besoin : la sensation de manque de la soif, la faim, le manque d’air, de sommeil…Et la duplicité du plaisir procuré par la satisfaction du besoin : c’est comme arrêter de se donner des coups de marteaux et se dire « comme c’est bon ! »…

Je le répète : la vie est un jeu de dupes…dont l’amour est un as. (Il y en a d’autres : l’argent, le pouvoir, le plaisir….)
Le plaisir est ce qui nous aveugle sur l’horrible piège vicieux qu’est notre existence.

Dieu ? Merci pour le plaisir que procure la satisfaction des besoins. Et peut-être est-ce tout. Rien d’autre à lui dire. Sinon bravo pour la cohésion et la sophistication de ce monde – nous compris.

13/11/02 :
Pas besoin de formules-slogan, juste un mot : GENTILLESSE.

14/11/02 :
C’est l’idée de transcendance dont il faut se débarrasser.
Et abolir le positionnement par rapport à cet au-delà.
Pas de peur ni de motivation par rapport à une « vie après la mort », ni de valeur extérieure et de juge suprême.

Reste que je ne veux pas être ingrat vis à vis de Dieu – que je ne saurais beaucoup définir, mais ne nie pas (encore ?) – qui est probablement très seul.

Et se méfier de l’ascèse (que ce soit jeûne ou toute autre privation) comme de la peste. Se défier de cette inclinaison à un déni de soi.

Et clair : cesser de se nier, de s’occulter, de s’amoindrir.
(Re)trouver sa véritable et juste place dans le monde – en mouvement.

Encore une fois, se méfier de tous les processus psychiques qui tendent et poussent à l’adoration d’un « principe supérieur », transcendantal, Dieu.

Car dans la plupart des sentiments religieux se cache une part de nihilisme.
Nihilisme individuel ou pire : nihilisme universel.
Nihilisme de ces religieux qui sous prétexte d’appeler au « salut » amènent à la négation de l’individu, du soi.

Il n’y a que le taoïsme que pour l’instant je trouve sans référence à une transcendance.

Bonjour je viens pour la bombe. Je la pose où ?
(- Oh bah gardez la pour l’instant)

Essayer, chercher à être JUSTE ?

Ce qui nous est confié que nous devons protéger et faire fructifier (cf parabole des talents de Jésus) c’est : l’Amour.

Aise, c’est la motivation
Bien-être la Voie
Plaisir le moyen
Equilibre c’est la place
Entre excès et manque
La vie consomme
se dissipe le présent
continue l’existence
un élan anime tout.

On peut parler par la réalité mais non de la réalité.
Ainsi qu’est-ce que la sensation ?

J’aime les bibliothèques. Ce sont des lieux, de connaissances, paisibles, emplis de chercheurs.

« Le couteau ne connaît pas son maître » proverbe africain – mongo. J’aime bien…

Plus rien ne me retient, je « glisse » sur tout…

En finir avec le Dieu anthropomorphe ! Le Dieu à comportements et jugements humains : revanchard, obstiné, partial, cruel, sévère…

La conscience est comme un estomac affamé, se nourrissant par le canal des sens. Or la mienne est gavée, repue et un peu…écoeurée.
Il lui faudrait une diète mais comment ?

16/11/02 :
Intéressant. Alors que je mets de côté toute référence « littéraire » tout livre, et où je me livre à un travail de remise en question de toutes mes références, en même temps je redécouvre la bibliothèque de Beaubourg.
Or quand j’ai commencé à « chercher la vérité dans les livres » j’allais me documenter à Beaubourg et j’y avais rencontré un type – genre un peu exalté, fanatique – qui m’avait parlé avec plus que conviction de la « Révélation d’Arès ».
Or, cet après-midi, 2 gars m’arrêtent et me posent une question (plus exactement je m’arrête et accepte de répondre avec enthousiasme à leur question que je ne connais pas encore, ce qui les surprend et les réjouit) La question est : que changeriez-vous en l’homme pour améliorer le monde, si vous en aviez le pouvoir ?
Je réponds : l’égoïsme, et développe.
On discute et ils me confient à la fin qu’ils sont lecteurs assidus de…la Révélation d’Arès et me donnent un prospectus.
On devrait se revoir pour une conférence d’ici 15 jours.
Curieux…Il faudra que je consulte ce livre. Il me semble bien que je l’ai déjà fait rapidement et que ça m’avait paru être une espèce de palimpseste [plutôt : « ersatz »…] évangélique.
Mais à confirmer…

17/11/02 :
Tous les livres sacrés, révélés, tous les prophètes n’ont fait que prescrire une médication pour les humains aux coeurs et esprits malades, déficients, pour les soigner en leur apprenant à vivre de JUSTE façon.

18/11/02 :
La curiosité est une qualité qu’il faut veiller à ne pas transformer en défaut.

Je ne veux plus de ce mépris du monde prêché par beaucoup (sinon par toutes) de religions au profit d’une transcendance dont le seul recours dont disposent ceux qui la prêchent est de nous PROMETTRE un avenir, avenir même post-mortem.
Espoir et croyance sont les seules propositions, les seules « offres » que nous proposent et dont disposent ceux que je nommerai les « transcendantalistes », ou autres croyants et « convaincus ».

A l’inverse je me pose et définis en « immanentiste »; en pragmatique, en « savant », en gnostique (au sens de possesseur de la gnose qui est un savoir réel, concret, pragmatique permettant, avant le « salut », au moins l’AMELIORATION de l’individu)
Je suis FACTUALISTE.

Tout est (question de) faits : d’activité de l’Univers. Or cette activité fonctionne de façon optimale en fonction de l’équilibre (même si c’est en fait un DESEQUILIBRE qui provoque le MOUVEMENT général, un DIFFERENTIEL)
C’est pourquoi il faut que l’individu comme point de départ du fonctionnement d’une partie de l’Univers – la « société humaine » – soit lui-même équilibré. Il faut qu’il se débarrasse de ses défauts, et en premier : la haine.

La haine issue (que ce soit par peur, dépit, tristesse…) de la colère.
Et la colère est issue de…la servitude. Servitude vis à vis de la vie (qui nous est imposée et que nous subissons) et vis à vis de la mort qui nous dépossède de…ce que nous ne possédions même pas : nous-mêmes, puisque nous sommes « imposés à nous-mêmes ») mais auquel nous nous étions « attachés ».

Et c’est bien là un des grands pièges qui se posent à l’humain : chercher sa liberté à l’intérieur même de la servitude qui est sa condition première (A savoir : arbitraire de l’existence individuée – personne ne s’est choisi…jusqu’à preuve du contraire que j’admets très facilement – soumission aux besoins)

Ainsi la vie humaine est elle ACCOMODATION à la servitude existentielle. Et c’est la conscience de cette soumission et de cette acceptation qui génère consciemment et inconsciemment une grande colère en l’humain.
Colère qu’il manifestera par, notamment, l’égoïsme : mépris ou refus de l’autre, qui est manifestation et confirmation de cet univers qui asservit le soi.

Les religions apportent des réponses aux fantasmes et désirs humains et n’en sont par là que d’autant suspectes.

Il n’y a rien dans les religions révélées (surtout les monothéismes – ironie de ce pluriel…) que la raison ne comprenne, et par là donc : tout ce qui est censé émaner de Dieu, être divin donc, est parfaitement perceptible et compréhensible par l’humain.

Il est facile et presque évident d’expliquer et qualifier les religions comme étant les produits des espoirs, peurs, aspirations, croyances, crédulités, volontés et besoins d’explications des humains face à l’Univers.

Reste le Mystère du Réel. La stupéfaction face au monde et le mystère et les étranges coïncidences du monde.

Encore une fois : les messages des religions sont des réponses trop adéquates et surtout satisfaisantes et rassurantes, bienveillantes, aux problèmes existentiels pour ne pas être suspects; surtout au regard de la véritable réalité du monde et de l’horreur de certains de ses accomplissements.

La réponse des religions fait de l’Univers, de l’Existence, un film parfait avec happy end.

Quelle…chance, que tout soit si bien et qu’il y ait un Dieu et qu’EN PLUS il soit un Dieu bon, d’Amour.
C’aurait pu être l’inverse, mais cela AUCUNE religion n’en parle. Tout au plus, le Malin, le Démon qui n’est qu’un sous-fifre; pire en fait : un « homme » de main.

Les religions ressemblent trop à des consolations, à des compensations.

Mais…curieusement, il y a bien un message qui semble aller à l’encontre de la logique humaine, et qui par là marquerait sa provenance divine, c’est celui du mystère de l’Amour révélé par le sacrifice de Jésus.
Quelle surprise et paradoxe que ce suicide d’un homme divin…

A mon SENS, Dieu est : INTENTION. VOLONTE et – la polysémie du terme français est heureuse – ASPIRATION.

Car le début de ma démarche est : « que sais-je ? » C’est à dire : quelles vérités connais-je, en fonction desquelles je pourrais agir JUSTEMENT ?

Or, sous ce regard, Dieu apparaît comme étant une idée, qui est un véritable saut, par rapport à la simple et première constatation des faits de la réalité.

Avant tout je constate. Je constate dans la nature, des constantes qui se répètent, des processus qui se répètent. Et comme il s’agit de processus, donc d’ACTIVITE qui se répète de façon identique en fonction de paramètres eux aussi identiques, alors je me permets de dire qu’il y a des constantes ou LOIS.
Mais le terme de lois est trop empreint de transcendance. Préférons lui le terme de CONSTANTES.

Mais si je me débarrasse de toute croyance, toute référence, qu’est-ce qui me permet de connaître ? La sensation.
Je suis sensation. Ou du moins, je suis sensible. Cette sensibilité est ce qui me permet de connaître le monde et d’agir en conséquence.
Donc je dois optimiser ma sensibilité et ma réception aux sensations. Essayer de voir toujours mieux et plus; d’entendre mieux et plus et de ressentir, par le « toucher vital » toujours mieux et plus. La sensation.

« La première et dernière liberté » par Krishnamurti, feuilleté, semble être un livre intéressant et justement : « libre ».

La connaissance doit être une plus-value » par rapport aux informations acquises par les sensations. Les connaissances peuvent permettre d’agir de façon adéquate par rapports à des « choses » que nous ne pouvons percevoir mais qui existent pourtant (les microbes, les radiations, les processus physiologiques…)

Rencontrer, découvrir la réalité sans arrière-pensées, sans méta-physique.

Ecrire une chanson : « Now we know we never know ».

Arrête de cracher des versets ou pire de les exhaler à chaque étape de l’existence, comme des validations de l’existence.
Emancipe-toi des livres.

19/11/02 :
J’étais quelqu’un de très libre – jusque vers mes 18-19 ans – puis je me suis astreint et même asservi à un ensemble de croyances et rites qui n’étaient en fait que des projections de désirs (désir de « sens » existentiel, d’assistance, d’affection et de justification « supérieures », transcendantales : divines) et refoulement de peurs (peurs de la vacuité et vanité de l’existence) et mises en formes-actes d’un besoin de révérence-admiration, pour un Principe supérieur.

Et c’est à ce moment là que, fait exprès, on m’a DONNE une Bible; puis que j’ai commencé à étudier toutes les mystiques du monde – en tout cas, plusieurs, à défaut de toutes.

Or, je me souviens de l’été 1989 où j’avais senti un élan en moi voulant exprimer une gratitude et surtout une révérence, une adoration à quelque chose de supérieur à moi et à ma condition. Spontanément je m’étais créé une adoration du soleil et de la lune. Puis, partant, des 4 éléments eau, feu, air, terre.
Puis à la rentrée de septembre de cette même année, une fille de ma classe de BTS, Célia, une adepte fervente du « Renouveau Chrétien », tendance protestante, m’avait offert la Bible et je me suis jeté dans la lecture de ce livre qui flatte si bien l’égocentrisme, la paranoïa et le besoin de réconfort face aux mystères et violences de l’Univers. Et peu à peu je me suis abandonné au Dieu du livre.
Puis l’été d’après, armé – véritablement – de cette Bible je suis allé en Espagne et il me semblait qu’à chaque fois que j’ouvrais ce livre je tombais sur un ou des versets qui répondaient à mes interrogations de l’instant. Chaque verset était en adéquation avec ce que je vivais.
Mais en fait, on peut également dire que c’est moi qui créait cette adéquation, notamment par l’interprétation (égocentrique) des versets.

Et par là je suis rentré dans un mode de vie INTERPRETATIF du monde, que je me créais et/ou comparais avec les dires de Jésus et de l’ensemble de la Bible.

Cela m’a fait adopter un comportement très bien adapté à une vie honnête dans le monde. La religion est un système efficace.

Mais je m’appuyais sur des croyances (le Dieu témoin, aide et sauveur) des espoirs (le Mérite de la vie éternelle pour une « bonne » vie; tout au moins la RECONNAISSANCE de Dieu) et des délires (interprétations égocentristo-paranoïaques des événements de ma vie, avec notamment combat contre des forces et même agents du Mal)

Il me faut me DENUDER, DEPOUILLER complètement de tout espoir, toute croyance et toute illusion ou délire.
On verra alors ce qu’il restera.

On peut critiquer le nombre de crimes qu’ont perpétrés les religions mais l’athéisme a été encore pire : voir Staline, Lénine, Hitler, Mao, Pol Pot; des morts par millions.

20/11/02 :
Pour l’instant je qualifierais la foi – en tout cas, MA foi – comme une « connaissance indicible issue d’expériences étranges » (dont notamment, et avant tout : le monde dans son ensemble)
C’est assez satisfaisant comme définition; bien qu’également…vague, voire même abscon.

Mais…ai-je encore la foi ?
Il me faut bien pousser l’honnêteté jusque là.
J’ai déjà remis en cause ma foi, mais jamais avec autant d’honnêteté, et de lucidité.

A suivre…

Je vis comme j’urine : conscient que quelque chose me quitte, et que je m’y abandonne par un besoin dont l’origine m’échappe, et quand je me concentre sur la sensation je me rends compte que je ne ressens presque rien, surtout en comparaison du miracle qui s’accomplit.

21/11/02 :
Je trouve cela louche : alors que plus rien n’est gratuit dans cette société, bizarrement on nous propose un journal d’informations gratuit…Ca cache quelque chose. Comme pour mieux nous focaliser sur une partie de l’info et nous occulter tout le reste.
D’ailleurs les infos délivrées par ce journal « 20 minutes » sont exactement les mêmes que celles des journaux télévisés du soir.
De plus : 20 minutes. Ironie, ou même cynisme de ce nom qui signifie bien : « vous voulez de l’info, savoir ce qu’il se passe dans le monde ? Tenez ! En 20 minutes vous en faites le tour et vous savez tout ».

On continue et prolonge le règne du superficiel.

Ca y est ! Libre ! J’ai arrêté de prendre le Zyprexa lundi dernier, le 18/11/02.
On considérera donc que la crise psychique, non : l’épisode psychiatrique aura duré du 10/03/02 au 18/11/02, soit 8 mois. Pffhou ! Lourd.

Aujourd’hui j’avais rendez-vous avec le Dr T à …l’institut Marcel Rivière. Un entretien très intéressant comme d’habitude. Il m’a dit qu’il était « tout à fait d’accord », qu’il approuvait que j’arrête le traitement. [De toute manière, dès le début c’est moi qui avait régulé la posologie, et rapidement je l’avais faite descendre à des cachets de 5mg que, rapidement encore, je n’avais plus pris qu’un jour sur deux]
Puis, après je suis retourné au pavillon B3. Et là, il y avait (encore…) Josquin, Basile, Hubert et Soizic (plus une autre dont je me souviens plus le prénom)
Soizic m’a demandé de lui apporter une bouteille de rosé…J’ai refusé et après, bien entendu je l’ai sermonnée…En douceur, mais résolument…Triste…
Puis, j’ai discuté avec Josquin puis Basile nous a rejoint. J’étais content de leur parler et de les revoir. Vraiment.
C’est le village des Schtroumpfs là-bas. La vie, un peu, idéale.
Nourri, logé, blanchi. Juste à se balader, discuter, jouer, dormir, participer ou non à des activités, jouer au ping-pong, baby, billard gratuitement.
La belle vie facile, d’une certaine façon. Préservée.

C’est pour ça je ne les ai même plus « harangués » pour qu’ils sortent. Je leur ai dit : « Après tout, l’essentiel c’est que vous vous sentiez bien. Ici ou ailleurs ». Et là heureusement ils ont eu le bon réflexe : « Ouaip, mais faut quand même sortir ».
Donc, ça va : lucides.

Bref ! Pour conclure très expéditivement « l’incident du 10 Mars 2002 », nommons-le ainsi (incident qui m’a vu aller chez papa et maman, tout nu. Tout de même, rappelons-le…Entre autre…)
Oui pour conclure je dis :
la peur d’un enfer possible m’a tourmenté. Mais à présent je le dis et l’écris : même s’il existe, et même si ce que je suis m’y condamne, j’ASSUME.
Bien. On verra. Je ne me renie pas et je continue. Je cherche la Vérité, indépendamment de Dieu, du Diable, des fous, des monstres, de l’horreur, du plaisir, des miracles, du Paradis, et des promesses livresques. Je cherche la Vérité !

Suite à la stupéfaction de mon être
face à l’existence,
tel un instrument dans l’orchestre de l’univers,
je veux me mettre au ton de la vérité
afin de participer à l’harmonie,
à la symphonie céleste.

22/11/02 :
Je suis un enfant à qui l’enseignement dispensé par la vie a appris à modifier certains de ses comportements pulsionnels, comme la cruauté envers les animaux (qu’heureusement je n’avais commise qu’une ou deux fois, comme beaucoup d’enfants : envers des insectes, ou une grenouille avec des amis une fois où j’étais ivre).
A ce titre ce sont 2 colombes blanches que je tuai qui me l’apprirent. Leur fidélité l’une à l’autre et le choc du sang rouge sur les plumes blanches modifièrent définitivement ma sensibilité.
Je décidai de ne plus tuer sciemment. Et depuis je m’y suis tenu, sauf 1 fois pour une mygale qui m’importunait en Tanzanie.

Se débarrasser (j’emploie beaucoup ce verbe…) de toute référence à une « autorité supérieure », et en fait s’affranchir de tout « sur-moi ».

Devenir son propre maître.

Une chose est sûre : les médicaments qu’on m’a donnés – les neuroleptiques – m’ont ralenti le fonctionnement du cerveau depuis 8 mois.
Pensée et aptitude à trouver les mots et à employer un vocabulaire varié et précis, très ralenties, à mon goût.
Aussi maintenant que j’ai arrêté tout traitement, j’escompte bien retrouver toutes mes capacités, tant intellectuelles que physiques; et notamment maigrir et retrouver mon poids initial.

Je sens que cet engourdissement, cette sourde fatigue que m’instillait le Zyprexa, qui avait un effet sédatif, me quitte. Je sens l’énergie revenir en moi. Je suis plus alerte, mais encore engourdi. Il faudra quelques temps pour que la moindre trace du produit ait quitté mon corps.
Je suis trop dans le « je suis conscient » au lieu d’être conscience simple.

D’une façon je peux considérer que : ce monde a une origine, ce monde a un créateur, c’est ce que l’observation m’amène à penser. Mais…peut-être est-il mort, pour nous permettre d’exister. En tout cas, on ne peut retourner en arrière, donc impossible de remonter aux origines.
Donc autant s’intéresser au présent et à son devenir.
Et puisqu’on ne peut rien connaître de plus du présent que la sensation immédiate, alors qu’est-ce qui me paraît intéressant et important ?
Bien vivre et aider autrui à bien vivre.
Donc : agir pour l’amélioration du monde.

J’adore Arnaud C parce que, comme moi, il a une (grande) intelligence sensible et une (grande) sensibilité intelligente.

En somme mon « incident psychique » m’a fait prendre conscience de 2 choses : que je me manipulais moi-même par tout un système de croyances plus ou moins erronées, et il m’a fait découvrir l’angoisse.
L’angoisse…dont je redoute un peu (en même temps cela m’attire aussi…) qu’elle s’empare à nouveau de moi.
Mais si elle était la conséquence d’un « noeud » psychique que je m’étais créé avec toutes sortes de croyances, idées fausses et refoulements, il est possible que je n’en souffre plus car j’ai tout de même bien dénoué ce noeud et je continue, quitte à lisser les cordes parce qu’il n’y a plus de noeud.

J’aime beaucoup à la nuit tombante.

On ressent ce que l’on est, bien entendu, mais…être ce que l’on ressent ?
Agir véritablement et pleinement selon les sensations « brutes », sans interprétation, ni « procédure d’action » ni affectation.
Cela demande une réaction (re-action) immédiate : une certaine forme de rapidité, même dans le mouvement lent.

23/11/02 :
Nous pouvons dire que tout est matière, ou énergie.
La matière serait une compression, concentration ou concrétion d’énergie.
Et l’énergie est elle-même à la fois compression et dilatation de l’espace en et par lui-même. Mouvement, assimilable à un coeur, dont on retrouve le principe jusque dans les étoiles.
Et le soi est CAPACITE d’AGENCEMENT de la matière-énergie. Non seulement pour constituer l’entité individuelle – le Soi – mais aussi pour ressentir le monde, si – pour l’instant, par facilité et pour pouvoir progresser – nous admettons une DISTINCTION entre le Soi et le (reste du) monde.
La perception est également un agencement de la matière qui entre inévitablement en CONTACT avec le Soi qui est immergé en elle.
Tout est donc variations d’énergie, mouvements d’un « pôle » à un autre, de pôles à d’autres, mais à ce sujet tout semble se comporter selon la bijection ou DIALOGUE : de l’UN vers l’Autre-Un.
Les variations ou DIFFERENCES d’énergie créent le MOUVEMENT par le principe des différentiels. Ainsi on constate le mouvement thermique du chaud vers le froid.

Qu’est-ce que l’énergie ? Un rapport de l’espace à lui-même.
L’espace…
A suivre.

24/11/02 :
Je suis un être rationaliste que la possible absence de sens universel aurait tendance à inquiéter.
Cela, plus la solitude.

Mon coeur recommence à battre vite, tout seul, sans raison.
Même symptôme que ce qui m’a amené, en mars, à Marcel Rivière.
Mais peut-être n’est-ce qu’un symptôme de sevrage du Zyprexa.
A suivre. Mais c’est un peu pénible.

25/11/02 :
Il faut réfuter ce rejet – de caractère névrotique – du monde qu’ont prôné et sur lequel se sont appuyés la plupart, sinon tous les « spirituels » : mystiques, religieux et philosophes.
Il n’y a pas à rejeter le monde, ni une quelconque partie de l’univers. C’est comme si pour parler du corps on rejetait, on niait les pieds, parce que jugés trop loin de la tête et trop en contact permanent avec la terre.
Stupidité, honte et névrose. Rejet pathologique, par peur, orgueil et honte, d’une partie de la réalité : voilà de quoi il s’agit.
(Au même titre d’ailleurs que le concept de transcendance en est bien souvent issu, ou alors simple infatuation de l’esprit, émanation psychique de l’orgueil de l’humain qui voudrait créer quelque chose…supérieur à la matière.
Avant d’émettre un avis ou concept, il apparaît comme plus honnête (et simple d’ailleurs) de considérer et prendre l’Univers DANS SON ENSEMBLE, comme un TOUT INDISSOCIABLE.

Attention tout de même, concernant Dieu et ma remise en cause de mes croyances, comme dit si bien l’expression : « Faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Ce qu’il faut chercher, et trouver, c’est, non pas un équilibre statique, mais un équilibre DYNAMIQUE, car la vie et l’univers s’ANIME est ANIMATION, en perpétuelle continuité.
EQUILIBRE DYNAMIQUE.
Ainsi (par suite) ce n’est pas un ETAT qu’il faut chercher à atteindre mais un…RYTHME (et) une VITESSE : un MOUVEMENT.

Il y a longtemps – à la limite, depuis l’enfance – j’ai décidé, voulu et pris le parti d’essayer de comprendre l’univers, pour essayer d’être en PHASE avec lui, en osmose.
Et tant pis si je dois y perdre mon « individu social ». Si cela me mène à la folie, j’y vais. Résolu et (presque) serein.

26/11/02 :
Il faut que j’admette avoir des LIMITES. C’est ce refus, inavoué, qui m’a poussé vers et dans une « démarche transcendantaliste », de « dissolution dans l’Absolu », union avec l’absolu.
Cette union peut se faire (elle se fait, de fait, elle EST) mais AVEC et DANS le corps-individu-sujet-ego.
Le Je n’est pas universel, n’est pas l’Univers. Le « Je » n’est pas « Dieu ». Le Je n’est pas le TOUT.

« le mal ou le théâtre de la liberté » par Rudiger SAFRANSKI chez Grasset.

La religion (je ne parle pas de Dieu) est un traitement moral.
Les traitements sont pour les malades. J’ai pris mon traitement car j’étais malade et à présent je suis guéri.
Je garde une reconnaissance particulière au traitement chrétien et surtout au médecin Jésus.

Maintenant je suis guéri et sain, il s’agit de vivre. Je ne suis plus malade, je n’ai plus besoin de traitement.

Je me peaufine avant d’exprimer mes perception et conception du monde, ainsi que ma vision mystique du monde.

Car j’ai plusieurs visions du monde et si certaines me sont plus chères je ne SAIS pas laquelle privilégier. Et d’ailleurs ces différentes « visions » peuvent être les différents éclats d’une même « grande vision ».

27/11/02 :
Comme je l’ai écrit aujourd’hui à Jean Marc Baholet, je suis dans une période très fructive de remise en cause de toutes mes valeurs et références.
De fait mon approche-problématique est simple : « Je sais, ou je ne sais pas » et par conséquence que sais-je (et comment sais-je) du monde et de la vie en général ?
Cela passe par un abandon, sinon réfutation, de toute croyance.
Et pour tout dire, cet abandon crée une sensation un peu de perte de repères et de dépouillement, mais au moins le peu que je conserve sur lequel je m’appuie, c’est « du solide » (bien que tout se dissipe, héhéhé…)

J’ai retrouvé Marie Laure SEGAL, ma prof de philo lors de ma seconde terminale, au lycée de la Plaine de Neauphle à Trappes, quand j’ai rallié le Secours Populaire d’Elancourt-Maurepas. Elle en est la « secrétaire-générale ».

VAN DER LEEUW G semble être un psychanalyste ou psychologue intéressant…
« L’homme primitif et la religion » Paris 1940

Imagine que tu peux créer un univers et des êtres vivants et conscients. Pour simplifier : imagine que tu es Dieu. Tu crées le monde et les humains, mais la possibilité d’être méchant, ou pour simplifier la possibilité de la mort existe.
Où vas-tu la mettre, que vas-tu en faire pour que les humaoins n’y touchent pas et ne meurent ?
Réponse facile : tu la poses LOIN d’eux. Donc l’ESPACE, encore; pour séparer.

« Essai sur l’expérience de la mort » par Paul LOuis LANDSBERG

Puisque, pour simplifier et aller vite, les hommes sont forts et les femmes sont belles et que les uns apprécient la beauté et les autres apprécient la force, on peut dire que les hommes cherchent la Beauté et les femmes la Force.
Or pour faire-créer un Univers, la Force (Energie) est indispensable mais la Beauté…(sauf erreur) pas vraiment. Donc les hommes sont vraiment bêtes et les femmes sont savantes.
A moins que ça soit l’inverse car après tout : les hommes apportent la Force et les femmes la Beauté. Donc ils ont raison et elles sont un peu…futiles.
Amusant non ? Force et Beauté…
A moins bien entendu qu’il s’agisse d’autre chose que de force et de beauté…

Samedi 14 vente de vêtements pour le Secours Populaire, à la Maison des Droits de l’Homme d’Elancourt.
Il y aura entre autre Maxence LACAZE, sympa.

En vérité je ne sais « qu’ici et maintenant », c’est à dire : les sensations et pensées de l’instant.
Le reste est… »spéculations probabilistes ». Je ne SAIS pas si « demain » existera, et ne sais PLUS si hier a existé.
En tout cas hier et demain N’EXISTENT PAS présentement.
Il n’y a que le PRESENT, et le Présent est perpétuellement ICI.

Le présent se TRANSFORME.
Trans-forme.
Nous-mêmes, continuellement nous nous transformons.

Etablir une liste des mots réalités-valeurs (en tant que représentants « d’unités indubitables de l’existence-réalité ») :
MATIERE/ENERGIE/MOUVEMENT/TRANSFORMATION/BESOINS/SENSATIONS/PERCEPTIONS/(PLAISIR/DOULEUR)/CORPS/EAU/AIR/RESPIRATION

28/11/02 :
Il est intéressant de penser qu’un enfant, éduqué sur une île, avec juste ses parents (et éventuellement quelques autres familles dont les adultes ne révéleraient pas les « secrets ») n’aurait pas l’idée ni de la mort ni de Dieu.
Il vivrait dans une espèce d’état idéal, sans se douter que la mort est possible (en tout cas, tant que personne n’est mort dans son entourage) et sans penser à Dieu, en tout cas pas avant d’avoir atteint un certain âge, au moins celui de l’adolescence où il s’interrogerait sur l’origine du monde et en viendrait peut-être alors à envisager un « principe supérieur ».
En tout cas, pendant au moins 10 ans il serait libre de ces 2 idées. Et peut-être même plus longtemps, si l’idée de Dieu ne lui venait pas, par contre il ne découvrirait la mort qu’au moment du décès d’un de ses parents. Quel choc, alors, d’ailleurs…

Les charmeuses de serpent…

30/11/02 :
Tout comportement rituel stimule un sentiment de sécurité, de force, de transcendance et de vérité car il s’agit d’une manipulation du corps par une autorité extérieure (sans parler du fait que cela flatte la tendance servile et mécaniste inhérente à toute forme vivante dont l’humain, plus particulièrement développée chez certains, notamment chez les individus peu cultivés issus de milieu défavorisés)

Ce phénomène entraînant fascination se retrouve dans l’attrait pour les défilés militaires, les mouvements de foule, ou encore les processions et rituels religieux. Il s’agit ni plus ni moins de CONDITIONNEMENT.
Le conditionnement est une des bases du processus manipulatoire religieux. Processus qui mène très vite et souvent s’appuie sur le fanatisme, l’acte arbitraire, discriminatoire : en un mot au fascisme.

02/12/02 :
Se méfier de toute commodité intellectuelle.
De même, se DEFIER de tout ce qui professe ou s’appuie sur la discrimination.

L’espoir n’est qu’un appât à esclave.
L’anespoir !

06/12/02 :
Kurt Cobain a fait un disque avec William Burroughs : « The priest they called him »…
A trouver.

Paul VIRILIO : « Vitesse et politique ». Gars très intéressant.

[Suivent 2 textes d’une jeune femme, Priscilla rencontrée dans un bar un samedi soir, connaissance d’Eric POILPOT. Jeune femme plutôt sympathique. Je crois me souvenir qu’elle avait retranscrit ces textes, de sa composition, de mémoire. Elle les avait écrit dans ce carnet pendant que nous écoutions un groupe de jazz. J’ai conservé les fautes d’orthographe, et ai repris sa signature à l’envers qu’elle avait laissée à la fin, et qui des années plus tard m’a permis d’identifier la personne, le lieu et le moment. J’ai également repris sa « mise en page ».]

Transport pourtant en commun
Pourquoi agresses-tu mon sourire
Toi travailleur matinal au visage
d’une longueur tombale.
Ne m’en veux pas que mes heures
vitales soient plaisir
contrairement à toi qui avait le
choix de ne pas rentrer dans
cette routine qui te porte pourtant au coeur.

Rien ne mét plus plaisir
que de voir tes arbres dont
les branches feuillues valsent
avec ton vent musical.
Tes oiseaux qui valsent dans
Ton ciel sans obstacle.
Tel une fin d’après-midi
à l’aube du printemps.
Belle es-tu toi Nature
en éveil.

[Suit à présent la réponse-commentaire que je lui fis spontanément, juste après qu’elle m’ait passé son texte. Toujours dans le bar, en écoutant la musique.]

Faussement ingénue, car bien trop maligne pour se contenter d’innocence, elle déposait gracieusement quelques mots sur du papier, d’une main légèrement tremblante. Elle doutait non d’elle-même, mais plutôt par peur de trouver des crocs dans le coeur de son interlocuteur.

09/12/02 :
Date à laquelle j’ai trouvé le site erowid.org

12/12/02 :
Je ne me lasse pas du spectacle du monde. La mélodie universelle m’est toujours un merveilleux miracle.
Et ma vie sentimentale ?
Comme toujours : pathétique.

Je me suis un spectacle,
un sujet d’étude et une expérience.

Je suis pour le cosmopolitisme, qui tout en brassant les différences n’empêche pas une conservation des particularismes, plutôt qu’un métissage qui les dissout, les dissipe, les estompe et finit par les faire disparaître. Je préfère du rouge et du bleu avec bien sûr du violet plutôt que uniquement du violet, pour prendre une image.

13/12/02 :
C’est un délice de vivre; quand on n’est ni malade ni blessé, ni mal formé, ni handicapé, ni mendiant, ni opprimé.
Je me savoure vivant. Je me délecte, véritablement, de la sensation vitale.

19/12/02 :
Il est temps d’être complètement honnête.
Je ne reconnais comme autorité et voie à suivre que ce qui est VRAI : la Vérité.
Et je ne reconnais comme vrai que ce que je SAIS.
Il n’y a ainsi pas d’ambiguïté : soit je sais soit j’ignore.
Je ne sais que ce que les FAITS démontrent.
De fait, je refuse de CROIRE; que ce soit par peur, par envie, par fantasme, désir ou toute autre raison.
En conséquence je refuse de CROIRE en un livre quel qu’il soit, car un livre est un recueil d’idées, de pensées, de mots et je refuse de me contenter de mots.

Je ne suis pas un croyant, je suis un CHERCHEUR.

Que cherché-je ? L’AMOUR.
Oui ? Alors, que je le prouve !

20/12/02 :
Je cherche…Je cherche la connaissance qui me permet d’adopter un comportement qui à son tour me permet d’être en osmose harmonieuse et sereine avec l’univers de mon existence-expérience. Soit.
Je cherche Dieu et j’ai relativement bon coeur, mais il n’y a pas de quoi s’enorgueillir, car jusqu’à PREUVE du contraire JE m’est imposé.
Je suis né et « défini » de façon ARBITRAIRE indépendante de moi et de ma volonté.

C’est marrant : rien qu’à la voix, au téléphone, j’arrive à reconnaître la couleur de cheveux et l’âge de mon interlocutrice. Du moins j’ai eu l’occasion de le faire 2-3 fois.

21/12/02 :
Je cherche et guette l’Evénement Ultime porteur de la Révélation Absolue.
L’instant (de vie) total…ou peut-être la mort. Non pas la mort car elle est fin et je veux continuer.

22/12/02 :
Tout ce délire compensatoire qui m’animait, où je substituais mes fantasmes, peurs, espoirs et délires égocentriques et mégalomaniaques à la réalité…Je m’inventais un contenu et un sens au monde.
Il me reste maintenant à me débarrasser de toutes ces habitudes et comportements psychiques pour faire face à la réalité en toute honnêteté et simplicité. Etre Vrai pour le Réel. Sans illusions ni croyances.
Et je reste théiste : c’est à dire que je considère (suite à mon expérience du monde) qu’il y a une « conscience » intentionnelle (et puissante, agissante) à l’origine du monde et qui continuellement l’anime.
A la suite de nombreux autres je nomme ce « principe » : Dieu.
Mais je ne peux pas dire grand chose sur Dieu. Je ne sais pas si c’est un ou une Dieu (plutôt les 2) et encore une fois je l’ENVISAGE sans SAVOIR véritablement, suite à ma perception du monde, à mes constatations, comme une énergie agissante, intentionnelle et consciente; probablement omniscient par synchronicité.
Mais je ne SAIS pas. Je sais juste qu’il existe une réalité en activité dont je fais partie : un EVENEMENT.

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